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En quoi consiste la « mission citoyenne » sur les musées d’Audrey Azoulay ?

Agathe Lautréamont 18 mai 2016

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Mardi dernier, à l’occasion du lancement de la mission « Musées du XXIe siècle » et devant un parterre de directeurs de musées et d’acteurs du monde de la culture français, la ministre de la Culture Audrey Azoulay a mis en marche une nouvelle opération visant à promouvoir et amplifier le rôle des musées de l’Hexagone. Que peut-on attendre d’une telle annonce ?

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Audrey Azoulay au Grand Palais © Bertrand Rindoff Petroff – Getty Images

N’est-ce pas le principe même d’une institution culturelle, que de contribuer à l’instruction citoyenne et à la promotion du vivre-ensemble ? Pourtant, aux yeux d’Audrey Azoulay, il semblerait que non, étant donné que ces deux idées ci-dessus ont été présentées comme les deux fers de lance d’une nouvelle idée promue par le gouvernement. Cette idée, c’est le plan « Musées du XXIe siècle », officiellement lancé mardi dernier par la nouvelle ministre de la Culture, et  dont les premiers résultats devraient être présentés dès l’automne 2016, à savoir dans quatre mois. On peut déjà lever un sourcil face à cette échéance très courte. Des résultats auront-ils le temps d’être produits d’ici là ? Rien n’est moins sûr, mais laissons au Ministère de la Culture le bénéfice du doute.

Dans un long discours prononcé face à un panel d’acteurs du monde culturel, parmi lequel on comptait des personnages comme le Directeur général des patrimoines Vincent Berjot ou la Directrice chargée des musées de France Marie-Christine Labourdette, Audrey Azoulay a déroulé un programme qui tendrait à rendre aux musées de France leur rôle de promoteurs de la mémoire et de passeurs d’émotions. Un discours que vous pouvez consulter à tout moment à cette adresse.

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Le Musée du Louvre © Jean-Christophe Benoist – Wikimedia Commons

Quatre axes d’action

En milieu de discours, la ministre a semblé se pencher sur un problème épineux : celui de la sous-fréquentation de nombreux musées, là où d’autres font figure de véritables rouleaux-compresseurs et dont les chiffres de fréquentation donnent le vertige (on pense au Louvre bien sûr, mais aussi à Orsay ou au Centre Pompidou). Des pistes seront donc réfléchies pour questionner la gestion des flux de visiteurs ou l’instauration de créneaux horaires afin de simplifier le « trafic » à l’intérieur des institutions. Réfléchies, seulement, malheureusement. Car si l’on parcours le discours de la ministre, on trouve beaucoup d’idées, beaucoup de pistes, beaucoup de thèmes… mais hélas bien peu de concret.

Enfin, certains musées peu connus devraient faire l’objet d’une valorisation plus soutenue afin d’aiguiller le public vers ces centres de culture plus modestes mais tout aussi importants. « Les questions que posent l’hyper ou, disons-le aussi, la sous-fréquentation de certains de nos musées doivent être abordées », a ainsi souligné Azoulay.

Le plan « Musées du XXIe siècle » devrait s’articuler autour de quatre fils conducteurs. Le musée éthique et citoyen, le musée protéiforme, le musée inclusif et collaboratif et enfin, le musée en tant qu’écosystème professionnel. Le premier tendrait à renforcer les liens sociaux. Le second entend mettre l’accent sur des expositions hors-les-murs et des manifestations en-dehors du cadre habituel des musées. Le troisième cherchera à recentrer les offres des institutions culturelles sur les attentes véritables du public. Enfin, le quatrième point s’arrêtera sur le rôle de toutes les personnes travaillant dans les musées et qu’on ne voit pas forcément.

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Musée d’Orsay © Sophie Boegly

Quid du numérique ?

La question du numérique s’est également invitée dans les débats. Les professionnels du domaine culturel seront, au même titre que le grand public, invités à se prononcer sur ce nouvel enjeu qui consiste à faire évoluer l’offre de médiation des musées à l’heure du tout-numérique. Comme le souligne Audrey Azoulay dans son discours, un français sur deux hésiterait à pousser la porte d’un musée.

Afin d’encourager ce public réticent, le numérique pourrait se révéler un formidable moyen d’attraction, en rendant plus simple et plus attirante la médiation dans les salles d’exposition, par des explications et des éclaircissements aussi ludiques que modernes.

Il ne reste maintenant plus qu’à attendre l’arrivée de l’automne pour jeter un œil sur les fruits qu’aura porté cette nouvelle opération.

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