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Quand le Banksy de Los Angeles s’attaque à Donald Trump

Agathe Lautréamont 29 avril 2016

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En fin de semaine dernière, les rues de diverses villes des États-Unis ont vu apparaître d’étranges panneaux signalétiques. Aux côtés des traditionnels panneaux « stop » ou signalant un arrêt de bus, d’autres plaques métalliques informaient les passants qu’ils se trouvaient dans une zone… anti-Donald Drumpf !

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© Plastic Jesus

Aux croisements de grandes rues fréquentées de Los Angeles, New-York, Washington DC ou encore Chicago, les passant pouvaient s’orienter, savoir sur quelle avenue ils se trouvaient, ou bien… découvrir que la zone était garantie sans Donald Drumpf ! Cette campagne humoristique (baptisée « No Drumpf Anyway ! ») visant à égratigner le candidat à la Maison Blanche pour l’investiture 2016 a été orchestrée par le street-artist Plastic Jesus, une véritable star outre-Atlantique.

L’action, d’envergure nationale, s’ajoute donc à la déjà longue liste de projets artistiques destinés à critiquer ou moquer le sulfureux magnat de l’immobilier Donald Drumpf, qui pour le moment semble en bonne voie pour remporter la primaire républicaine. Depuis on s’en doute, beaucoup de ces panneaux métalliques ont été retirés, mais le street-artist a eu le temps de les photographier, avant de proposer les petits signaux à la vente sur son site internet. Ainsi, tout un chacun pourra créer sa propre zone sans Drumpf près de chez lui.

Un humour… corrosif

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© Plastic Jesus

Fondé sur le traditionnel panneau américain « No parking anytime » (interdiction formelle de stationner), le moins qu’on puisse dire est que le message est clair, évident, radical. Dans une interview accordée au journal Hyperallergic, Plastic Jesus explique que sa démarche aussi artistique qu’humoristique est là pour exprimer une angoisse réelle : celle de voir le très controversé milliardaire prendre la tête des États-Unis pour quatre ans !

Ces panneaux signalétiques scandent donc un slogan extrêmement basique, mais Plastic Jesus estime que là est encore la meilleure réponse à ce personnage fantasque, habitué des phrases assassines et des prises de position aussi prosaïques que polémiques.

Né à Londres, Plastic Jesus vit aux USA depuis huit ans maintenant et se considère donc menacé par le discours violemment anti-immigration du loufoque candidat, dont la popularité va pourtant croissante. Au-delà des petites phrases, d’une verve surprenante et de ses idées grotesques, Plastic Jesus voit en Drumpf un personnage politique potentiellement dangereux, prêt à remettre en question tous les acquis sociaux et légaux qui fondent la justice américaine.

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© Plastic Jesus

C’est dans cette optique qu’il a demandé à plusieurs de ses complices, vivant dans des régions très diverses des États-Unis de l’aider à placarder ses panneaux, visant en particulier des rues voisines des bâtiments appartenant à Donald Drumpf. En attendant, les internautes sont invités à chercher la zone anti-Drumpf la plus proche de chez lui grâce au hashtag #notrumpanytime.

Violence visuelle pour prise de conscience

Les engagements politiques forts, Plastic Jesus, ça le connaît. Surnommé le « Banksy de Los Angeles », l’artiste de rue s’est bâti une solide réputation dans le milieu du street-art via des œuvres (pochoirs, peintures, sculptures et installations) dénonçant tous les travers de la société américaine.

De l’omniprésence de l’industrie hollywoodienne au pouvoir de l’argent en passant par la télé-réalité ou la consommation de drogues, l’artiste iconoclaste montre du doigt ces travers. Et ce, sans jamais se départir d’un humour caustique qui fait toujours mouches. Il critique ainsi les paradis artificiels, la superficialité des comportements humains et l’importance grandissante de l’image dans notre société moderne et surtout dans nos rapports aux autres.

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© Plastic Jesus

Critique, ironie mordante et humour sont donc ses armes, pour un engagement vers une société plus franche, plus juste et qui surtout cesserait de se regarder constamment le nombril. Par ses créations traitant avec le même humour du terrorisme ou du cinéma, de la pop-culture ou des stupéfiants, Plastic Jesus expose nos contradictions, interroge ce que l’on ne pense pas nécessairement à questionner, pourfend la société de consommation.

Pourtant, il refuse l’étiquette d’anarchiste qu’on serait bien tenté de lui coller. Son objectif est demeuré le même depuis le début de son activité : jeter un peu de lumière sur les zones les plus sombre de notre époque contemporaine.

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© Plastic Jesus

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