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Pacifisme et pistolet noué : qui était le sculpteur Carl Reuterswärd ?

Agathe Lautréamont 6 mai 2016

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Si son nom est demeuré relativement discret, une de ses œuvres, elle, est devenue emblématique de son travail. La sculpture Non-violence est un plaidoyer en faveur de la paix dans le monde et une critique acerbe du recours à la haine. Focus sur le sculpteur Carl Reuterswärd, décédé le 3 mai dernier à l’âge de 81 ans.

Non-violence exposée à Malmö, en Suède © François-Polito – Wikimedia Commons

Devant le siège des Nations Unies, à New York, trône en bonne place une imposante sculpture de bronze. Nous la connaissons toutes et tous, nous avons tous au moins une fois croisé une photographie de cette œuvre intitulée Non-violence. Elle représente un révolver géant, un modèle Colt python 357 magnum. Un gros calibre, mais rendu inoffensif par la malice et l’engagement de l’artiste : son canon est fermement noué, plus aucune balle meurtrière ne pourra s’échapper du barillet.

Carl Fredrik Reuterswärd, né le 4 juin 1934 à Stockholm, en Suède, est mort le 3 mai dernier, à l’âge de 81 ans. Il avait réalisé cette œuvre après que son ami proche, John Lennon, a été assassiné par Mark David Chapman le soir du 8 décembre 1980, alors que le chanteur regagnait son domicile du côté de Central Park. Les deux artistes, le sculpteur et le musicien, partageaient leurs engagements contre la violence, et promouvaient l’idéal d’une paix universelle et durable. L’idée émane en vérité de la veuve de Lennon, Yoko Ono, qui sollicita le sculpteur pour réaliser une œuvre en sa mémoire.

Drago Prvulovic EPA

Carl Reuterswäld devant sa sculpture © Drago Prvulovic – EPA

Initialement, l’œuvre fut placée dans le Strawberry Field Memorial de Central Park, à New York, non loin de là où habitaient Yoko Ono et John Lennon. Puis, un peu moins d’une décennie plus tard en 1988, la sculpture fut finalement offerte aux Nations Unies. L’œuvre fut alors installée à l’extérieur des locaux de l’organisation internationale, sur un lieu de passage, afin que le plus grand nombre puisse l’admirer. À cette époque, c’était le lauréat du prix Nobel de la Paix Kofi Annan, qui était le secrétaire général des Nations Unies. Au moment de l’inauguration de la création de bronze, il prononça un discours :

« La sculpture Non-violence ne se contente pas de doter les Nations Unies d’une formidable œuvre d’art ; celle-ci contribue à enrichir notre humanité avec un symbole puissant qui incarne, avec quelques formes simples, le plus grand espoir de l’Homme : celui qui n’aspire pas à la victoire, mais à la paix. »

Aujourd’hui, la sculpture est si célèbre que l’on dénombre trente copies de Non-violence disséminées aux quatre coins du monde, de la Suisse à l’Afrique du Sud en passant par la Chine et la France. Pas moins de dix d’entre elles se trouvent uniquement sur le sol suédois, terre natale de Carl Fredrik Reuterswärd. Globe-trotter, l’artiste s’est établi dans divers pays au cours de sa carrière, mais passa une bonne partie de sa carrière dans la ville de Lausanne, en Suisse ; tandis que son rayonnement international ne se démentit pas au long de son existence.

wikimedia un

Non-violence devant le siège des Nations Unies © Wikimedia Commons

Lors de son séjour en France en 1951, il se lia d’amitié avec Fernand Léger avec qui il étudia, puis devint professeur de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Stockholm entre 1965 et 1969. En 1974, parti vivre aux États-Unis, il fut nommé enseignant à l’école d’art de Minneapolis, dans l’État du Minnesota. En 1986, Reuterswärd est décoré de la médaille Prince Eugen pour son travail en tant que peintre.

Depuis 1989 malheureusement, l’artiste se trouvait cloué dans une chaise-roulante suite à une attaque cérébrale. En partie paralysé, il apprit tout de même à se servir de sa main gauche pour continuer à créer des œuvres d’art. À ses heures perdues, l’artiste touche-à-tout était également poète, et laisse donc à la postérité une œuvre pluridisciplinaire, toujours portée sur des thèmes qui lui étaient chers : la paix et la compréhension entre les peuples.

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