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L’Académie des Beaux-Arts accueille trois photographes dans ses rangs

Agathe Lautréamont 14 avril 2016

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Deux français et un brésilien vont désormais siéger sous les ors de l’Académie des Beaux-Arts ! Mercredi 13 avril dernier, la prestigieuse institution s’est dotée de trois nouveaux membres, et non des moindres, puis tous célèbres photographes. Un trio de grands artistes, qui viennent donc s’ajouter au seul membre maniant la pellicule de l’Académie : Yann Arthus-Bertrand.

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Arthus-Bertrand, Salgado, Gaumy et Barbey, à Paris © F. Guillot – AFP

Commençons par une petite précision si vous le voulez bien.  L’Académie des Beaux-Arts, dont les rangs ont donc été grossis de trois nouvelles figures influentes, fait partie des cinq branches qui constituent ce grand ensemble appelé l’Institut de France. Les quatre autres doigts de la main sont l’Académie des Sciences, l’Académie des inscriptions et Belles-Lettres, l’Académie des sciences morales et politiques et enfin, probablement la plus célèbre de toutes, l’Académie française. Quant à l’Académie des Beaux-Arts en elle-même, elle se subdivise en plusieurs catégories distinctes, selon l’art pratiqué par ses membres.

La section de photographie est une nouvelle arrivée, puisqu’elle a été créée il y a tout juste dix ans, en 2006, donc. L’idée émana de deux grands noms du papier glacé : Yann Arthus-Bertrand et Lucien Clergue, qui a récemment été mis à l’honneur par une belle rétrospective au Grand Palais. Malheureusement, depuis novembre 2014, Arthus-Bertrand, célèbre pour ses images prises du ciel, était le seul membre de cette branche, suite au décès de Clergue. Mais depuis hier, l’Académie s’enrichit de trois nouveaux grands personnages de l’image, tous trois élus en séance plénière : Sebastião Salgado, Bruno Barbey et Jean Gaumy.

Sebastião Salgado

salgado genesis 2014

Salgado, Genesis, 2014 © Sebastião Salgado

Né à Aimorés (dans l’est du Brésil) en 1944, Sebastião Salgado fait partie de ces voyageurs infatigables, et tire son énergie et sa passion des paysages et des forces de la nature. Il se lance dans la photographie en 1973, en complet autodidacte. Très vite repéré pour son grand talent, il ne tarde pas à être recruté par de prestigieuses agences de presse et travaille successivement pour Sygma, Gamma puis Magnum, chez qui il restera jusqu’en 1994. À cette même date, il crée sa propre agence, Amazonas Images, avec sa compagne.

Salgado a publié nombre d’ouvrages de photos très célèbres, à l’image de « Autres Amériques » publié en 1986, fruit d’un travail de sept années. Puis, en 1993, parait « La main de l’homme », qui rassemble de nombreux clichés pris pendant six ans dans 26 pays différents. Évoquons également l’ouvrage « Genesis », paru chez Taschen en 2014.  Il a tout récemment été mis à l’honneur par Reporter Sans Frontières, qui a fait paraître dans son numéro du printemps 2016 une sélection de 100 de ses photos pour la liberté de la presse.

Jean Gaumy

Gaumy, Femmes iraniennes, 1986 © Jean Gaumy

Né à Royan en 1948, c’est grâce à Raymond Depardon, grand ami, que Jean Gaumy entre dans l’agence Gamma dès 1973. Le photographe, qui travaille principalement en noir et blanc, se fait d’abord connaître en réalisant de très nombreux reportages dans des milieux obscurs, volontiers cachés, dans l’optique de révéler au monde certaines choses qu’on refuse volontairement de voir : le domaine carcéral et le milieu hospitalier. Les criminels et la maladie, le danger et la mort.

En 1986, il se rend au Moyen-Orient afin de couvrir la guerre Iran-Irak ; et c’est à cette occasion qu’il prend la photo célèbre de ces femmes iraniennes en abaya noir, s’exerçant à tirer au pistolet. Il voyagera par la suite en Afrique et en Amérique. Au cours de sa carrière, il est lauréat à deux reprises du convoité Prix Nadar (en 2002 et 2010), récompensant son travail et les ouvrages qu’il a publié. Jean Gaumy est également réalisateur, il est à l’origine de nombreux films.

Bruno Barbey

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Barbey, Manifestations de Mai 68 © Bruno Barbey

Ne dites surtout pas à Bruno Barbey qu’il est un photographe de guerre, il vous rétorquerait immédiatement que ce n’est pas le cas ! Et pourtant… Un seul coup d’œil au CV de ce grand reporter confirme ce que l’on pensait. Barbey passa de nombreuses années de sa vie à couvrir différents conflits à travers le globe et qui ensanglantèrent tout le XXe siècle.

De la guerre des Six jours en 1967 à la Guerre du Vietnam en passant par des pays comme le Nigéria, l’Irak ou la guerre du Golfe, Barbey a rapporté de ces événements tragiques de nombreux clichés passés à la postérité. On lui doit également de nombreuses images célèbres prises au cours de bouleversements majeurs comme la Révolution culturelle chinoise, les manifestations en France lors de Mai 68 ou encore l’essor du mouvement Solidarnosc (avec à sa tête Lech Wałęsa) en Pologne. Il a récemment été mis à l’honneur par la Maison Européenne de la Photographie, à Paris.

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