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Rebondissement dans l’affaire du rachat de la Villa Poiret

Agathe Lautréamont 18 mai 2016

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Le 6 janvier dernier, une superbe villa dessinée par l’architecte Robert Mallet-Stevens et destinée au riche couturier Paul Poiret était vendue aux enchères à Versailles. L’heureux nouveau propriétaire du domaine, qui avait déboursé deux millions d’euros pour cet achat, avait cependant soulevé quelques inquiétudes : il s’agissait de la société G2AM, spécialisée dans la construction de centres commerciaux. Mais en ce milieu de mois de mai, un rebondissement est survenu…

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© Quentin Durward – Flickr

Nous vous en parlions dans un article publié en janvier dernier. La villa Poiret, maison moderne livrée en 1923 par l’architecte Robert Mallet-Stevens sur une commande du couturier Poiret, avait été vendue aux enchères il y a de cela maintenant quatre mois. Située sur la commune de Mézy-sur-Seine, dans le département des Yvelines, la bâtisse était passée de mains en mains puis finalement laissée à l’état d’abandon par ses derniers propriétaires en date, qui n’avaient plus les moyens d’entretenir cette importante propriété de 670 mètres carrés qui compte également un vaste parc.

Ces derniers s’étaient en effet lancés dans une vaste opération de restauration à partir de 2006, mais dépassés par l’ampleur de la tâche et par l’importance des dégâts qu’avait subis la villa, le couple de propriétaires s’endetta et abandonna la maison Mallet-Stevens. La Villa Poiret est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1984.

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© Quentin Durward – Flickr

La maison revint brusquement sur le devant de la scène lors de sa division en trois lots distincts (deux portions de terrain vendues respectivement à 14 000 et 25 000 euros puis la maison agrémentée de la piscine, pour 1 960 000 euros), qui avaient tous trois été achetés aux enchères par la société G2AM. Le nom du nouvel acquéreur fit frissonner : pourquoi une entreprise spécialisée dans la construction de centres commerciaux s’intéressait-elle à une des trois œuvres privées majeures de Mallet-Stevens ? Cependant, un grain de sable vint se glisser dans la machinerie.

Au cours du délai de surenchères de dix jours suivant la vente, un autre acheteur avait fait connaître son intention d’acheter la propriété du début du XXe siècle : la société civile immobilière La Dame Mauve, une filiale du groupe Fiducial-Real Estate, spécialité dans l’activité de gestion immobilière. Ainsi, l’acquisition par G2AM s’était vue purement et simplement annulée ! Désormais, les lots vont à nouveau être proposés aux enchères à Versailles ce mercredi, mais pour un prix revu à la hausse : 20 000, 50 000 et 2.2 millions d’euros pour les trois lots.

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© Quentin Durward – Flickr

Cependant, tout cela ne semble pas rassurer pour autant les descendants de Paul Poiret et de Robert Mallet-Stevens qui, en janvier dernier, avaient interpellé le Ministère de la Culture (à l’époque sous la coupe de Fleur Pellerin), estimant scandaleux le fait de dilapider aux enchères une construction classée Monument Historique. La ministre leur avait alors répondu qu’elle comptait « tout faire pour préserver cette villa dans son intégrité », sans donner suite. Reste à suivre maintenant l’issue de cette nouvelle vente, ainsi que ce que pensera faire de la villa son nouveau propriétaire…

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