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Le Festival Photomed salue la mémoire de Leila Alaoui

Agathe Lautréamont 6 juin 2016

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Elle avait exposé ses clichés pour la première fois sous les cimaises du festival Photomed en 2014. À cette époque, c’est sa série de portraits emblématique, Les Marocains, qu’elle avait souhaité mettre en avant. Cette année, pour son édition 2016, l’événement varois dédié à la photographie méditerranéenne rend hommage à la talentueuse photographe Leila Alaoui, morte suite aux attentats de Ouagadougou le 18 janvier dernier…

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Leila Alaoui © Augustin Le Gall

Le 15 janvier 2016, la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, était ensanglantée par les fanatiques de l’organisation Al-Qaida au Maghreb islamique. Leila Alaoui était présente dans la ville, pour un reportage. Attablée en terrasse, elle est touchée par les balles des terroristes. Elle mourut de ses blessures le 18 janvier. La jeune femme était unanimement considérée comme une étoile montante de la photographie, passionnée et engagée, et d’un grand sens esthétique qui conférait à ses images une aura incomparable.

En 2014, la jeune femme avait durablement marqué le Festival Photomed en y présentant au grand public sa série de portraits « Les Marocains ». Aussi, afin de saluer la mémoire de ce talent si brutalement fauché, Photomed a décidé de bouleverser ses habitudes. En effet depuis la première édition de l’événement en 2011, celui-ci se consacre traditionnellement à une région du bassin méditerranéen, qui change chaque année. En 2016, les organisateurs ne se sont pas mis d’accord sur un pays, mais sur une personne : la jeune photographe franco-marocaine.

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Leila Alaoui, Les Marocains © Leila Alaoui

Alaoui et les organisateurs de Photomed, qui se tient chaque année à Sanary-sur-Mer, dans le Var, étaient amis de longues date. Ils s’étaient rencontrés à Beyrouth, au Liban, où la jeune femme avait sa propre galerie. Philippe Heullant et Philippe Sérénon, à la tête de l’événement culturel, ont donc décidé de fêter le souvenir de la jeune photographe disparue à l’âge de 33 ans, en consacrant cette sixième édition à son travail. L’univers photographique de Leila Alaoui était tourné vers les questions de frontières, de migrations, mais sans jamais se départir d’un certain œil ethnologique.

Elle adorait aller à la rencontre de populations isolées, vivant en marge de l’urbanisme galopant ; des populations qui ont l’art de chérir, préserver et transmettre des traditions ancestrales qui ont une valeur historique inestimable. L’artiste célébrait la vie, la joie, aimait rencontrer de nouveaux visages, de nouvelles cultures, et les figer sur papier glacé ; ave une délicatesse toute féminine et des compositions des plus précises, comme taillées au cordeau.

Photo Christine Alaoui.

© Christine Alaoui

Dans ce cadre, on retrouve également des images prises par la mère de Leila Alaoui, Christine Alaoui, également photographe. C’est la première fois que cette dernière expose à Photomed, tandis que sa fille disparue est nommée commissaire d’exposition à titre posthume. L’exposition de la mère de Leila, intitulée « Blended » (dont le titre est un jeu de mot renvoyant au mot arabe « bled » pouvant désigner le village d’origine, et le terme anglais « blend », qui signifie « mélanger » ), présente des images prises au cours des années 1970, alors que les parents de Leila Alaoui vivaient entre le Maroc et les États-Unis.

Certaines images ont été exhumées par Leila elle-même, et témoignent d’une existence à cheval sur des cultures différentes, peu soucieuse des différences et des frontières. Il y a de la photographie humaniste dans ces images.  Le Festival Photomed se tient jusqu’au 19 juin prochain, il est encore temps d’y faire un tour !

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