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Intempéries : entre évacuations et préventions, les musées et les châteaux s’organisent

Agathe Lautréamont 3 juin 2016

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À l’heure où l’on se demande si on est bien un début de mois de juin, les pluies diluviennes tombées sur la France n’en finissent pas de faire déborder les rivières et fleuves de leurs lits. À Paris, les autorités gardent un œil sur la crue de la Seine, tout comme dans d’autres départements du nord de la France. Les musées, monuments et institutions culturelles sont bien évidemment sur les dents, prêts à évacuer et faire face à la montée des eaux. Passage en revue de quelques lieux de culture qui doivent faire face aux conséquences du déluge…

Mais quand donc cette pluie va-t-elle s’arrêter ? C’est la question que nombre de français se posent, mais pas seulement… Face aux importantes quantités d’eau tombées du ciel depuis plusieurs semaines, rus, rivières et fleuves (c’était à prévoir) sortent de leurs lits et pour certains, atteignent des espaces culturels qui doivent faire face à la montée des eaux, qui représente un danger important pour les collections…

Au château de Chambord, les images postées par le compte Twitter officiel sont impressionnantes. De parc, plus aucune trace ! À la place, une sorte de lac boueux qui s’étend à pertes de vue et transforme le superbe palais de François Ier en îlot. Le parc de 5540 hectares est littéralement submergé, mais le domaine se veut tout de même rassurant : si les images font hausser les sourcils, les œuvres (tapisseries, ameublement…) ont été déménagées vers les étages supérieurs.

Des rondes de nuit sont également organisées pour surveiller l’évolution de la situation. Chambord va-t-il se transformer en un nouveau château de Chenonceau ? À quelques encablures de là, même son de cloche du côté d’un autre château de la Loire : Azay-le-Rideau, qui a fermé ses portes au public depuis jeudi matin. La rivière qui entoure le palais a débordé, noyant littéralement le parc…

On citera également les situations délicates rencontrées par le château de Fougères-sur-Bièvre dans le Loir-et-Cher et celui de la Ferté Saint-Aubin dans le Loiret. Dans ces deux départements en l’espace de seulement quelques jours (soixante-douze heures seulement), il est tombé l’équivalent d’un mois et demi de pluie. Les sols, détrempés, ne parviennent plus à absorber ce trop-plein d’eau qui ruisselle, grossit les rivières, et les fait déborder.

Du côté du château de Vaux-le-Vicomte, en Seine et Marne, les propriétaires ont choisi de prendre les choses avec humour. Différentes photos ont été publiées sur leur fil Twitter, montrant des étendues d’eau considérables venant submerger le parc dessiné par André Le Nôtre pour le surintendant des finances Nicolas Fouquet. Dans un tweet montrant le grand canal sorti de son lit, le comnunity manager s’amuse : « Il semblerait que de nouveaux bassins apparaissent au château de Vaux-le-Vicomte ! »

Mais la situation la plus critique se rencontre au Musée Girodet de Montargis, dans le département du Loiret. Pris de court par la fulgurante montée des eaux, le personnel du musée est parvenu à sauver les œuvres principales des collections, mais le reste du fonds est, hélas, sous les eaux. Des sculptures et des plâtres sont actuellement submergés, et il est difficile de dire, à l’heure actuelle, dans quel état les œuvres seront retrouvées une fois que l’eau se sera retirée. Le Musée de Montargis a fait savoir qu’un expert avait été recruté pour pouvoir accompagner l’espace culturel dans cette catastrophe, et dans le but de réaliser un état des lieux une fois le désastre passé. Dans sa collection, le musée possède notamment la Séparation des Apôtres, l’un des rares tableaux de Charles Gleyre en France, qui, par chance, est actuellement au Musée d’Orsay à l’occasion de l’exposition consacrée au peintre suisse.

Prévention

Du côté de la capitale française, des mesures drastiques ont été prises. Le Musée du Louvre et le Musée d’Orsay ont jugé plus prudent de fermer leurs portes, afin de faciliter l’évacuation des œuvres si jamais le pire survenait. Au Louvre, les réserves (situées au sous-sol) sont en effet susceptibles d’être inondées. Aussi, le personnel du musée est à pied d’oeuvre pour évacuer quelque 150 000 pièces muséales. « L’objectif est de mettre à l’abri les œuvres situées dans ces zones inondables en les déplaçant dans les étages supérieurs. Le personnel du Louvre est mobilisé à cet effet. La cellule de crise pilotée par la direction générale suit en temps réel l’évolution de la situation », explique un communiqué du musée envoyé jeudi après-midi.  Orsay de son côté, compte beaucoup moins d’œuvres dans ses réserves, mais a d’ores et déjà prévu, en cas de débordements du fleuve tout proche, de déplacer ses tableaux et statues situés au rez-de-chaussée dans les étages supérieurs.

Au Quai Branly, on est également sur le pied de guerre, et les fosses d’eaux souterraines sont scrutées à la loupe. Une évacuation des œuvres est prévue au moindre signe d’élévation du niveau de ces eaux.  Le musée des Arts Ludiques, lui aussi, a les pieds dans l’eau.

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