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Amadeo de Souza-Cardoso au Grand Palais : à la croisée des courants

Agathe Lautréamont 19 avril 2016

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Précurseur de l’art moderne, peintre, caricaturiste, provocateur, original… Les qualificatifs ne manquent pas pour tenter de brosser un portrait fidèle de l’artiste portugais Amadeo de Souza-Cardoso (1887-1918), à cheval sur tant de courants artistiques qu’il en devient inclassable et presque déboussolant. Le Grand Palais dédie jusqu’au 18 juillet prochain un grand accrochage à ce peintre quelque peu oublié, ami de Brancusi, des Delaunay et surtout d’Amedeo Modigliani

BD Lévriers

Amadeo de Souza-Cardoso, Lévriers, vers 1911 © Lisbonne, CAM

La carrière d’Amadeo de Souza-Cardoso pourrait être comparée à une étoile filante. Intensément brillante, mais terriblement brève. Comme si tout, dans son existence, devait être marqué du sceau de la rapidité. Mort à 31 ans de l’épidémie de grippe espagnole qui sévissait dans la péninsule ibérique après la Première Guerre Mondiale,  de Souza-Cardoso n’a commencé à peindre que dix ans avant sa disparition.

Pourtant, en l’espace de quelques années, il légua à la postérité une grande quantité d’œuvres, polymorphes et stupéfiantes, allant de la peinture à l’huile au dessin en passant par le collage. Vibrant de talent, toujours à l’œuvre, rien d’étonnant à ce que ce peintre portugais soit devenu très rapidement une figure incontournable de l’avant-garde parisienne et ce, dès son installation dans le quinzième arrondissement de Paris en 1908.

Pour l’anecdote, Amadeo de Souza-Cardoso a déjà été exposé au sein du Grand Palais, par le passé. Très précisément en 1912, dans le cadre du Salon d’Automne où sa toile « Avant la Corrida » fait sensation. Un peu plus d’un siècle plus tard, la boucle est bouclée : l’institution rend hommage et remet en lumière un artiste qui est aujourd’hui méconnu hors des frontières de son pays d’origine.

BD Procession

Amadeo de Souza-Cardoso, Procession Corpus Christi, 1913 © Lisbonne, CAM

À la différence de beaucoup de ses contemporains, de Souza-Cardoso est issu d’un milieu social relativement élevé, ce qui lui permet de poser ses valises dans le milieu artistique parisien en jouissant d’une situation financière confortable. Il pourra donc produire son art sans avoir le couteau sous la gorge,  sans se soucier constamment de la question pernicieuse de l’argent qui, pour beaucoup trop de grands talents, demeura un réel problème au fil de leur carrière.

C’est à cette même époque qu’il va faire les deux grandes rencontres de sa vie : le sculpteur roumain Constantin Brancusi et le peintre Amedeo Modigliani. D’un caractère naturellement social et volontiers expansif, Amadeo ne tarda pas à lier avec de nombreuses personnalités artistiques, des relations qui se ressentent d’ailleurs pleinement dans sa pratique de la peinture. Refusant de se laisser catégoriser, l’artiste portugais mit un point d’honneur toute sa vie à ne jamais se réclamer du moindre courant, préférant naviguer de l’un à l’autre, au gré de ses inspirations ou de ses fructueuses rencontres.

Amadeo de Souza-Cardoso, Tableau G, vers 1912 © Lisbonne, CAM

N’hésitant pas à affirmer haut et fort ses positions parfois drastiques, il expliquait que pour lui, les écoles étaient mortes et que les nouvelles générations (dont il faisait partie) étaient amenées à travailler sur l’originalité seule. D’où ses expérimentations incessantes, ses toiles cubistes, empruntant à tous les courants ayant pu traverser le début du XXe siècle.

On retiendra tout particulièrement une étape courte, mais passionnante de l’accrochage, dédiée à la représentation du corps de la femme par le peintre portugais. En 1910, alors que l’amitié entre Amadeo et Amedeo (Modigliani) est à son zénith, l’artiste mise à l’honneur au Grand Palais s’attelle  à la réalisation de toute une série de dessins dédiés au corps féminin. Alors que l’artiste ne cachait pas l’influence que « Modi » pouvait avoir sur son travail, il s’en détache pourtant sensiblement dans cette fascinante étape de sa carrière. Pleines de vies, constamment en mouvement, incroyablement légères, les femmes de Souza-Cardoso sont toutes en rondeur, lancent des regards gourmands et avenants au visiteur de l’exposition.

Amadeo de Souza-Cardoso, La détente du cerf, vers 1912 © Lisbonne, CAM

On est très loin des visages de marbres et aux yeux clairs venus tout droit de la Grèce Antique comme les affectionne Modigliani. Amadeo de Souza-Cardoso est donc de ces peintres inclassables, à l’originalité fascinante, revendiquée et cultivée pendant sa courte, mais prolifique existence. L’exposition du Grand Palais, d’une incroyable richesse, rend hommage à une figure artistique atypique qu’il est urgent de redécouvrir.

AMADEO DE SOUZA-CARDOSO

20/04/2016 > 18/07/2016

Galeries nationales du Grand Palais

PARIS

Amadeo de Souza-Cardoso est un artiste aux multiples facettes dont l’oeuvre se situe à la croisée de tous les courants artistiques du XX...

Exposition terminée
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