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Béthune : un centre d’art contemporain dans l’ancienne Banque de France !

Jéremy Billault 3 juin 2016

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Fermé pendant plusieurs années pour des travaux de rénovation, le centre d’art contemporain de la ville de Béthune a de nouveau ouvert ses portes en avril dernier. Installée dans les anciens locaux de la Banque de France, l’institution a invité trois artistes à investir les 1500 m² de son espace d’exposition atypique, qui a tâché de conserver l’atmosphère et le décor de ce lieu chargé d’Histoire.

fatmi

L’oeuvre de Mounir Fatmi, entre calligraphie métallique et fil barbelé

Il fallait de l’audace, il fallait de l’ambition, mais le projet valait le coup. En 2006, la ville de Béthune fait l’acquisition d’un bâtiment historique emblématique qui venait de cesser ses activité : l’ancienne Banque de France locale. Si en matière d’art contemporain, la ville de Béthune et ses alentours sont alors un vrai désert, la décision de faire de cet immense espace chargé d’Histoire  un centre culturel exclusivement dédié à la création contemporaine était audacieuse. Après avoir ouvert pendant quelques années, le nouveau centre d’art contemporain, joliment appelé Labanque, a fermé ses portes pour quelques travaux de rénovation et de mise aux normes. Quatre ans après le début des travaux, l’établissement rénové, qui a conservé une bonne partie du mobilier et des infrastructures de l’ancienne banque (notamment la surprenante salle des coffres), a rouvert ses portes en avril dernier avec une programmation à la fois exigeante et accessible, ouverte aux jeunes artistes comme à des grands noms plus expérimentés.

Labanque1

La salle des coffres de la banque

Sur les quatre niveau de l’établissement (plus de 1500 m² ouverts au public), Labanque a invité trois artistes pour célébrer comme il se doit l’arrivée de ce nouvel équipement avec des pratiques variées et des réflexions ouvertes sur le monde ou ancrées dans le territoire local. Le principal invité est un jeune artiste, Mounir Fatmi, qui a travaillé spécialement pour son exposition à Labanque, et a participé à la production des œuvres.  Installé dans la salle immense du rez-de-chaussée et dans les espaces encore chargés d’Histoire des sous-sols, Mounir Fatmi invite à la réflexion. Des grands étals de bouteilles d’eau bénite, de la calligraphie arabe en métal noyée dans le tout dernier modèle de barbelé actuellement utilisé sur bon nombre de frontières, le jeune artiste interroge sans jamais provoquer gratuitement, toujours avec une certaine élégance et une profondeur accessible. Dans l’ancienne salle des coffres, là où on l’on rencontrait son conseiller en toute discrétion, l’artiste présente des installations vidéo individuelles, à l’image de la volonté de Labanque, fondue dans le décor d’époque.

ceramique

Michaële-Andréa Schatt, Le temps des c(e)rises © Daniel Rousselot

Les deux autres étages sont chacun consacrés à un artiste. Au premier, Michaële-Andréa Schatt expose quelques travaux picturaux et surtout, dans les anciens appartements de la direction, une installation de sculptures en céramique qui met en valeur l’appartement lumineux autant qu’il le sublime. Au dernier étage, John Davies, immense photographe, expose un reportage qu’il a réalisé dans la région de Béthune pendant près de trois ans. Ce reportage est surtout consacré à la géographie particulière et à son paysage unique, caractérisé par ses terrils, ses collines artificielles formées par les résidus des mines de l’époque.

terrils

John Davies, Clear sky terril, 2013-2014, Production Artois Comm./Labanque

C’est là toute la subtilité de Labanque : l’art plastique contemporain côtoie la photo, les jeunes exposent aux côtés des plus grands. John Davies permet à ceux qui feront le voyage de découvrir la région avec un œil nouveau, les voisins du musée, eux, sont éblouis devant la beauté d’un paysage qui les entoure au quotidien, depuis des années. Outre ces expositions, Labanque organise de temps à autre des événements qui exploitent tout le potentiel que le lieu peut offrir, notamment des murder parties aux indices disséminés aux quatre coins du bâtiment. Il fallait donc de l’audace et de l’ambition pour ouvrir un tel centre ici, à Labanque et, au vu de la programmation et des événements à venir, cette ambition ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

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