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Des toiles d’un parrain de la mafia italienne exposées en Italie

Agathe Lautréamont 9 mai 2016

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C’est une initiative un peu particulière qui va se tenir au Palazzo della Cultura de Calabre. Plusieurs œuvres ayant appartenu à une figure de la mafia italienne, Gioacchino Campolo, feront l’objet d’une présentation au public en Italie.

mafia

Deux œuvres de la collection de Gioacchino Campolo © DR

C’est un véritable trésor, ayant appartenu à un célèbre hors-la-loi, qui va bientôt se trouver exposé au sein d’un musée italien. En tout et pour tout, une centaine de toiles de maîtres, parmi lesquelles on compte deux œuvres signées de la main du surréaliste Salvador Dalí, ont été confisquées par la justice italienne après l’arrestation de leur « propriétaire », Gioacchino Campolo, un mafieux qui a bâti sa mauvaise réputation et surtout sa fortune, dans le monde des casinos et des machines à sous.

C’est ainsi que le Palazzo della Cultura, en Calabre, va présenter un accrochage dont toutes les œuvres sont issues d’une collection montée par un boss de la mafia italienne. Et parmi les œuvres présentées au public, en plus des deux Dalí, on rencontre également deux Giorgio de Chirico, deux Antonio Ligabue, un Lucio Fontana et un Fausto Pirandello.

Blanchiment d’argent

Il y a encore six ans, cet ensemble exceptionnel d’œuvres allant de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine étaient encore dans l’escarcelle de Gioacchino Campolo, un malfaiteur bien connu des autorités italiennes. Celui-ci a été arrêté et condamné à seize ans de réclusion criminelle pour les faits d’association de malfaiteurs et extorsion. Aujourd’hui âgé de 77 ans, cette figure du grand banditisme italien avait bâti sa fortune via un vaste système de truquage de machines à sous.
Pendant des années, Campolo parvint à amasser des richesses considérables, à tel point que peut avant d’être arrêté, il se trouvait à la tête d’un véritable empire de 320 millions d’euros. Il possédait, en sus, diverses propriétés à Rome et à Paris. Cette exposition quelques peu surprenante désire avant tout agir à l’inverse de la mafia. Là où des malfaiteurs n’hésitent pas à voler et piller des biens culturels, les œuvres récupérées par les autorités ne seront pas mises sous clef et confinées dans des coffres. Au contraire, ce qui a été obtenu via des moyens frauduleux sera présenté au plus grand nombre.

Vingt-deux faux dans la collection

On le devine, l’achat de cette centaine de toiles de maîtres permettait à Gioacchino Campono de blanchir son argent, et ne reflètent en rien une volonté de se constituer une collection véritable. Si celui-ci pavoisait en se présentant comme un véritable amateur de Beaux-Arts, cet ensemble d’une valeur estimée à deux millions d’euros servait avant tout ses intérêts, dans tous les sens du terme. Pas de chance cependant, Campono n’avait manifestement pas l’œil : parmi ses cent tableaux, vingt-deux se sont révélés être des faux, après être passés sous l’œil attentif d’experts italiens en histoire de l’art.

Quoi qu’il en soit, avec cette exposition au Palazzo della Cultura, les œuvres (authentiques), permet de rendre aux citoyens italiens ces œuvres d’art. Ces dernières pénètrent désormais le patrimoine collectif, et se défont de leur lourd passé mafieux. Tout un symbole donc : l’accrochage est bien sûr artistique, mais se veut aussi une illustration de la justice et de la lutte contre la mafia qui gangrène toujours certaines régions d’Italie.

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