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Retiens la nuit d’Hugo Vitrani

exponaute 2 juin 2016

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Douze artistes contemporains investissent la galerie Rabouan Moussion, où Hugo Vitrani les invite à livrer leur vision de la nuit. « Retiens la nuit » ne se vautre pas dans la légèreté de la chanson d’Aznavour chantonnée par Johnny, au contraire ! C’est une vision protéiforme et complexe de la nuit qui nous est livrée : érotique, violente, angoissante, errante, blanche ou noire, les douze artistes finissent par incarner une longue nuit où l’on se plait à vagabonder.

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©«RETIENS LA NUIT» à la GALERIE RABOUAN MOUSSION – SKKI ©

Avant même de pousser les portes de la galerie, un détail attire l’œil : la sculpture d’un chien d’une cinquantaine de centimètres, bas-relief en plâtre, œuvre d’Aline Bouvy. Il semble garder la galerie, à moins que ça ne soit l’image de Louisa Gagliardi à coté de laquelle il se tient. Aline Bouvy aime cette figure du chien errant, irrévérencieux, car, bien qu’il soit un animal domestique, il reste, dans certaines parties du globe, une bête sauvage, libre. Cette figure du chien est déclinée au sein de chaque salle, pour finalement emmener le visiteur vers la pièce d’après, vers l’autre artiste.

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©«RETIENS LA NUIT»  à la GALERIE RABOUAN MOUSSION – ALINE BOUVY

Pourtant il y a autre chose qui lie ces douze artistes : ils viennent tous d’une manière ou d’une autre du monde du graffiti. Oubliez Banksy, JR et sa pyramide, ici il s’agit avant tout de pionniers qui ont retenu seulement l’acuité visuelle, le sens du détail, du détournement et surtout, le sens de la transgression propre à ce mouvement. Guillaume Bresson offre une peinture tout en clair-obscur où il sublime une bagarre de parking, Stelios Faitakis reprend les codes de Diego Riviera pour documenter une jeunesse dorée avide d’excès en tous genres, Olivier Kosta Théfaine grave le plafond de la galerie au briquet à la manière d’un jeune graffeur de cité qui voudrait marquer son territoire.

OlivierKostaThe¦üfaine-Symphonie - flamme de briquet sur plafond - Cripta747 - Turin - Italie - 2010

©«RETIENS LA NUIT»  à la GALERIE RABOUAN MOUSSION – OLIVIER KOSTA-THEFAINE

Entre temps, SKKI a ramassé tout ce qui pouvait avoir du sens pour lui : le parebrise brisé de la voiture qui se trouvait juste derrière celle appartenant à la police qui a été incendiée il y a quelques jours, mais aussi,  un poireau qu’il imagine en palmier, à ses pieds un kit sanitaire pour les toxicomanes. Le message du Ministère de la Santé, ainsi exposé, prend des airs surréalistes.

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©«RETIENS LA NUIT»  à la GALERIE RABOUAN MOUSSION – GUILLAUME BRESSON

Les photos de Sean Vegezzi finissent par compléter cet univers : 3 images de personnage sans tête (leur tête est hors cadre) enjambent des fils barbelés ou des clôtures. Ces personnages auraient pu s’abriter à l’ombre du poireau de SKKI ou caresser le chien d’Aline, ils participent sans doute aux fêtes des personnages de Faitakis et comme Olivier Kosta Thefaine, ils ont, sans aucun doute, déjà laissé une marque au briquet derrière eux…

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©«RETIENS LA NUIT» à la GALERIE RABOUAN MOUSSION – SEAN VEGEZZI

Bref ça fonctionne, le dialogue entre les pièces est évident. Sans tomber dans le cliché attendu de la fête, chaque pièce incarne à sa manière la liberté, l’ombre et cette rudesse propre à la nuit où tout semble plus criard, plus vulgaire, plus absolu. Finalement, on irait bien la faire avec eux, la fête, justement, car derrière une apparente légèreté, le regard de chaque artiste sublime cette nuit en faisant un personnage mystérieux que seuls quelques initiés peuvent approcher.

RETIENS LA NUIT

02/06/2016 > 25/06/2016

Galerie Rabouan Moussion

PARIS

« Nuit comme nuire : « le crépuscule du soir », écrivait Baudelaire, est « l’ami des criminels ». L’exposition Retiens la Nuit me...

Exposition terminée
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