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Opéra, vidéo et art contemporain, l’expo visionnaire du Fonds Hélène et Édouard Leclerc

Jéremy Billault 7 mai 2016

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En Bretagne, à Landerneau, le Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture accueille la 3e scène de l’Opéra de Paris pour une exposition d’un nouveau genre. En présentant uniquement des vidéos (la 3e scène est la plateforme de création numérique de l’opéra), l’expo a dû penser un nouvel espace, un cocon agréable et original qui offre à la vidéo d’art contemporain un cadre idéal pour le visiteur. 

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Martin Argyroglo © FHEL 2016 © Opéra national de Paris

Il y avait Garnier, il y avait Bastille, aujourd’hui, il y a une troisième scène. Inutile de la chercher ici ou là, cette troisième scène, elle est partout. Et pour cause, elle est un projet novateur et ambitieux, une scène annexe, une plateforme de création exclusivement numérique et donc, par définition, accessible à tous.

L’idée de l’événement pouvait alors paraître paradoxale : exposer physiquement la quinzaine de vidéos créées pour la plateforme dans une scénographie adaptée, un temple du numérique qui serait idéal pour recevoir des œuvres créées pour le web. Pas question, donc, d’envisager une succession de salles consacrées à chaque film dans des conditions rarement idéales.

Le Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture a donc été débarrassé de son mobilier pour laisser place à un paysage inédit et profondément novateur : un espace tout en relief et tout en douceur, tapissé d’un revêtement duveteux du sol au plafond. Partout, là encore, au sol, sur les murs comme au plafond, des écrans de toutes les tailles diffusent le même film : on circule, on déambule, on s’assoit, on s’allonge, toujours entouré de l’atmosphère particulière de vidéos consacrées à l’opéra.

Car 3e Scène, c’est avant tout une manière différente d’entrer dans l’opéra. Les courts-métrages mis en ligne sur la plateforme explorent l’opéra avec les yeux d’artistes venus d’univers différents (Matthieu Amalric, Julien Prévieux ou encore Xavier Veilhan) et via des pratiques extrêmement variées : des techniciens aux danseurs étoiles, des décors somptueux aux endroits les plus secrets, les films se succèdent, nous touchent et rassemblent les publics. Car si l’opéra est évidemment au cœur de ces créations et de l’exposition, on a avant tout affaire à de l’art contemporain (certaines œuvres voyageront d’ailleurs dans des galeries et quelques foires à travers le monde).

Dans les sujets traités et dans la façon de faire, les films sont variés, parfois contemplatifs, parfois drôles et émouvants. Au cœur de l’atmosphère sombre de cet espace d’un nouveau genre, un danseur/ une danseuse improvise et compose avec l’ambiance créée par les écrans, les arts s’associent, dialoguent dans une mise en abîme onirique, un vrai moment de poésie.

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Martin Argyroglo © FHEL 2016 © Opéra national de Paris

De cette collaboration entre le Fonds Leclerc et la plateforme numérique de l’Opéra de Paris est peut-être née une forme promise à un bel avenir. L’architecture de l’espace de l’exposition totalement repensée est particulièrement adaptée à la vidéo, un format difficile à aborder dans les musées traditionnels. Chaque centimètre carré est confortable et donne une visibilité parfaite sur l’un des très nombreux écrans disposés un peu partout : on est à cheval entre le cinéma et l’installation, le temps passe vite, tout est fait pour que la patience et la concentration soient exacerbées. L’expo se présente finalement comme un vrai moment, un instant de poésie coupé du monde digne… de l’opéra.

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