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Au Musée d’Orsay, retour à la lumière pour Charles Gleyre

Agathe Lautréamont 31 mai 2016

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Pour cette nouvelle exposition qui court jusqu’au 11 septembre prochain, le Musée d’Orsay a choisi de faire redécouvrir aux visiteurs un peintre qui, aussi incompréhensible que cela puisse paraître, est tombé dans l’oubli après sa mort. Le peintre suisse Charles Gleyre est de ces figures chevauchant divers courants, inclassable tant son style est polymorphe, hésitant entre le romantisme, l’académisme et l’orientalisme. Visite d’une riche exposition à découvrir absolument !

gleyre

Charles Gleyre, Les illusions perdues dit aussi Le Soir, 1843 © RMN-Grand Palais, musée du Louvre/ Michel Urtado

Le parcours composé par le Musée d’Orsay se veut aussi bien thématique que chronologique. C’est ainsi que le visiteur peut, à loisir, suivre la véritable épopée que fut l’existence du peintre suisse ; ses nombreux voyages et autant de rencontres variées nourrissant incessamment son art. Après une première salle introductive qui s’attarde sur l’apprentissage du maître à Rome et décrypte les diverses influences qui guideront son pinceau pour ses premières compositions, une vaste seconde salle nous propulse du côté de l’Orient

L’Orientalisme

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Charles Gleyre, Temple égyptien, 1840 © Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

Parti de Rome où il a achevé sa formation d’artiste, Gleyre traversa des contrées contrastées qui le guidèrent de l’Égypte à la Turquie en passant par la capitale du Soudan : Khartoum. Pendant trois ans, Charles Gleyre sillonna un vaste Orient rêvé, fantasmé, qui va insuffler à sa pratique artistique une inspiration surprenante. Dans deux grandes salles, on a tout le loisir d’admirer les grands talents de portraitistes du peintre, à travers une série de divers portraits à dimension ethnologique.Et quand il ne s’attarde pas à détailler les grands yeux noirs d’une jeune Turque, il pose son chevalet devant les ruines du temple d’Amon, à Karnak. Ses dessins, aquarelles et huiles témoignent d’une précision frôlant la perfection, d’un sens aigu de la perspective et d’un œil gourmand de découvertes.

L’Histoire

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Charles Gleyre, La Bataille du Léman, 1858 © Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

Depuis la seconde moitié du XVIIe siècle, la peinture d’Histoire est considérée comme au sommet de la hiérarchie des genres picturaux. Cette primauté, même si elle aura tendance à s’atténuer au cours des siècles suivants, reste toujours prestigieuse au temps de Charles Gleyre (1806-1874). Or, à compter du début des années 1840, la réputation de Gleyre en tant que grand peintre n’est plus à faire et sa grande renommée lui ouvre donc les portes de ce registre glorieux. Or, qui dit peinture d’Histoire dit grand format, composition riche et foisonnant de détails, aux sujets allégoriques, mythologiques ou religieux.

L’originalité de Gleyre est qu’il sut insuffler à ses œuvres à portée historique des éléments issus des scènes de genre et surtout de paysages,  registre pictural qui glanait de plus en plus d’importance au début du XIXe siècle, au détriment d’autres styles qui tenaient le haut du pavé depuis plusieurs centaines d’années. Suite à une commande du Musée de Lausanne, l’artiste se lança dans la réalisation d’une création d’envergure : Les Romains passant sous le joug, aussi appelée La Bataille du Léman, achevée en 1858.

L’œuvre, saisissante de réalisme, comporte un nombre considérable de personnages. Gleyre démontra alors l’étendue de sa maîtrise technique, représentant indifféremment avec le même talent nus, drapés complexes et armures rutilantes, dans une scène tirée de l’Histoire de la Suisse. Au IIe siècle avant J-C, le peuple Helvète était parvenu à une victoire écrasante sur les légions romaines. Vae victis ! Les vainqueurs avaient imposé aux vaincus de passer, courbés, sous un joug de bœuf.

Le Paysage

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Charles Gleyre, Le Déluge, 1856 © Musée des Beaux-Arts de Lausanne

L’intérêt de Charles Gleyre pour le paysage alla grandissant au fil de sa carrière, dans le sillage de l’opinion et du goût public pour ce genre pictural. Malgré tout, au milieu du XIXe siècle, celui-ci est encore considéré comme un genre véritablement mineur : le paysage ne saurait se suffire à lui-même dans une toile, mais doit au contraire servir le sujet principal traité par la peinture : un thème religieux, historique voire donner un cadre plaisant à un portrait. Ainsi, le peintre mis en avant par le Musée d’Orsay se penche-t-il sur le paysage à partir du moment où il peut y déceler des détails nobles, une forme de puissance qui séduit son esprit et son pinceau.

C’est ce qui explique que les montagnes, les étendues désertiques ou les volcans furieux ont la primauté dans ses œuvres. Gleyre est fasciné par ses paysages impressionnants, mais se trouve également séduit par leur grande pureté puisque par définition, ils sont impropres à l’exploitation humaine. Dans cette magnifique étape du parcours, on ressent la forte empreinte de Nicolas Poussin dans les peintures de Gleyre, mais l’artiste sait néanmoins se détacher de l’influence du maître de la période Classique pour y glisser des touches modernes, bien de son temps.

On songe forcément au Romantisme et aux paysages de Friedrich qui, comme cherche à le faire le peintre suisse, célèbre l’immensité de la nature où l’Homme ne saurait jouer un rôle important. Les paysages de Charles Gleyre sont un véritable appel à la contemplation silencieuse, mais aussi à l’humilité.

CHARLES GLEYRE (1806-1874)

10/05/2016 > 11/09/2016

Musée d'Orsay

PARIS

La France n’a jusqu’à présent jamais consacré d’exposition monographique à Charles Gleyre qui tient pourtant une place majeure dan...

Exposition terminée
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