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En Palestine, un tout nouveau musée… sans collection.

Agathe Lautréamont 19 mai 2016

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Désormais, dans la petite ville de Bir Zeitr, en Cisjordanie, trône le flambant neuf Musée Palestinien, qui a été inauguré le 18 mai dernier… À un détail près : sans aucune collection. Quant à son directeur, Mahmoud Hawari, il a obtenu le poste il y a à peine deux semaines.

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© Capture d’écran vidéo France 24

Et pourtant vu de l’extérieur, il est magnifique, ce musée ! S’étirant sur près de 40 000 mètres carrés (dont 3500 dédiés aux expositions), la structure dessinée par le cabinet d’architecte dublinois Heneghan Peng aura coûté la somme de 30 millions de dollars et se concentre sur l’histoire de la Palestine, de 1750 à nos jours.

Tout cela est bien beau, mais encore faut-il que ce centre culturel soit rempli d’artefacts à admirer, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle. En attendant de voir arriver les œuvres (issues de prêts de longue durée par divers musées internationaux ou de donc reçus de collectionneurs privés), les éventuels visiteurs sont invités à admirer l’architecture et le design intérieur du musée, auxquels le plus grand soin a été apporté.

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© Capture d’écran vidéo France 24

Si depuis hier, l’institution a finalement ouvert ses portes (inauguré en présence du président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui en profita pour prononcer un discours éminemment politique), le cheminement pour mener à bien ce projet culturel ne fut pas une sinécure. Lorsqu’en 2012, le conservateur Jack Persekian avait été nommé directeur du musée, celui-ci avait finalement jeté l’éponge au mois de décembre dernier, six mois avant l’inauguration du centre culturel, arguant des différends au sujet de la gestion du musée et de la programmation des expositions temporaires.

C’est en partie à cause de ce départ inopiné que l’exposition inaugurale a été repoussée sine die, ruinant près de trois ans de travaux qui auront été nécessaires pour monter cet accrochage.

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© Capture d’écran vidéo France 24

En attendant, des plans B sont envisagés comme par exemple, organiser des événements hors-les-murs qui seraient tout de même liés au Musée de Palestine. Interrogé par le New York Times à ce sujet, Omar Al-Qattan, à la tête de l’institution flambant neuve, explique que ce centre culturel aurait été dès le début pensé comme un tronc commun d’où partiraient de nombreuses branches, sortes de petites institutions satellites qui s’installeraient là où on rencontre d’importantes communautés palestiniennes.

La première de ces expositions en-dehors de Palestine est programmée d’ici quelques jours, à Beyrouth. Toujours est-il qu’en attendant, le musée n’a pas mis de côté son plus gros projet à ce jour : celui de collecter un très grand nombre de photographies racontant l’histoire du peuple palestinien à notre époque moderne. Intitulé « Family Album Project » (Projet album-photos de famille), l’idée est de collecter un grand nombre de clichés, de les numériser et de constituer un important fonds d’archives d’images.

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© Capture d’écran vidéo France 24

À l’heure actuelle, près de 11 000 photographies ont ainsi été digitalisées et placées dans les réserves dématérialisées de l’institution. L’idée est bien sûr de créer un ensemble d’archive unique, mais aussi de permettre pourquoi pas, à des membres de la diaspora palestinienne de retrouver des membres de leurs familles grâce à ces images.

Du côté du long-terme et de l’incertain, le Musée de Palestine aimerait nouer des liens et mener des collaborations avec de grandes institutions culturelles internationales. Et pourquoi pas, quand la situation sera pour de bon apaisée, établir sa présence à Jérusalem. Une intention que les acteurs de la culture en Israël ne se sont pas empressés de commenter…  On le comprend, construire une telle institution dans un territoire comme celui de la Palestine était, dès le départ, un véritable défi.

Cependant, les acteurs culturels palestiniens se montrent confiants quant à l’avenir du musée, espérant que cet espace de connaissance et de savoir permettra d’affirmer un peu plus cette zone géographique sur la scène internationale, créera des liens avec d’autres pays ou les renforcera, tout en attirant le regard des foires d’art contemporain et les curateurs de tous bords.

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