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En images : au Grand Palais, les courbes pures de la céramique coréenne

Agathe Lautréamont 27 avril 2016

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Dans le cadre de la programmation culturelle de l’année France-Corée 2015-2016, l’institution de l’avenue Winston Churchill organise, jusqu’au 20 juin prochain, un parcours dédié à la célébration de l’artisanat coréen : La terre, le feu, l’esprit ; chefs-d’œuvre de la céramique coréenne. Grâce à une sélection stupéfiante  de centaines de pièces allant du Ve siècle après J-C à nos jours, savoir-faire ancestraux, idéaux esthétiques et philosophie asiatique se mêlent dans une exposition éblouissante.

Corée 8

Boîte à couvercle, céladon, XIIe – XIIIe siècle

Comme cherchant à instaurer une atmosphère propre à la méditation, la salle d’exposition du Grand Palais a été astucieusement plongée dans une pénombre de bon aloi. Des vitrines de belle envergure, parfaitement éclairées, permettent de détailler sous tous les angles les précieux artefacts qu’elles contiennent ; certains de véritables trésors généreusement prêtés par les musées nationaux de Corée. Blanche comme la pleine lune, verte comme le précieux jade, d’un bleu presque diaphane… bienvenue dans le monde subtile et raffiné de la céramique du Pays du Matin Calme.

Earth, Wind and Fire

Corée 4

Aiguière rituelle, céladon, XIIIe siècle

Organisé selon un parcours très classiquement chronologique, le dernier événement en date du Grand Palais entend cependant rappeler les fondements de cet artisanat asiatique. La terre, puisqu’elle représente le matériau élémentaire à cette pratique artistique ancestrale. Le feu, qui permet de cuire la matière utilisée pour créer l’œuvre. Et enfin l’esprit, prolongation essentielle à la main du créateur, et qui insuffle à la porcelaine une âme reproduisant les plus grands préceptes des philosophies et sagesses asiatiques.

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Bol à motif de fleur, porcelaine blanche, XVIe siècle

On le sait, les « arts du feu » (dont font également partie l’émaillage, la verrerie ou encore la métallurgie) sont pratiqués aux quatre coins du monde, mais aucune pratique comme la céramique ne représente aussi bien chaque caractéristique propre à une zone géographique donnée. Celle venue de Corée est un admirable emblème de tout un mode de vie, d’une longue série de codes moraux, de raffinements esthétiques et de pratiques religieuses. Et ce, que les pièces présentées au public soient âgées de 1500 ans ou créées il y a trois ans à peine.

Corée

Poterie en forme de canard, grès, Ve siècle

Fantasy

Que l’on croise des figures funéraires anthropomorphes (retrouvées dans des tombes afin de guider les âmes des morts vers l’Autre monde) ou des pièces de vaissellerie du quotidien, les œuvres les plus anciennes présentées dans le parcours offrent une vision d’ensemble des croyances coréennes, des rites funéraires et du soin stupéfiant accordé à chaque céramique. D’autres éléments, comme des vases, se font les miroirs des mœurs d’une époque et représentent de véritables pépites pour les archéologues qui peuvent ainsi espérer mieux comprendre les modes de vie de populations ayant existé il y a un peu moins de deux millénaires.

Corée 5

Coupe et support, céladon, XIIe siècle

Peu à peu, les objets destinés à un usage domestique et quotidien s’ornent de motifs délicats : formes géométriques entrelacées, détails renvoyant à la nature comme des gouttes d’eau ou des formes florales… Puis, de fil en aiguille, le visiteur se trouve face à des merveilles de céladon, ce coloris que l’on rencontre seulement en Extrême-Orient correspond en fait à l’ajout d’un glacis vert-gris ou bleuté sur toute la surface de la poterie.

Légèrement translucide, la glaçure donne à l’œuvre un relief sans-pareil et un brillant fascinant qui renforce l’aspect précieux de la pièce. Ce coloris si particulier s’obtient en ajoutant une petite quantité d’oxyde de fer dans la glaçure au moment de la cuisson. En Asie, la teinte est particulièrement appréciée puisqu’elle rappelle la couleur du jade, roche semi-précieuse très appréciée des cultures orientales.

Corée 12

Vase avec motif de dragon, buncheong, XVe siècle

In the stone

Culture ancestrale, reflet d’une classe sociale, utilité dans la vie de tous les jours… La culture coréenne  on l’a compris, est indissociable de la céramique. Si généralement on divise ces pièces en deux catégories (la porcelaine blanche et le céladon), le Pays du Matin Calme a mis au point une troisième branche, qui ne peut se classer dans aucune de ces deux catégories. Appelée le « buncheong », cette céramique se présente sous la forme de poteries en grès de couleur gris charbonneux, et dont l’engobe (le revêtement) est épais et de couleur blanche.

Véritable particularité de l’artisanat coréen, le buncheong est particulièrement représenté dans l’exposition du Grand Palais grâce à des pièces en tous points admirables, d’une finesse de réalisation éblouissante qui en dit long sur la dextérité des artisans. Malheureusement, cette troisième branche de la céramique ne fera pas long feu dans l’histoire coréenne puisqu’elle ne se rencontrera que sur une période de deux cents ans.

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Vase maebyong, céladon, XIIe – XIIIe siècle

Pourtant, cet art aura été marqué par une grande liberté dans les formes, les motifs et aussi par la délicatesse qui fit des objets en céramique des pièces très appréciés par la cour. Ainsi, en cinq étapes distinctes et dans une exposition d’une richesse surprenante et d’une beauté saisissante, le Grand Palais livre un hommage ravissant à la céramique coréenne et à ses secrets…

Photographies : Agathe Lautréamont

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