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Une très rare première édition d’Alice au pays des Merveilles en vente chez Christie’s

Agathe Lautréamont 2 juin 2016

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Saviez-vous que pour sa première édition, le chef-d’œuvre de Lewis Carroll, Alice au pays des Merveilles, ne fut tiré qu’à très peu d’exemplaires ? Et pour cause ! L’auteur demanda une modification au niveau des illustrations de l’ouvrage. Aujourd’hui, les collectionneurs s’arrachent cette rare édition et le 16 juin prochain, la maison Christie’s mettra en vente un exemplaire… Estimation ? Entre 2 et 3 millions de dollars…

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Une illustration de la première édition représentant le chat du Cheshire © Christie’s Images Ltd. 2016

Dans le petit cercle des bibliophiles, on les qualifie sans hésiter de « légendaires ». Ces légendes de cuir, de papier et d’encre, ce sont les rares premières éditions du roman de Lewis Carroll, Alice au pays des Merveilles, qui sortirent des presses anglaises en juin 1865. Cette année-là, la fameuse maison d’édition britannique Macmillan & Co venait de produire deux mille copies de ce roman pour enfant écrit par Charles Lutwidge Dodgson (le véritable patronyme de Carroll), et devaient être proposés à la vente dès le 4 juillet prochain.

Comme il était de tradition, l’éditeur envoya une cinquantaine d’exemplaires de ce tirage au principal intéressé, l’auteur du livre, pour lui donner un avant-goût de son livre enfin imprimé et richement illustré par le dessinateur John Tenniel. La réaction des deux hommes ne se fit pas attendre… Tenniel déclara tout de go à Carroll qu’il était « extrêmement mécontent de l’impression des illustrations ».

Mauvaise qualité de l’imprimerie ? Modifications apportées aux dessins ? Toujours est-il que Carroll écrivit fissa à la maison d’édition, demandant à ce que le livre soit purement et simplement réimprimé. Le 2 août, Charles L. Dodgson écrivait dans son journal intime : « J’ai finalement décidé de la réimpression d’Alice, et ai demandé à ce que les 2000 premières copies soient détruites ».

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La couverte de la première édition © Christie’s Images Ltd. 2016

Aujourd’hui, beaucoup de spécialistes de la vie et de l’œuvre de Lewis Carroll estiment que l’écrivain s’était senti entièrement satisfait de la qualité d’impression des illustrations pour son ouvrage. Cette décision de renvoyer les livres pour un nouveau tirage émanerait véritablement et uniquement du dessinateur John Tenniel ; une sorte de caprice de la part de ce dernier qui était très connu pour son caractère inflexible et intransigeant. Le choix fut donc davantage motivé par son envie de très vite désamorcer un conflit avec l’illustrateur que par de véritables critères esthétiques…

D’autant plus que cette réimpression coûta cher à l’écrivain : autour de 600 livres sterling pour un nouveau tirage, ce qui représentait une somme conséquente à l’époque. Quand bien même les 2000 nouveaux tirages étaient tous vendus, cela aurait rapporté à l’écrivain un gain de 500£, laissant tout de même l’auteur déficitaire…

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Un coup d’oeil à l’intérieur du précieux livre… © Christie’s Images Ltd. 2016

Aujourd’hui, Alice au pays des Merveilles est devenu un véritable monument de la littérature mondiale. Les collectionneurs les plus acharnés seraient prêts à de grands sacrifices pour avoir entre leurs mains un tirage de cette rare première édition de 1865. Les bibliophiles et bibliothécaires de leurs côtés, caressent toujours le rêve de tomber un jour par hasard sur une autre de ces copies qui aurait été miraculeusement préservée.

En attendant, la maison de ventes aux enchères Christie’s qui s’apprête à faire passer sous son marteau ce très bel exemplaire sait déjà qu’elle va attirer les foules. Sur les vingt-deux copies aujourd’hui connues, seize font partie des collections de bibliothèques nationales et six autres sont en mains privées.

Quant à l’édition vendue par Christie’s le 16 juin prochain, c’est celle qui fut donnée en mains propres par Lewis Carroll à son collègue du Collège Christ Church, George W. Kitchin, qui l’offrit ensuite à sa fille Alexandra. Cette dernière vendit ensuite son exemplaire en 1925, et ce dernier passa de mains en mains au fil des décennies, jusqu’à aujourd’hui.

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