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Océans, voyages et terres inconnues : le mythe de l’explorateur aux Archives Nationales

Agathe Lautréamont 13 avril 2016

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Jusqu’au 19 septembre prochain, l’Hôtel de Soubise et les Archives Nationales dédient leur nouvel accrochage à une figure mythique, qui a nourri l’imaginaire des artistes, des romanciers et fait les gros titres des journaux : l’explorateur. Entre légende et réalité, enquêtes et découvertes, visite d’une exposition qui dépoussière l’imaginaire et rétablit quelques vérités bienvenues…

La carte et le territoire

Expédition Hyacinthe de Bougainville. Journal nautique de L’Espérance, n°4 © Fonds Bougainville

Au départ, une idée bienvenue. Pascal Riviale, commissaire de l’exposition et historien, souhaitait organiser un grand accrochage qui viendrait interroger, puis tordre le cou à quelques idées reçues sur la figure de l’explorateur. Un mythe à la vie dure nous le présente en effet comme un héros solitaire, bravant les dangers et les tempêtes armé de son seul courage avant de découvrir des temples fabuleux perdus dans des contrées lointaines et oubliées de tous. Une image d’Épinal à la Indiana Jones donc, entérinée par l’art puis à notre époque moderne par le cinéma.

Cependant, si l’on se penche un tant soit peu sur la vérité, on découvre une réalité bien moins exotique et qui suscitera bien moins de rêves… C’est ce que tend à démontrer la première partie de cette exposition passionnante divisée en trois temps. À l’aide de nombreux documents tous datés entre 1800 et 1960, mais aussi grâce à des prêts octroyés par les musées des Arts et Métiers et du Quai Branly, le visiteur comprend bien vite que toutes les plus grandes explorations et découvertes autour du globe sont très rarement, voire jamais, le fait d’un seul et unique personnage.

Si la légende populaire porte au pinacle des noms comme ceux de James Cook ou Bougainville, c’est malheureusement pour mieux laisser dans leur ombre écrasante toutes les « petites mains » sans lesquelles de tels voyages ne sauraient voir le jour.

Et quand le vent soufflera, je repartira

Dossier Maget. Album de photographies réalisées au Japon, coloriées à la main, 1882 © Archives Nationales

Cartes, carnets de notes, cahiers de croquis, photographies et correspondance jalonnent un parcours dédié au voyage, loin de l’image idyllique qu’on lui accole souvent, pour mieux illustrer les dangers et les enjeux (politiques, économiques, colonialistes…) qui en dépendent. Certaines lettres témoignent des difficultés parfois impressionnantes qui se dressent face à un explorateur pour parvenir à glaner un soutien financier.

L’argent étant le nerf de la guerre, sans monnaie sonnante et trébuchante, pas de voyage à l’autre bout du monde. On notera ainsi la présence d’une émouvante lettre du peintre Paul Gauguin adressée à la direction des Beaux-Arts, réclamant un financement pour mener à bien une « mission artistique » à Tahiti (on sait que l’artiste finira par partir dans ces îles avant de se rendre aux îles Marquises). Dans le sillage de l’explorateur, vient également une armée de personnages aussi variés que des ethnologues, paléontologues, chercheurs de tout poil et scientifiques en devenir prêts à traverser les océans au nom de leur domaine d’investigation.

C’est à ces hommes et femmes que l’on doit aujourd’hui les très riches collections d’institutions comme le Muséum National d’Histoire Naturelle. Il convient également de ne pas oublier l’armada d’assistants, guides et autres interprètes qui permettront au voyageur de ne pas se perdre sur ces terres inconnues, et pourquoi pas d’établir des relations diplomatiques et commerciales avec les populations autochtones à la rencontre desquelles il est parti.

Supplément au voyage de Bougainville

Expédition Congo-Nil du commandant Marchand, 1896-1898 © Archives Nationales

L’ultime étape du parcours des Archives Nationales s’attarde sur un point clé de tout voyage qui se respecte : le moment du retour dans ses pénates. Que la mission ait été un succès ou non,  l’explorateur se doit de veiller à l’image qu’il va transmettre dans son pays, rendre des comptes sur les fruits glanés au fil de son voyage et enfin à défendre son bilan (une stratégie de communication bien rodée, comme on dirait de nos jours…)

Et c’est précisément au moment du retour que le mythe peut se mettre en marche, souvent de l’initiative de l’explorateur lui-même, ou alors de son équipage si celui-ci a le malheur de disparaître en pleine mission. Si certains voyageurs se montreront honnêtes jusqu’au bout et rapporterons de leur expédition des faits, rien que des faits, d’autres n’hésiteront pas à enjoliver leurs aventures pour les rendre encore plus exceptionnelles qu’elles ne l’ont été réellement.

Grandeur des actions, magnificence des lieux découverts, personnages fantastiques ou luttes dangereuses contre la faune locale… Certaines gravures ou dessins représentent un bestiaire surprenant, à la férocité exagérée. On comprend donc, à l’issue de la visite, que l’image fortement répandue du voyageur-héros n’est pas si récente, mais que le goût de l’aventure et du fantastique prévaut souvent sur la réalité…

DES VOYAGEURS À L'ÉPREUVE DU TERRAIN : ÉTUDES, ENQUÊTES, EXPLORATIONS (1800-1960)

13/04/2016 > 19/09/2016

Archives nationales

PARIS

Des voyages scientifiques du passé on retient le plus souvent la dimension héroïque. Mais l'explorateur bénéficie de soutiens financier...

Exposition terminée
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