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Au Musée de Cluny, l’éclat des émaux profanes de Limoges

Agathe Lautréamont 3 juin 2016

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Médaillons, coffrets ou encore boucles de ceintures… L’exposition qui se tient jusqu’au 29 août au Musée de Cluny a tout pour plaire, tant elle met en valeur de véritables petits trésors méconnus. Avec son petit accrochage : « Les émaux de Limoges à décor profane », l’institution parisienne aborde une thématique peu commune, et surtout dévoile que l’artisanat médiéval était tout à fait capable de se défaire, quand il le voulait bien, des codes religieux qui dominaient alors les arts décoratifs et l’orfèvrerie…

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Coffre du cardinal Guala Bicchieri © Studio Fotografico Gonella

Grâce à une collaboration étroite entre le Musée de Cluny et le Palazzo Madama – Museo Civico d’Arte Antica de la ville de Turin, une surprenante collection vient de s’installer à Paris pour toute la durée de l’été : un ensemble précieux d’émaux, pour certains vieux de huit cents ans, dont les décors ont la particularité d’être profanes. Entendez par là que les thématiques représentées sur leurs décors concernent à peu près tous les sujets… sauf la religion ! Étrange, alors que nous nous trouvons en plein Moyen-âge central…

Chandeliers en cuivre, coffres en bois de noyer, médailles ouvragées et dorées ont tous la même particularité : avoir été ornés de magnifiques émaux aux couleurs vibrantes par le savoir-faire des artisans de la ville de Limoges, entre le XIIe et le XIIIe siècle de notre ère. Les motifs, loin de représenter des scènes issues des textes sacrés, s’attardent ici sur des moments de la vie courante, ou s’inspirent aussi bien de la nature que de la littérature courtoise.

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Disque d’applique : cavalier au faucon © RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi

Quand on sait qu’à cette époque, la ville de Limoges était principalement connue dans toute l’Europe chrétienne pour sa production artisanale de pièces d’orfèvrerie ou d’arts décoratifs à caractère sacré. Ces créations finement ouvragées étaient particulièrement prisées des riches acquéreurs et leur renommée était telle qu’il n’était pas rare de voir ces pièces voyager à travers tout le monde connu ; aussi bien pour leur délicatesse que pour leur piété (Limoges est située sur la route de pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle). Pourtant, il existait une autre production en ce temps-là. Plus discrète, plus confidentielle, et qui se diffusa en nombre bien moins important. Celle des émaux profanes, mais qui semble-t-il, furent tout de même collectionnés par les plus grands.

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Médaillon émaillé provenant du coffre du cardinal Guala Bicchieri © Studio Fotografico Gonella

La collection que l’on peut admirer aujourd’hui dans le cadre de la petite, mais ravissante exposition de Cluny, nous vient du cardinal italien Guala Bicchieri, représentant du Saint-Siège. Cet homme d’influence, du fait de sa position, fut amené à fréquemment voyager à travers toute l’Europe. Amateur d’art, celui-ci amassa au cours de sa carrière une importante somme d’œuvres d’art en tout genre, dont proviennent les petits trésors que l’on peut détailler aujourd’hui. La pièce maîtresse de cet ensemble surprenant est un superbe coffre recouvert de centaines de détails, que l’on pourrait rester observer pendant des heures. À noter que c’est la première fois que ce coffre sort d’Italie depuis son acquisition par le musée de Turin, en 2004.

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Médaillon émaillé provenant du chœur de Saint-Sébastien de Biella © Studio Fotografico Gonella

Scènes de chasse, rencontres galantes dignes des romans de chevalerie, animaux fantastiques issu du bestiaire imaginaire médiéval, motifs végétaux luxuriant… Le tout, sublimé par des émaux colorés et sophistiqués : les oxydes glissés dans l’émail n’ont rien perdu de leur éclat. Ainsi dragons, chimères, lions et autres monstres hybrides se trouvent-ils sublimés par des coloris allant du bleu profond au turquoise en passant par des jaunes éclatants. Quant au support de cuivre, il était ensuite recouvert d’un mélange d’or et de mercure, qui lui confère son si bel éclat. Alors, amoureux de la période médiévale ou simples amateurs de belles choses, on court voir les émaux de Limoges au Musée de Cluny !

01/01/1970 > 01/01/1970

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