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Une exposition à Strasbourg explore le mythe de la Tour de Babel…

Agathe Lautréamont 20 mai 2016

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Jusqu’au 21 juin prochain, la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg tourne son regard du côté de la lointaine Mésopotamie. Avec l’événement « Ana Ziqquratim : sur la piste de Babel », l’exposition strasbourgeoise propose au visiteur d’embarquer pour un voyage, plusieurs milliers d’année en arrière, à la découverte du monde mésopotamien, du mode de vie de ses populations ; tandis que le parcours s’attardera un temps sur le mythe de la tour de Babel…

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Au premier abord, le nom de l’exposition peut nous interpeller. Que peut bien vouloir dire « Ana Ziqquratim » ? Pour découvrir la clé du mystère, il convient de remonter loin, très loin dans le temps, à l’époque où en Mésopotamie, on parlait une langue sémitique aujourd’hui éteinte : l’akkadien.

Ce langage, que l’on connaît bien grâce à un grand nombre de tablettes couvertes d’écriture cunéiformes, fut parlé entre le début du IIIe jusqu’au Ier millénaire avant Jésus-Christ. La phrase signifie « Vers la ziggurat ». Et justement, ces ziggurats, elles se trouvent au cœur de cette exposition organisée au sein de la Médiathèque de Strasbourg.

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© Capture d’écran du teaser de l’exposition

Une ziggurat correspond à un édifice religieux à degrés, tel qu’on les construisait en Mésopotamie, région historique du Moyen-Orient au cœur du Croissant fertile, entre les fleuves Tigre et Euphrate. Ces édifices comptaient une succession de terrasses coiffées, à leur sommet, d’un temple.

Monuments parmi les plus spectaculaires dans le monde mésopotamien, ces derniers traversèrent les siècles en relatif bon état de conservation, et l’archéologie put mettre au jour plusieurs d’entre eux, permettant une meilleure connaissance de leur construction et leur fonction.

Mais leur souvenir fut également maintenu grâce à un autre élément, celui-ci purement fictif et non plus archéologique : le récit biblique de la Tour de Babel. L’architecture de cette structure mythique est évidement librement inspirée de la ziggurat mésopotamienne, et plus précisément de celle que l’on trouvait dans l’ancienne cité de Babylone.

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© Capture d’écran du teaser de l’exposition

Mais à travers la mise en lumière de la ziggurat, c’est avant tout l’histoire de la Mésopotamie que l’exposition cherche à mettre en lumière. Pièces archéologiques, documents iconographiques, maquettes de reconstitutions à l’échelle 1 jalonnent le parcours, et donne à voir une civilisation mésopotamienne mal connue, mythique et d’une extraordinaire richesse.

En sus, l’événement de la bibliothèque alsacienne cherche à comprendre comme la mythique et fantasmée Tour de Babel est parvenue à infuser nos esprits, et ainsi drastiquement influencer l’image que nous avons aujourd’hui du lieu de culte mésopotamien et plus précisément : babylonien.

Car si certaines ziggurats ont été bien conservées (à l’image de celle de Chogha Zanbil, à 40 kilomètres au sud-est de Suse en Iran), questionnez n’importe quel curieux d’histoire, et il vous décrira une ziggurat ressemblant furieusement à la célèbre toile de Pieter Brueghel l’Ancien ou à la gravure de Gustave Doré.

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Pieter Brueghel l’Ancien, La grande Tour de Babel, vers 1563 © Kunsthistorisches Museum, Vienne

La tour à degrés comme lieu de culte mésopotamien, on le sait, a bel et bien existé. À la différence que l’historique était dédiée au culte des dieux honorés dans ces âges reculés, tandis que l’imaginaire issue du récit biblique cherchait à porter ombrage à un seul d’entre eux ; à le défier, même (d’où la suite du récit : la confusion des langues).

Du cinquième millénaire au premier millénaire avant Jésus-Christ, l’exposition « Ana Ziqquratim : sur la piste de Babel » explore l’origine de ce monument. De ses premiers balbutiements avec des structures modestement surélevées à l’époque présumée de la rédaction de la Torah, qui immortalisera la ziggurat en passant par les toutes premières ziggurats attestées au troisième millénaire, l’événement de la bibliothèque de Strasbourg est un étonnant voyage dans le temps et l’histoire, dans lequel on a insufflé une passionnante analyse artistique, mythologique et religieuse.

ANA ZIQQURATIM

27/04/2016 > 21/06/2016

BNU de Strasbourg

STRASBOURG

Ana ziqquratim : « vers la ziggurat » en langue akkadienne. Cette ziggurat est quasiment l’emblème de la civilisation mésopotamienne, ...

Exposition terminée
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