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Un livre, une œuvre : John Martin peint les visions infernales de John Milton

Agathe Lautréamont 10 mai 2016

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Troisième épisode de notre série dédiée aux grandes œuvres littéraires qui ont inspiré les peintres ! Après Rodin fasciné par l’Enfer de Dante Alighieri et après avoir fêté les 400 ans de la disparition de William Shakespeare, direction le XIXe siècle britannique. En 1841, le peintre John Martin expose une toile dont le sujet est tiré d’un monument de la littérature de langue anglaise : Le Paradis Perdu, de John Milton. Coup de projecteur sur la toile « Le Pandémonium ».

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John Martin, Le Pandémonium, 1841

Ne partez pas en quête du terme de « Pandemonium » dans la langue anglaise avant 1667, il n’existait tout simplement pas. Ce néologisme, formé à partir du grec « pân » et « daímôn », signifie donc « Tous les démons » et a été inventé par le poète anglais John Milton (1608-1674) pour son poème épique et œuvre d’une vie : Le Paradis Perdu, publié en 1667 et suivi, cinq ans plus tard, par un second cycle : Le Paradis Retrouvé.

Dans l’œuvre de l’écrivain aveugle, Pandemonium désigne la capitale de l’Enfer, là où siège Satan et où ce dernier commande à ses sbires et troupes, dans l’optique de partir enfin en guerre contre Dieu.  C’est ce poème épique, rédigé en vers non-rimés, qui a définitivement permis d’asseoir la réputation de Milton comme l’un des plus grands écrivains anglais, à tel point que Le Paradis Perdu fut à de nombreuses reprises comparées à L’Enéide de Virgile.

(c) Kirklees Museums and Galleries; Supplied by The Public Catalogue Foundation

John Martin, Josué ordonnant au soleil de s’immobiliser au-dessus de Gibeon, 1816

Le peintre John Martin (1789-1854), homme lettré et nourri comme tous ces contemporains aux grands classiques anglais, a bien évidemment lu l’œuvre poétique de Milton. Issu d’un milieu social modeste, le père de Martin n’en est pas moins un personnage cultivé qui pousse son fils à suivre de bonnes études malgré des moyens financiers limités.

Tout au long de la carrière de peintre et de graveur de l’artiste Romantique, on retrouvera ces influences littéraires majeures, nourries également de sa connaissance des textes Bibliques et plus particulièrement de la lecture de l’Ancien Testament. C’est ainsi qu’à partir de 1811 (année à laquelle il envoie sa première toile à la Royale Academy) jusqu’à sa mort, ses œuvres puisant dans la peinture de paysage comme dans les influences du Romantisme qui déferle alors sur l’Europe évoquent des sujets tirés aussi bien dans les Saintes Écritures (Josué ordonnant au soleil de s’immobiliser au-dessus de Gibeon, 1816) que dans les grands classiques (Macbeth, tiré de la pièce du même nom de Shakespeare, 1820).

Au tournant des années 1820, John Martin semble avoir définitivement trouvé son style : il sera celui qui mettra en peinture et en gravure les plus célèbres œuvres littéraires de langue anglaise.

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John Martin, Le Barde, 1817

L’œuvre qui nous occupe, Le Pandémonium, est en quelque sorte le point d’orgue de la carrière de John Martin, et une représentation éloquente de son style qui lorgne du côté de la peinture d’histoire et de paysage. Dans certaines compositions, l’homme tient un rôle si négligeable qu’elles ne sont pas sans rappeler certaines œuvres de son contemporain (bien qu’ils ne se rencontrèrent jamais) Caspar David Friedrich.

John Martin jouissait d’une totale liberté d’interprétation pour exécuter sa toile, John Milton ne livrant que peu de descriptions de cette cité maudite s’élevant au fond des Enfers. Optant pour une composition apocalyptique aux relents de souffre, le peintre britannique livre une représentation effrayante des flammes de l’Enfer, tout en se permettant, peut-être, un coup d’œil sur l’histoire récente de son pays. En effet, l’architecture du Pandémonium n’est pas sans rappeler celle imaginée par l’architecte Charles Barry pour le futur Palais de Westminster, dont les deux Chambres ont été détruites par un incendie de grande ampleur quelques années plus tôt, en 1834.

À droite de la composition, casqué et portant une lourde hasta (la lance utilisée par les légions romaines), le Diable en personne préside à une assemblée de démons. Ou peut-être, comme le suggèrent les formations en contre-bas, est-il en train de rassembler ses troupes et les haranguer en vue d’un combat tout proche. La scène, à l’image du poème épique de John Milton, est empreinte de grandiloquence et de force. Il représente une atmosphère lourde et menaçante, dans une toile seulement éclairée par des sillons de lave, et par l’éclat de l’armement d’airain de Satan.

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