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À la galerie Zürcher, la sensualité des sculptures de Wang Keping

Agathe Lautréamont 5 juin 2016

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Jusqu’au 11 juin prochain, la galerie Zürcher tourne sa programmation du côté de l’Empire du Milieu, avec une exposition qui place sur un piédestal (au sens propre, comme au figuré) les rondeurs et les formes vibrantes des sculptures de l’artiste chinois Wang Keping. Celui qui déclare sans cesse être en quête de « la forme sculpturale » propose des créations d’un noir éclatant, et d’une originalité réjouissante. Vite, l’exposition se termine bientôt !

© Yann Bohac 2

© Yann Bohac – Galerie Zürcher

Wang Keping est un magicien. Un prestidigitateur qui parvient, en travaillant des matières très solides comme le bois de cerisier ou le laiton, à former des œuvres accueillantes, sur lesquelles on devinerait presque des visages souriants. Celles-ci conjuguent tout dans le même temps tendresse, sensualité et force. Si leur taille est réduite, elles parviennent sans peine à s’imposer et attirer à elles tous les regards.

Si elles se révèlent imposantes, il s’en dégage cependant une certaine humilité… Incroyable ? Et pourtant, incroyable n’est pas Wang Keping, cet artiste asiatique ami d’Ai Wei Wei et membre éminent d’une nouvelle génération d’artistes chinois ayant émergé au cours des années 1970.

Depuis 1986, la galerie Zürcher l’expose régulièrement dans son espace parisien, lui fait confiance, et garde toujours un œil sur l’évolution de sa carrière : ses œuvres séduisent de plus en plus les collectionneurs…

Grand couple, 2012, Laiton martelé, 220 x 120 x 160 cm © Yann Bohac

© Yann Bohac – Galerie Zürcher

Wang Keping est de ces personnages qui sont nés au creux d’une famille fortement portée sur la culture. Le père est un poète reconnu en Chine. Sa mère, cantatrice. Pourtant, il grandit au beau milieu des temps troublés qui suivent la Révolution Culturelle de Mao Zedong. C’est en 1970 que le jeune homme découvre sa fascination pour le travail du bois, comme en réponse à la politique d’industrialisation chinoise qui déboise le paysage de l’Empire du Milieu.

Dans le même temps, il participe à la fondation du groupe artistique dit des Étoiles (Xing Xing en mandarin). Très vite, ces dissidents se font remarquer par des œuvres volontairement provocatrices, ouvertement critiques envers le pouvoir en place.

© Yann Bohac

© Yann Bohac – Galerie Zürcher

En 1979, Wang Keping entre dans le collimateur des autorités chinoises lorsqu’il expose sa sculpture « Silence », représentant une forme anthropomorphe, la bouche fermée par un bouchon et un des deux yeux clos. L’attaque est acerbe et éloquente. Expulsé de Chine, Wang Keping arrive en France en 1984. C’est alors que sa carrière prend son envol. Quant à son pays d’origine, il ne le reconnaîtra véritablement qu’en 2014, suite à une grande exposition organisée à Beijing.

Vue d'exposition 1 © Yann Bohac

© Yann Bohac – Galerie Zürcher

Dans la Galerie Zürcher, les œuvres exposées ne sont pas politiques, elles correspondent à cette seconde étape dans la carrière du créateur. La critique d’un ordre établi a été remplacée par la sensualité, l’amour des formes.

En mêlant ses courbes, en les entremêlant, en créant des figures mi-femmes mi-tronc d’arbre, Wang Keping crée une nouvelle définition de l’érotisme, et provoque immanquablement l’émerveillement tout comme la surprise. Si son style est parfaitement identifiable, il n’en demeure pas moins que le sculpteur sait se renouveler, explorer des nouvelles pistes, pour ne pas tomber dans la facilité de la redondance.

© Yann Boha

Ses petits « Couples » sont d’une délicatesse inouïe, les deux corps s’entremêlent dans un ballet de poésie et de bois noir. Avec une ancienne souche d’arbre formant des volutes étonnantes, il parvient à donner corps à ce que nous appelons le rêve, ce moment de flottement dans lequel on se perd et dont on s’extrait avec regret.

L’artiste, lorsqu’il choisit une pièce de bois, ne cherchera pas à la modeler selon son bon vouloir. Au contraire, il tendra à s’adapter à sa forme initiale, respecter la première forme dont la nature l’a doté, avant de se mettre au travail en partant de cette base. Tout est rondeur, tout est douceur, tout est volupté chez Wang Keping. À voir absolument !

WANG KEPING

19/03/2016 > 11/06/2016

Galerie Zürcher

PARIS

Le sculpteur chinois Wang Keping, né en 1949 - l’année de l’avènement de la République populaire de Chine - après 29 ans d’exil (...

Exposition terminée
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