Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_cercle_4 RENÉ MAGRITTE

21/09/2016 > 23/01/2017

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_5 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou - PARIS

LA NEWSLETTER

Tentacules, pickpocket et un âne : la folle programmation de la foire Frieze de New York

Agathe Lautréamont 6 mai 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Du 5 au 8 mai, la foire d’art contemporain Frieze Art Fair bat son plein sur la côte est des États-Unis. Tout le gratin de l’art de notre époque ainsi que les plus influentes galeries internationales se sont donné rendez-vous pour cet événement qui s’étire sur quatre jours. Explorons les allées de la foire, avec quelques découvertes pour le moins… surprenantes.

donkey adam reich for artsy

L’oeuvre de Maurizio Cattelan © Adam Reich for Artsy

Commençons, si vous le voulez bien, par la star incontestée de cette édition 2016 de la Frieze de new York. Non, ce n’est pas un grand nom de l’art contemporain dont les œuvres s’arrachent pour des millions dans les salles de vente. Non, ce n’est pas non plus une énième figure du show-business venu faire son shopping pour décorer son énième villa sur les hauteurs de Miami.

La star en question est placide, volontiers têtue comme le veut la légende, et arbore un magnifique crin fourni et d’un brun uni. Dans un box immaculé, éclairé par un magnifique lustre, un âne grignote du foin, indifférent au public qui se masse devant lui pour le photographier. L’installation, signée de l’artiste italien Maurizio Cattelan, attire tous les regards (même les défenseurs de la cause animale sont sur le coup !) et se veut un autoportrait grinçant et terriblement cynique.

Et comme si l’œuvre en elle-même ne suffisait pas à faire passer le message, son titre en rajoute une couche : « Enter at your own risk : do not touch, do not feed, no smoking, no photographs, no dogs, thank you » (ce qui nous donne : Entrez à vos risques et périls : ne pas toucher, ne pas donner à manger à l’animal, interdiction de fumer, pas de photos, interdit aux chiens, merci. »)

Toujours est-il que l’objectif est atteint : le petit âne est devenu la mascotte de la foire, et il semblerait que les visiteurs ne se soient pas vraiment souciés des injonctions données dans le titre de l’installation : les photographies du baudet se retrouvent par centaines sur le web à l’heure actuelle…

Frieze 2016 © Mireya Acierto – Getty Images

Pour revenir dans des thématiques un peu plus sérieuses, il est toujours possible de se rendre du côté de l’espace de la galerie Pippy Houldsworth, basée à Londres, qui expose des œuvres de l’artiste féministe Mary Kelly. L’œuvre la plus connue de l’américaine est sans contexte son installation intitulée « Post-partum Document », réalisée entre 1973 et 1979, qui explore et analyse la première année de vie de son enfant ; à travers des photographies, un journal intime et les bulletins de santé du nourrisson.

Travaillant principalement par séries, la créatrice étasunienne livre des œuvres à l’esthétique simple et épurée, mais qui ne se défont jamais d’un discours fort et engagé.

Depuis les années 1980, la créatrice centre en effet son travail sur l’analyse de l’image de la femme dans nos sociétés contemporaines, à travers les rôles qu’on lui accole traditionnellement (éternelle enfant, épouse, mère, gardienne du foyer…). Ses collages, installations et diverses réalisations témoignent de façon poignante et frappante des stéréotypes sexistes qui, encore aujourd’hui, desservent le sexe féminin.

Une oeuvre de Yayoi Kusama © Mireya Acierto – Getty Images

Pour continuer dans les initiatives surprenantes, mais cette fois dans le bon sens du terme, tournons-nous vers le travail de l’artiste David Horvitz. Habituellement, lorsque les visiteurs se rendent à une foire d’art contemporain, c’est dans l’optique de repartir avec une œuvre dans leur escarcelle. Horvitz lui, a décidé d’inverser le processus.

Pour ce faire, il a décidé d’embaucher pour toute la durée de l’événement newyorkais un pickpocket professionnel (ou, comme celui-ci préfère s’appeler, un « expert du tour de passe-passe »), qui aura la tâche d’aborder les promeneurs à travers toute la foire. Mais au lieu de leur subtiliser quelque chose, il devra au contraire, leur laisser un cadeau : une petite sculpture en métal de la main de David Horvitz, réalisée à mille exemplaires. Dans l’absolu, on ne peut pas vraiment parler de performance artistique, étant donné que personne ne peut la voir.

On salue cependant l’initiative d’avoir réalisé une opération qui a lieu dans un espace où tant de choses se passent en même temps, sans que l’on ne la réalise véritablement. Les visiteurs ne comprendront ce qui leur est arrivé au moment de rentrer chez eux, et de vider leur sac !

Et si les facéties de certains artistes exposés dans la foire vous laissent quelque peu de marbre, pas de problème, la programmation de la Frieze New York 2016 n’en reste pas moins riche et éclectique. Cette dernière a en effet tenu à sortir des sentiers battus et de proposer un éventail varié de la jeune création contemporaine venue bien sûr des États-Unis, mais aussi et surtout d’autres horizons.

L’Asie, l’Amérique Latine et l’Europe de l’est sont ainsi particulièrement représentés en termes de galeries influentes.  On en dénombre en effet pas moins de deux cents à avoir répondu présent pour cette édition de la foire !

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE