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Rome inaugure une fresque géante de 550 mètres le long du Tibre !

Agathe Lautréamont 25 avril 2016

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Désormais, la rive droite du Tibre (le fleuve qui serpente au milieu de la ville de Rome) affiche un nouveau visage. Le peintre et directeur artistique William Kentridge, en ce mois d’avril 2016, a été invité par la capitale italienne à réaliser une fresque géante qui viendrait orner la promenade piétonne le long du fleuve.

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La fresque le long du Tibre © Alberto Pizzou – Getty Images

Le saviez-vous ? Le 24 avril dernier, Rome était à la fête puisque la ville aux sept collines célébrait le 2769e anniversaire de sa fondation. Au programme : grand défilé historique en costumes, danses, banquets, spectacles pour petits et grands… Et bien sûr l’art, ou plus précisément le street-art, était également de la partie. L’artiste William Kentridge a achevé à cette occasion, le 21 avril dernier, une fresque géante le long du fleuve Tibre…

Intitulée « Triomphes et lamentations », l’œuvre monumentale s’étire sur près de 550 mètres (Miquel Barcelo peut aller se rhabiller !) et fête l’anniversaire de la fondation légendaire de Rome. La fresque de street-art représente une gigantesque procession  de plus de 80 personnages, tirés indifféremment de la mythologie latine à des figures marquantes du XXe siècle. Cette réalisation est aujourd’hui la plus grande œuvre jamais exécutée par l’artiste sud-africain.

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William Kentridge devant sa fresque  © Alberto Pizzou – Getty Images

Les personnages en eux-mêmes mesurent une dizaine de mètres de haut, et représentent les plus célèbres étapes (avérées ou légendaires) de la riche et tourmentée histoire de Rome. C’est ainsi que les promeneurs pourront démarrer la balade artistique en faisant connaissance avec les jumeaux Romulus et Remus pour la terminer avec Pier Paolo Pasolini, le célèbre réalisateur, écrivain et intellectuel qui fut assassiné non loin de Rome en 1975.

Au moment de dévoiler sa fresque, William Kentridge s’est justifié de ce mélange entre mythe et réalité, expliquant qu’il ne cherchait pas à réaliser une œuvre purement historique de Rome, préférant représenter des fragments significatifs qui pourront parler au public et aux visiteurs venus des quatre coins du monde.

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William Kentridge devant sa fresque  © Alberto Pizzou – Getty Images

Afin de réaliser ces sombres et imposantes silhouettes, Kentridge (soutenu financièrement par la galerie Marian Goodman) a fait appel à une technique bien connue dans le monde du street-art, le « graffiti inversé ». Le principe ? Choisissez un mur particulièrement noirci par la pollution. Appliquez sur ce dernier des pochoirs représentant vos motifs et avec l’aide d’un jet d’eau à haute pression, « creusez » dans la couche de pollution et de saleté afin de révéler la couleur blanche originale de la pierre.

Avec le temps, les personnages s’effaceront graduellement, tandis qu’une nouvelle couverture de pollution et de particules noirâtres reviendront se coller sur les rives du Tibre… Ainsi, d’ici cinq à six ans, il ne restera plus aucune trace de l’œuvre de l’artiste sud-africain. Mais n’est-ce pas là le principe du street-art ?

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William Kentridge devant sa fresque  © Alberto Pizzou – Getty Images

Cependant, la réalisation de la fresque aura demandé plus de temps que prévu. Kristin Jones, directrice de Tevereterno, une association à but non-lucratif qui promeut la valorisation et la protection des rives piétonnes du Tibre, explique que l’idée a germé dans son esprit et dans celui de Kentridge il y a presque dix ans ! Mais il aura fallu beaucoup de temps afin de convaincre la mairie de Rome et les autorités régionales. Mais après de nombreuses tractations, le projet a pu finalement voir le jour. Et pour ceux qui seraient intéressés de découvrir le travail antérieur à l’exécution de la fresque, les dessins préparatoires et projets exécutés par Kentridge seront exposés pendant quelques semaines au sein du Musée d’Art Contemporain de Rome…

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