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Au Guggenheim Bilbao, l’École de Paris est une fête !

Agathe Lautréamont 22 avril 2016

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Jusqu’au 23 octobre prochain, le musée Guggenheim de Bilbao présente un ensemble d’œuvres saisissant, peintures et sculptures, exécutées par les plus prestigieux noms de l’art moderne. De Pablo Picasso à Fernand Léger, de 1900 à 1945, du cubisme au surréalisme, l’institution espagnole rend hommage à un demi-siècle de folle créativité et de bouleversements des codes artistiques. Visite d’un accrochage absolument époustouflant : Panoramas de la ville : l’École de Paris.

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Pablo Picasso, Mandoline et guitare, 1924 © Sucesión Pablo Picasso

Attention, exposition ahurissante ! Ce ne serait pas exagéré d’affirmer ici que l’on a rarement vu autant de magnifiques œuvres d’art modernes réunies dans une seule et même exposition. C’est cela, la collection Guggenheim : un goût certain, un attrait pour le chef-d’œuvre, une exigence constante. Et l’exposition qui s’ouvre ce printemps à Bilbao en est la parfaite illustration. Dans un  parcours composé de trois salles, l’institution espagnole se propose d’explorer et approfondir la question des mutations majeures qu’imposa le modernisme au monde de l’art.  La première étape du parcours est dédiée au cubisme, quand bien même l’œuvre qui nous accueille est-elle Le moulin de la Galette, exécutée par Pablo Picasso en 1900.

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Amedeo Modigliani, Nu, 1917 © Guggenheim New York

Très vite, on entre dans le vif du sujet, avec deux Georges Braque côtoyant un autre Picasso (Bouteilles et verres, vers 1911). Les deux artistes s’amusèrent pendant un temps à exploiter les mêmes palettes ternes, neutres voire sombres et rapprochaient parfois tant leurs styles respectifs qu’il devenait délicat de dire qui avait peint quoi (les deux peintres, facétieux, poussèrent le vice jusqu’à ne plus signer ces œuvres-là, afin d’augmenter la confusion). La nature même de la représentation, sous l’impulsion du duo Braque-Picasso, a connu là son plus grand chamboulement. Décomposition, formes difficilement reconnaissables, géométrie hypnotisante… La révolution est bien là.

L’espace fragmenté

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Georges Braque, Violon et palette, 1909 © Guggenheim New York

Entre 1910 et 1920, l’esthétique cubiste semble vouloir pour de bon s’entériner tandis que ce style pictural reconnaissable entre tous attire de plus en plus les peintres établis à Paris. Comme une quête de l’abstraction, comme une volonté de représenter d’un œil neuf une époque qui se réinvente (secouée par des bouleversements technologiques, économiques mais aussi hélas, politiques…), les artistes de l’École parisienne produisent des oeuvres également innovantes et surprenantes.

Au début du XXe siècle, Paris est encore une capitale internationale, cosmopolite et attractive qui pousse nombre de créateurs de tous horizons à désirer s’y établir. Bouillonnante, comme en réponse à ses modifications d’ordre urbaniste, la littérature et les arts se réinventent, mutent, se fondent en des formes absolument inédites. Des artistes comme Robert Delaunay ressentiront en ce sens une fascination non-dissimulée pour la tour Eiffel construite à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889.

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Robert Delaunay, La tour rouge, 1911-1912 © Guggenheim New York

Deux toiles de la main du peintre, exécutées entre 1911 et 1914, témoignent de cette attirance esthétique pour la Dame de Fer. Ses poutrelles, ses quatre pieds sur lesquels elle repose se mêlent avec la fragmentation délibérée de l’espace tel que le voit Delaunay ; dans une conception qui tient de la mosaïque ou du kaléidoscope.

Le surréalisme

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Joan Miró, Paysage (Le lièvre), 1927 © Successió Miró

La Première Guerre Mondiale est passée. L’Europe et la France pansent leurs plaies et Paris redevient le centre culturel qu’elle était déjà avant l’éclatement du terrible conflit. Puis arrive l’année 1924, l’écrivain André Breton rédige son  Manifeste du Surréalisme. Les peintres, eux aussi fascinés par l’indicible, la puissance de l’imaginaire et la création automatique, lui emboîtent le pas. Dans cette dernière technique (dite de l’automatisme en dessin), s’illustreront tout particulièrement les peintres Jean Arp et surtout Joan Miró ; ce dernier étant admirablement représenté dans l’exposition par l’œuvre Paysage (aussi appelée Le lièvre), réalisée à l’automne 1927.

À quelques pas, magnifiquement éclairée afin d’en révéler les jeux d’ombres, une sculpture d’Alexander Calder reprend, avec naïveté et originalité, le mythe fondateur de Rome, Romulus et Remus, réalisée en 1928. Dans cette troisième et ultime étape du parcours proposé par le Guggenheim Bilbao, Vassily Kandinsky fait face Fernand Léger et se mesure à Max Ernst ; dans une symphonie de formes magnétisantes et de couleurs si vives qu’elles en donnent le vertige.

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