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Electrosound, l’expo qui va vous réconcilier avec la musique électronique

Jéremy Billault 24 mai 2016

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Du 25 mai au 2 octobre prochain, la Fondation EDF confirme sa politique d’ouverture et d’expérimentation en présentant Electrosound, une exposition/atelier entièrement consacrée à la musique électronique et à son Histoire. Des machines, des instruments, des photos, des personnages, l’expo est conçue pour plaire aux néophytes comme aux spécialistes qui (re)noueront le contact avec les premiers synthétiseurs, avec une pratique et une culture qui ont beaucoup évolué. 

WEATHER FESTIVAL 2015 - MAIN EVENT - FRIDAY

Ben Klock, Weather Winter Festival © Jacob Khrist

Dans une obscurité quasi-totale où seuls brillent les milles feux d’une boule à facette, un mur d’enceintes en tous genres balance  avec vigueur le Blue Monday de New Order : il est onze heures du matin, nous sommes dans un musée, à la fin d’une histoire très rythmée. Ce dancefloor reconstitué, c’est la cerise sur l’électro, la dernière salle d’une exposition à laquelle on ne s’attendait sans doute pas : Electrosound, une expo/atelier consacrée à la musique électronique. Nous sommes donc bien dans un musée, à la Fondation EDF plus précisément, où Jean-Yves Leloup, Jean-Louis Frechin et Uros Petrevski ont taché de nous faire découvrir et re-découvrir l’histoire de la musique électronique, de ses inventeurs, de ses instruments et de son public, devenu de plus en plus large.

Suzanne Ciani et son synthetiseur Buchla Courtesy S. Ciani

Suzanne Ciani et son synthétiseur Buchla ® S. Ciani

Qu’on soit un spécialiste ou qu’on n’y connaisse rien, tout le monde trouvera son compte, car il y a de la matière. Et quelle matière ! Depuis les premières expérimentations musicales purement électroniques jusqu’à notre bon vieil Iphone  tout contemporain, l’expo présente des dizaines d’engins parfois mystérieux, parfois familiers derrière lesquels se cachent les pionniers, mi-geeks, mi-musiciens  d’un genre musical devenu extrêmement varié, de Pierre Boulez à David Guetta en passant par Laurent Garnier. Chacune de ces machines parfois étranges est un véritable bijou d’Histoire, le symbole d’une vraie liberté qui est devenue une pratique, une façon de faire, une esthétique et, finalement, toute une culture.

Juan Atkins -® P-E Rastoin BD

Juan Atkins ® P-E Rastoin

Cette liberté originelle, c’est celle qui détournait les instruments de mesures électroniques pour en faire de l’art, de la musique, celle de la manipulation, parfois même du bidouillage qui parvient à créer un son qu’aucune oreille n’avait alors jamais entendu. Derrière ces expérimentations, des hommes et des femmes (dont le look évolue du scientifique à grosses lunettes au fêtard un peu déglingué) qui apparaissent ici et là via des grands portraits et des photos d’archives. On voit ainsi défiler des noms et des visages majeurs de l’Histoire de la musique : on croise Brian Eno, Bob Moog (ingénieur, inventeur du synthétiseur), le robot d’un membre de Kraftwerk, Jean-Michel Jarre ou encore Frankie Knuckles, légende de la House, tous présents en photos dans leurs ateliers ou en live, les mains dans le cambouis de leurs machines pleines de fils.

Etienne Jaumet in his parisian studio

Le synthétiseur Moog d’Etienne Jaumet ® Jacob Khrist

Mais évidemment, dans ce genre d’expositions, on s’attend à entendre. Et même à écouter. Grâce à un système plutôt ingénieux, les sons et la musique qu’ont produit les instruments exposés sont diffusés au fur et à mesure qu’on progresse et qu’on avance dans le temps, de la musique savante très expérimentale à la dubstep, en passant par la pop et, bien entendu, le rock. Et après cette étape très contemplative, les commissaires de l’expo on décidé d’offrir aux visiteurs tout un étage d’instruments à tester et cette sensation unique du son que l’on module et qu’on arrange à sa sauce. Avec l’aide de quelques médiateurs, on se prend donc au jeu (on pourrait y rester des heures), on s’attaque au synthé, au vocoder, à la boîte à rythme et même à la gelée sonore (oui, de la gelée, quand t’appuies ça chante) : ça fonctionne.

dancing

Extrait de la série Musique de chambre ® Jean-Jacques Ader

Car on est loin du gadget, l’expo y mis des moyens, le côté ludique participe à l’immersion, à la découverte intime de ce qu’est la musique électronique, de ce que c’est que d’en faire. Et d’en écouter. Car la musique électronique a créé une culture, underground pendant une certaine époque, plus grand public aujourd’hui. C’est ce que montrent les photos du reporter Jacob Khrist prises, notamment, en 2015 au Weather Festival, événement majeur de la house et de la techno qui aura lieu dans quelques jours en plein aéroport du Bourget et dont l’expo est partenaire. Ben Klock, Lil’ Louis, des lumières sublimes et un public en transe : innovation, création, fête et partage, tout y est. 

Weather Winter

Kenny Larkin, Festival Weather Winter © Jacob Khrist

Après avoir vu, écouté, pratiqué, il ne restait donc plus qu’à vivre, à expérimenter. C’est là qu’intervient notre cerise de fin, ce mini-dancefloor intime au milieu duquel trône un vinyle un peu particulier : quand on le tourne il change de morceau, de New Order à Kraftwerk en passant par les Beastie Boys. Plus d’une centaine de classiques, un mur d’enceintes, une boule à facettes, on sort presque de l’expo comme on sortirait d’une soirée Concrete, d’une soirée au Rex Club ou dans un hangar clandestin, comme ces jeunes insouciants qui défilent sur les murs. Avec des connaissances en plus.  Et à peine plus frais.

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