Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Des sculptures volées à Berlin durant la Seconde Guerre mondiale retrouvées en Russie

Agathe Lautréamont 19 mai 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Dans un communiqué publié par la Fondation pour l’Héritage Culturel Prussien, 59 sculptures datant de la Renaissance italienne ont été retrouvées dans les réserves du Musée Pouchkine de Moscou. Disparues des collections berlinoises depuis le second conflit mondial, certaines sont signées de la main de grands artistes comme Donatello, Andrea del Verrocchio ou encore Giovanni Pisano…

dave

Donatello, David, 1430-1432 © Wikimedia Commons

Ces trésors figuraient parmi l’ensemble d’œuvres qui était conservé dans ce qui s’appelait encore à l’époque le Kaiser Friedrich Museum, renommé après la guerre le Bode Museum. Grâce à la localisation de l’institution, située à l’est de la ville, donc relativement éloignée des combats, les œuvres avaient pu être préservées des bombardements qui ont plu sur Berlin à la fin de la guerre. Cependant, en mai 1945, le bâtiment subit deux incendies, et de nombreuses œuvres disparurent ainsi dans les flammes, dont une toile du Caravage représentant Saint Mathieu.

Ce qui avait miraculeusement survécu aux flammes fut ensuite saisi par les troupes soviétiques et rapportées à Moscou. C’est ainsi que des sculptures de Luca della Robbia, Nicola et Giovanni Pisano, Andrea del Verrocchio, Francesco Laurana et Mino da Fiesole se retrouvèrent en Russie, en lieu et place de l’Allemagne.

B16722.jpg

Verrocchio, Julien de Médicis, XVe siècle © Wikimedia Commons

Durant les décennies qui suivirent ce vol, les historiens de l’art allemands ne pouvaient pas se douter de ce qui était advenu des sculptures. Avaient-elles bien été volées par les soldats de l’Armée Rouge, ou avaient-elles été détruites par l’incendie ?

Mais à compter de 2005, une dizaine de musées allemands et russes décidèrent d’unir leurs forces afin d’enquêter sur cette disparition, et tenter de découvrir pour de bon quel avait été le sort des œuvres. C’est grâce à ces recherches, que cinquante-neuf sculptures ont ainsi pu être retrouvées en ce mois de mai 2016.

Lors de l’annonce officielle de cette découverte au Bode Museum, le conservateur du département des œuvres italiennes Neville Rowley (qui faisait partie de l’équipe qui a enquêté sur la disparition) a déclaré : « La plupart des sculptures ont été endommagées par le feu et de certaines, il ne reste plus que des fragments. Elles ne peuvent être exposées pour le moment, au vu de leur état. Mais nous songeons à exposer ces œuvres au sein du Musée Pouchkine une fois qu’elles auront été restaurées. »

chair

Giovanni Pisano, Chaire de la cathédrale de Sienne, XIIe siècle © Wikimedia Commons

L’année dernière déjà, l’équipe d’enquêteurs de l’Histoire de l’art s’était réjouie d’avoir mis la main sur une oeuvre de Donatello, une sculpture hélas sévèrement endommagée par le feu, représentant un Saint Jean-Baptiste coulé dans le bronze. Cependant, la statue pourrait être restaurée en partie. Les œuvres réalisées en marbre, bronze et terre cuite ont pu survivre au feu, mais celles faites de stuc et de bois, hélas, ont été perdues. Le même sort, on le devine, est à craindre pour l’oeuvre du Caravage précédemment citée.

On estime qu’après la Seconde Guerre mondiale, l’Armée Rouge aurait volé près de 2,6 millions d’œuvres d’art dans toute l’Allemagne, les considérant comme une compensation pour toutes les destructions et tous les vols subis par la Russie lors de cette même guerre, des méfaits commis cette fois par les troupes allemandes.

En 1958, dans un geste de réconciliation envers l’Allemagne, l’Union Soviétique avait décidé de rendre 1,5 million de ces œuvres à l’Allemagne, à l’image des frises du Grand Autel de Pergame. Malheureusement, les bonnes intentions n’ont pas duré et il  reste encore en Russie comme dans d’anciens pays du bloc soviétique nombre de pièces volées que la Douma, en 1996, a déclaré comme propriété de la Russie…

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE