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Corseterie et crinolines : le sous-vêtement dévoilé au Victoria and Albert Museum !

Agathe Lautréamont 14 avril 2016

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Dans une exposition magnifique comme il en a le secret, le V&A de Londres ouvre cette semaine un événement qui se propose d’explorer les relations intimes nouées entre le sous-vêtement et la mode. Comment un vêtement pensé pour être caché est-il influencé par les tendances d’une époque ? Comment a-t-il façonné les silhouettes au fil des siècles ? Un parcours qui promet d’être passionnant entre mode, féminité et moralité…

Un corset XIXe exposé dans le parcours © Victoria & Albert Museum

Que l’événement du musée londonien présente des culottes, des caleçons, des corsets, des gaines ou des jupons, l’utilisé de ces pièces d’habillement demeure sensiblement la même depuis près de 250 ans : protéger, affirmer ou suggérer notre corps. Et ce, même si le rapport des hommes et des femmes (enfin, surtout des femmes, n’ayons pas peur de le dire) a été des plus complexes vis-à-vis du sous-vêtement ; dont on lie souvent l’image avec la thématique de l’enfermement (surtout avec le mal-aimé corset) ou au contraire de la soudaine libération (l’abandon du soutien-gorge par les femmes après la Seconde Guerre Mondiale).

Le nouvel accrochage du Victoria and Albert Museum : « Undressed : A Brief History of Underwear » (que l’on pourrait traduire par « Déshabillé : une brève histoire du sous-vêtement ») cherche à explorer cette thématique surprenante, et pourtant essentielle dans notre habillement de tous les jours. Les raisons pour lesquelles nous portons des sous-vêtements ont en elles-mêmes peu évolué. Ce qui intéresse donc l’institution britannique, ce sont surtout l’importance que l’on accordait à cette pièce d’habillage, son apparence et les techniques utilisées pour le concevoir et le rendre plus ou moins confortable ou contraignant selon les époques, le sexe de son porteur, mais aussi sa classe sociale.

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Deux pièces présentées dans le parcours © Victoria & Albert Museum

Du corset baleiné aux dernières collections de lingerie de luxe, de la figure de la Reine Victoria (qui donna son nom à une forme particulière de corset, le « corset victorien ») à celles de starlettes de notre temps comme Kate Moss, de l’invention du soutien-gorge à la guerre ouverte faite à ce vêtement durant Mai 68, le parcours explore deux siècles et demi de sous-vêtements, 2050 ans de rapports complexes avec le corps humain et la manière de le dévoiler ou au contraire, de le cacher.

Si l’exposition du Victoria & Albert Museum interroge les deux sexes, masculin et féminin, on notera cependant que la grande majorité des deux cents objets présentés pour l’occasion concernent, on s’en doute, la femme ; qui tout au long de son histoire a connu les oppressions en tout genre, et en particulier concernant son propre corps.

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La reine Victoria photographiée à l’occasion de son jubilé de diamant, en 1897

D’ailleurs, on remarquera que les pièces exposées ont aussi été créées majoritairement par des membres de la gent féminine. On notera cependant que quelques créatrices se sont attelées, dès l’après-guerre, à dessiner des pièces de sous-vêtement destinées aux hommes ! Par exemple, la célèbre Vivienne Westwood fut la première couturière à concevoir des collants pensés pour les hommes. Une étape de l’accrochage s’attarde également sur l’invention de la… bande élastique, et l’invention des matières extensibles (comme le lycra). Ces dernières conceptions vont littéralement révolutionner le sous-vêtement qui passe d’un élément contraignant à une véritable affirmation de souplesse et de liberté.

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Une crinoline et sa forme en faux-cul XIXe © Victoria & Albert Museum

Et comment, bien sûr, ne pas s’attarder sur l’invention du soutien-gorge, vêtement breveté dès 1914 par son inventrice, l’américaine Mary Phelps Jacob plus connue sous le pseudonyme de Caresse Crosby. On sait que « l’invention » à proprement parler ne date pas d’hier, étant donné que les femmes de l’Égypte antique et de la Crète portaient un vêtement similaire, tandis que les romaines revêtaient une pièce de tissu appelée « scrophium », qui recouvrait sommairement leur poitrine.

Cette invention signa définitivement la fin du corset, même si ce dernier opère un timide retour sur le devant de la scène, via des figures comme la danseuse de cabaret et mannequin Dita von Teese. Entre féminité, interrogation des questions de genre, parcours historique et analyses sociologiques, la nouvelle exposition du Victoria & Albert Museum promet encore une fois d’attirer les foules !

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