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Expos croisées et modernité hollandaise au MaM de la ville de Troyes

Jéremy Billault 18 mai 2016

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Le Musée d’Art Moderne de la ville de Troyes accueille jusqu’au mois d’août prochain une exposition croisée avec la fondation Singer de Laren, aux Pays-Bas. A Laren est exposée la collection des Lévy, à l’origine de la création du musée de Troyes, alors que de son côté, Troyes reçoit la collection des Singer, un autre couple de collectionneurs. L’occasion pour le public français de découvrir les écoles hollandaises de la modernité et l’évolution de tout un courant artistique aux qualités parfois insoupçonnées, mais remarquables. 

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George Hendrik Breitner, La place du Dam à Amsterdam, 1891 Huile sur toile

Plus qu’une exposition, c’est une histoire. L’histoire d’une rencontre, d’un croisement, d’une invitation mutuelle entre deux couples de collectionneurs qui ne se connaissaient pas. D’un côté, Pierre et Denise Lévy, couple installé à Troyes ayant fait fortune dans le textile et rapidement devenu collectionneur, soutien et mécène d’artistes (comme le génial Maurice Marinot). Après quarante ans de collection, les Lévy décide de tout offrir à l’Etat avec une seule et unique consigne : que les œuvres soient exposées à Troyes. Ainsi est né le musée d’art moderne de la ville de Troyes.

De l’autre, un couple d’américains tombés amoureux d’une petite bourgade néerlandaise : Anna et William Singer. Rien à voir avec les machines à coudre, William Singer est le fils d’un grand industriel américain, magnat de l’acier et fabriquant, notamment, des canons. Si son destin était déjà tout tracé, le jeune William a décidé de se lancer (attention au cliché) dans une carrière artistique qui le conduira en Europe, à Paris puis, rapidement, au Pays-Bas, à Laren, où l’effervescence artistique intense le conduira à s’installer durablement. Jusqu’au 28 août prochain, la modernité hollandaise des Singer s’installe à Troyes, dans le musée rendu possible par les Lévy. Dans le même temps, la collection du couple français est exposée à Laren, à la fondation Singer.

Cas d’écoles

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Anton Mauve, Paysage enneigé au soleil couchant, 1885-1887

Au musée d’art moderne de la ville de Troyes,  la collection Singer est présentée en six thématiques, consacrées, notamment, aux différentes « écoles » qui y sont représentées et qui traduisent la sensibilité particulière du couple pour certains artistes. Evidemment, de notre point de vue, la première de ces thématiques est la plus appréciable. Consacrée à l’amour des Singer pour l’art français, la section présente, aux côtés d’une jolie toile d’Eugène Boudin qui a échappé à l’exposition du Havre et d’une oeuvre de William Singer himself, trois sculptures sublimes signées Auguste Rodin (les Singer en ont acheté plus d’une douzaine). Dans cette collection majoritairement hollandaise, la présence d’œuvres françaises ne choque pas tant la modernité batave y trouve ses racines, notamment celle à Laren.

Se succèdent ensuite les écoles de La Haye, d’Amsterdam et de Laren, la dernière comprenant certains artistes des deux premières, marqués par leur séjour à la campagne, par la pureté de la vie, du travail et de la société paysanne. Les couleurs sont sombres, les artistes ont en commun leur travail particulier de la lumière et la sincérité des scènes qu’ils représentent, sur une grande place d’Amsterdam comme au milieu d’un champ. La présentation à Troyes de la collection des Singer est surtout une belle occasion pour le public français de découvrir l’évolution d’une modernité tardive ainsi que quelques perles qui, elles seules, valent le détour. On pense notamment à la seule artiste féminine de la collection Singer, Lizzy Ansingh et son tableau incroyable qui met en scène des poupées aux visages blancs, effrayants et terriblement expressifs.

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Kees van Dongen, Le Chapeau bleu, 1937 © ADAGP, Paris 2016

Les avant-gardistes de la fin de l’exposition, bien que tardifs dans la collection des Singer qu’ils intéressaient peut-être moins, sont pourtant joliment représentés : la géométrie du Bart Van Der Leck, par exemple, ponctue l’exposition d’une note rafraîchissante et colorée. Mais une oeuvre de la fin du parcours nous poursuit bien après l’exposition par l’intensité d’un regard qui, en instant, se grave dans la mémoire : un Kees Van Dongen que les Singer avaient surtout acheté pour soutenir un ami galeriste, sans paradoxalement apprécier l’oeuvre à sa juste valeur. A travers les désirs et les préférences du couple, on découvre donc, ici, à Troyes, un courant artistique intense et son évolution : les Singer ont été fidèles à une ville, à un cercle d’artistes et ont composé une collection que l’on est finalement ravi de partager.

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