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Deux modèles, homme et femme, pour une seule Joconde ?

Agathe Lautréamont 26 avril 2016

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Elles vous avaient manqué ? Pas de panique ! Les théories sur la Joconde sont bel et bien de retour ! La dernière en date ? Une idée émanant d’un passionné d’art Italien Silvano Vinceti, clamant que deux modèles, homme et femme, ont servi pour réaliser le plus célèbre portrait de l’Histoire de l’art…

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Léonard de Vinci, La Joconde, 1503-1506 © Musée du Louvre

Silvano Vinceti est une figure immanquable du paysage italien. Écrivain à succès, apparaissant dans de nombreuses émissions de télévision, ce passionné d’Histoire de l’art s’est bâti au fil des années une solide réputation de vulgarisateur, mais surtout d’enquêteur dans le domaine des Beaux-Arts. On lui doit quelques coups d’éclat qui, malheureusement, se sont révélé des erreurs grossières. Ainsi, Vinceti pensait au début des années 2010 avoir identifié les restes du fameux peintre italien le Caravage.

Puis, il crut avoir décelé dans la pupille de Mona Lisa deux minuscules initiales « L.V. » tracées par le peintre Léonard de Vinci sur son tableau de plus célèbre, comme une signature. Le Musée du Louvre s’empressa de balayer l’information d’un revers de la main. Que penser, alors, de la dernière « révélation » de Silvano Vinceti, affirmant que l’inénarrable Joconde aurait été peinte à partir de deux modèles distincts, une femme bien sûr, mais surtout un homme…

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Léonard de Vinci, Saint Jean-Baptiste, vers 1513 © Musée du Louvre

Cela fait plusieurs années maintenant que l’auto-proclamé spécialiste de l’art affirme que Mona Lisa est un double-portrait, et qu’un personnage masculin aurait aidé à la réalisation de ce dernier. Or récemment, la science serait venue à la rescousse de l’intuition de Vinceti, puisque ces récentes analyses (exécutées à l’aide de la technologie infrarouge) lui auraient permis de faire de surprenantes découvertes cachées sous les différentes couches de peinture.

Des esquisses finalement effacées montreraient ainsi une Mona Lisa au visage étrangement mélancolique, triste, tandis qu’aucun sourire ne viendrait étirer ses minces lèvres. En comparant ces « repentirs » avec d’autres tableaux de la man de De Vinci, l’écrivain en serait arrivé à la conclusion suivante : l’élève et amant du maître florentin, Gian Giacomo Caprotti plus connu sous le surnom de Salai (petit diable, en italien), aurait également servi de modèle pour le visage le plus stupéfiant de l’Histoire de l’art.

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Léonard de Vinci, La Vierge aux rochers, vers 1484 © Musée du Louvre

On sait que le jeune Salai, dont la beauté était légendaire, à la limite de l’androgynie, a servi de modèle à Léonard de Vinci pour l’exécution de son Saint Jean-Baptiste (vers 1513), et on soupçonne également le bel apprenti d’avoir inspiré d’autres traits fins à son maître, comme les anges de La Vierge aux Rochers (également conservé au Musée du Louvre). Il n’en fallait pas plus pour que le chercheur italien s’enthousiasme, et affirme qu’en plus de Lisa Gherardini, Salai a bel et bien posé pour la Joconde.

Tout le problème hélas, est qu’en ce qui concerne Léonard de Vinci, il est rare d’avoir des certitudes. Le maître ne signait jamais ses œuvres, ne conservait que rarement les documents certifiant une commande… ce qui fait que, quand bien même nombre d’éléments peuvent faire pencher la balance du côté d’une théorie ou d’une autre, il est délicat d’affirmer les choses à 100%. C’est également le cas pour Lisa Gherardini, épouse d’un riche marchand de tissu florentin, Francesco del Giocondo. On est quasiment sûr de l’identité de la Joconde, sans en être pour autant parfaitement certain.

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Léonard de Vinci, La Vierge, l’enfant Jésus et Sainte Anne, entre 1503 et 1519 © Musée du Louvre

Bon, pourquoi pas. Après tout, on sait depuis longtemps que le maître de la Renaissance italienne appréciait le thème de l’androgynie dans son art, qu’il considérait comme une représentation de la beauté parfaite. Aussi, choisir Salai comme modèle pour nombre de ses tableaux (qui était également son amant) n’a rien d’étonnant, et entre en résonnance avec sa recherche constante de la beauté parfaite qui allierait autant des éléments masculins que féminins.

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