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Entre sculpture et photographie, huit artistes modernes au musée Rodin

Jéremy Billault 19 avril 2016

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Jusqu’au 17 juillet prochain, le musée Rodin propose une nouvelle lecture de la pratique de la sculpture en accueillant les œuvres de huit artistes, concentrées sur la variété des rapports que peuvent entretenir la sculpture et la photographie. Que l’une témoigne de l’autre, qu’elle permette sa création ou qu’elle s’y soustraie, les deux pratiques se rejoignent dans un dialogue rafraîchissant au cœur d’un musée qui a retrouvé toute sa splendeur. 

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Gordon Matta-Clark, Office Baroque, Anvers, 1977

S’il a rouvert ses portes en novembre dernier, le musée Rodin retrouve pleinement ses capacités charmantes et charmeuses avec les beaux jours : les jardins, le parcours extérieur et les grandes baies vitrées accueillent à merveille les rayons du soleil et la végétation florissante. Pour satisfaire pleinement les amateurs qui, personne n’en doute, plébisciteront l’hôtel Biron, le musée présente conjointement les œuvres de huit artistes de la fin du XXème siècle dernier dans une exposition pleine de rebondissements et de remises en questions.
Après la ré-ouverture du musée, c’est vers une ouverture (tout court) que le musée Rodin a voulu s’orienter : l’ouverture de la sculpture à la photographie dans une approche moderne, un rapport d’imbrication, l’une dans l’autre.

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Dieter Appelt, Aus der SequenzEzra Pound(De la séquence Ezra Pound), 1981 © Galerie Françoise Paviot, Paris

Pour explorer ce sujet vaste, le commissaire Michel Frizot a décidé de convoquer huit artistes issus des premiers balbutiements du land art et de la sculpture agissante, de la sculpture action, dont la photographie est le témoin. Parmi ces artistes, certains explorent, inventent et réinventent la nature, l’architecture, le paysage ou même le corps humain. On pense à la Géométrie dans les mains  de Giuseppe Penone (qu’on retrouve également dans le parcours d’art contemporain du domaine de Chaumont-sur-Loire), photographies négatives d’un objet lumineux tenu entre deux mains qui, plus tard, deviendront des sculptures monumentales ou encore aux œuvres de Richard Long, sculptures éphémères destinées à rester sur leur lieu de création dont seules témoignent les photographies.

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 Markus Raetz, Métamorphose II, 1992

Mais l’exposition Entre sculpture et photographie explore d’autres horizons, des rapports direct de complémentarité entre deux pratiques qui s’enrichissent mutuellement. Le plus impressionnant, dans cet optique, est probablement le travail de Gordon Matta-Clark. A défaut de créer ou de fabriquer, lui préfère retirer : dans une cloison, un immeuble abandonné ou à même le sol, il découpe, retire, enlève pour aboutir par le retrait, à une forme de sculpture. Matta-Clark a même été jusqu’à séparer une maison entière en deux parties, de bas en haut. Le travail photographique qui survient ensuite explore la profondeur, la lumière et  la perception des murs découpés, des abysses formés par des trous au sol, sur plusieurs étages. Pour boucler la boucle, l’artiste expose certaines sections qu’il a découpées, ce qui jadis, remplissait l’espace désormais vide présent sur la photo. Dans une autre mesure, moins monumentale, d’autres artistes jouent sur les formes (en réinterprétant des carcasses de voitures) ou sur les sens (Mac Adams, Markus Raetz et leurs trompe-l’œil) et questionnent l’expérience parfois radicalement opposée de la sculpture et de la photographie. De quoi s’interroger, contempler… et réfléchir.

ENTRE SCULPTURE ET PHOTOGRAPHIE

12/04/2016 > 17/07/2016

Musée Rodin - Paris

PARIS

A la suite de l’exposition Mapplethorpe-Rodin et en écho à la place singulière qu’occupa la photographie dans le travail de sculpteur...

Exposition terminée
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