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Les délicats dessins de papillons de Vladimir Nabokov

Agathe Lautréamont 31 mai 2016

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Si Vladimir Nabokov est entré dans l’Histoire littéraire comme l’auteur du brillant mais controversé roman Lolita (paru en 1955), une œuvre acclamée par la critique et qui figure de façon récurrente dans les classements des meilleurs ouvrages du XXe siècle, on connaît bien moins les diverses autres facettes du personnage. En voici une, illustrée par un magnifique ouvrage à paraître : sa fascination pour les papillons…

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© Vladimir Nabokov – Vladimir Nabokov Archive, Berg Collection, New York Public Library

De 1940 à 1948, l’écrivain russe mais de langue d’expression anglaise à qui on doit Feu Pâle et Lolita, s’est consacré à une toute autre passion que la littérature, comme le révèle un superbe ouvrage paru en mars dernier aux éditions de la Yale University Press. Le livre, édité par Stephen H. Blackwell et Kurt Johnson, tend à révéler la passion dévorante, obsédante, de l’auteur pour le monde des lépidoptères ou plus simplement, les papillons.

L’écrivain faisait partie d’un club centré sur l’étude de ces délicats insectes, d’abord au sein du Museum d’Histoire Naturelle de New York, puis plus tard à Harvard. Chaque printemps et été, Nabokov accompagné de son épouse Vera, partait en promenade dans la nature, filet sur l’épaule, pour collecter de nombreux spécimens de papillons ; à l’époque où leur nombre n’avait pas dramatiquement décliné suite à l’usage intensif de toutes sortes de pesticides.

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© Vladimir Nabokov – Vladimir Nabokov Archive, Berg Collection, New York Public Library

Le livre, intitulé « Fine Lines : Vladimir Nabokov’s scientific art » (pour le moment non-traduit en français) s’est confié comme mission de jeter un pont inattendu, mais pourtant éloquent, entre les sphères de la science et de la littérature. Dans un ouvrage très détaillé, le lecteur peut retrouver 148 planches dessinées par un Vladimir Nabokov méconnu, dont soixante-deux réalisées en couleur.

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© Vladimir Nabokov – Vladimir Nabokov Archive, Berg Collection, New York Public Library

Il est également agrémenté  d’une dizaine d’essais rédigés par divers chercheurs et zoologues, qui viennent éclairer certaines inscriptions à la signification quelque peu obscure laissées par l’écrivain russe aux côtés de ses sublimes illustrations. Que l’on ne se laisse pas impressionner par quelques inscriptions mystérieuses et noms latins obscures. Le livre est incontestablement lumineux, dans tous les sens du terme.

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© Vladimir Nabokov – Vladimir Nabokov Archive, Berg Collection, New York Public Library

On ressent de la joie, dans cet ouvrage. La joie simple comparable à celle d’un enfant qui s’amuserait à observer, au creux de sa main, le gracile insecte piégé et attendant de pouvoir virevolter à nouveau. La joie aussi, de la stimulation intellectuelle, celle ressentie par le scientifique aiguillonné par ses observations et ses nouvelles découvertes dont il est heureux de pouvoir tirer des analyses et autres conclusions inédites.

On découvre alors un Nabokov lépidoptériste, passionné et passionnant, tandis que les textes accompagnant ses planches cherchent à insister sur le fait que l’écrivain russe ne se contentait pas d’être un simple amateur éclairé. Ses recherches, ses analyses précises, ses coupes anatomiques prouvent qu’il n’avait rien à envier aux plus pointus scientifiques. Quant à ces nombreuses illustrations au crayon ou à l’aquarelle, elles témoignent d’une maîtrise du pinceau, d’une approche esthétique délicate ; certes sans prétention, mais qui ravissent notre regard.

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