Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_cercle_2 RENÉ MAGRITTE

21/09/2016 > 23/01/2017

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 PICASSO – GIACOMETTI

04/10/2016 > 05/02/2017

Musée Picasso - PARIS

LA NEWSLETTER

Deux cents ans plus tard, la Grèce espère toujours récupérer les frises du Parthénon

Agathe Lautréamont 9 mai 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

La Grèce s’apprête à bientôt fêter un triste anniversaire : celle des deux cents ans de la récupération des frises en marbre du Parthénon par le British Museum. Depuis deux siècles, le pays ne désarme pas et espère bien  récupérer ces œuvres antiques, qu’elle voit comme un véritable trésor national. Cette date est donc l’occasion pour la Grèce de réactiver le processus de récupération, quitte à faire appel à la justice…

Détail des frises de marbre au British Museum © JTB Photos – Getty Images

Se tournera-t-elle finalement vers les instances judiciaires internationales ? Tandis que la Grèce s’apprête à commémorer les 200 ans de l’obtention des frises du Parthénon par le British Museum de Londres, le pays semble plus que jamais décidé à récupérer ce bien inestimable, qu’il estime s’être vu purement et simplement dérobé par la Grande-Bretagne.

Des acteurs politiques, mais également du milieu culturel, s’activent donc à se créer un important réseau de soutien ainsi qu’à constituer un solide dossier qui leur permettraient par la suite de porter l’affaire jusqu’aux plus hautes instances juridiques, à l’image des Nations Unies. L’organisation internationale représente en effet toutes les nations du monde, et si tous ces pays décident de déclarer que les frises doivent être rendues à la Grèce, cela signifie que le British Museum aura contre lui une opinion défavorable globale.

La Grèce, pour justifier cette énième tentative de retrouver ces œuvres, explique que l’affaire va au-delà d’un simple bien grec qu’elle considère comme spolié. Les frises du Parthénon appartiendraient à l’Humanité tout entière, et devraient de ce fait retrouver leur emplacement d’origine.

Top Europe Travel Destination: London

Les frises du Parthénon au British Museum © George Rose – Getty Images

Cependant, rien n’assure qu’une action en justice pourrait réussir. En effet, il n’existe pas véritablement de lois concernant le problème de restitution d’une œuvre à son pays d’origine, ce qui implique que la cour de justice ne pourra pas se fonder sur une base juridique solide. Pourtant, la Grèce s’impatiente. Cela fait deux cents ans maintenant que, le 7 juin 1816, le Parlement britannique votait l’acquisition des frises à celui qui les avait ôtées de leur support originel, Lord Elgin, explorateur écossais de son état et ambassadeur britannique auprès de l’Empire Ottoman.

À l’époque, elles furent achetées pour environ 35 000 livres sterling actuelles, à la condition qu’elles seraient perpétuellement exposées au British Museum. Cette date, en Grèce, est remémorée sous le nom d’« anniversaire noir ».

Top Europe Travel Destination: London

Les frises du Parthénon au British Museum © George Rose – Getty Images

Alexis Mantheakis, président du Comité d’Action pour les Sculptures du Parthénon, a expliqué au journal britannique The Guardian qu’il ne croit plus désormais qu’à l’usage de la pression pour obtenir gain de cause, et obtenir le retour des fameuses frises dans leurs pénates. Celui-ci s’appuie sur d’exhaustives recherches qui l’ont amené à considérer qu’en donnant l’ordre de décrocher les frises du Parthénon, Lord Elgin a abusé de son pouvoir en prenant une décision qui n’était pas de son ressort.

C’est sur cet abus de pouvoir (hélas vieux de deux siècles) que la Grèce pourrait éventuellement constituer un dossier pour réclamer le retour des sculptures. Aujourd’hui, les lois internationales ont évolué au point de reconnaître, comme part de la souveraineté d’un état, le droit à la propriété culturelle d’œuvres au poids historique et intellectuel important ; ce qui donne des espoirs à la Grèce de voir, un jour, les frises et le Parthénon enfin réunis. Pour ce faire, le pays a la possibilité de traîner la Grande-Bretagne devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Affaire à suivre.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE