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Un Caravage découvert dans un grenier de Toulouse. Trop beau pour être vrai ?

Agathe Lautréamont 12 avril 2016

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Cela fait quelques jours maintenant qu’une information met en ébullition le petit monde de l’art. Une œuvre de la main du maître du XVIe siècle, le Caravage, aurait été inopinément retrouvée dans le fatras d’un grenier toulousain. Le tableau est-il authentique ? Est-ce une copie ? On fait le tour de la question concernant ce mystérieux tableau présenté pour la première fois au public ce mardi 12 avril…

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Le Caravage de la discorde… © DR

Voilà une nouvelle représentation de Judith décapitant Holopherne. Ce sujet religieux, que l’on rencontre dans l’Ancien Testament, a inspiré nombre d’artistes de tout temps, à l’image d’Artemisia Gentileschi ou Cornelis Galle l’Ancien. Mais depuis quelques jours, une œuvre que l’on suppose exécutée par le Caravage, reprenant ce même thème biblique, vient de réapparaître.

À noter cependant qu’il est important de ne pas confondre ce « nouveau » tableau oublié dans un grenier de Toulouse avec une première version de Judith et Holopherne, actuellement conservée à la Galerie nationale d’art ancien, au sein du Palais Barberini de Rome. Or, si l’on en croit les biographes du Caravage, l’artiste aurait réalisé une seconde version de ce meurtre célèbre, entre 1604 et 1605, peu après sa fuite de Naples (où il est accusé de meurtre).

Cette version est principalement connue grâce au témoignage de Frans Pourbus le Jeune, un artiste flamand qui se trouvait à Naples en 1607 et qui aurait donc pu admirer le tableau. En 1617, une copie de l’œuvre est réalisée. Elle est toujours visible aujourd’hui au Palais Zevallos de Naples.

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La version d’Artemisia Gentileschi, 1620 © Musée de Capodimonte, Naples

Mais qu’en est-il de cette version que l’on suppose originale, miraculeusement retrouvée ? On peine à reconstituer le cheminement du tableau mais on sait qu’au XIXe siècle, celui-ci aurait atterri dans une collection privée toulousaine, et ses propriétaires sont les descendants d’un officier ayant servi dans l’armée de Napoléon Bonaparte (une piste pour expliquer l’obtention du tableau). Puis, au cours du mois d’avril 2014, les propriétaires ont soudainement redécouvert la toile entreposée dans un grenier, alors que ces derniers cherchaient l’origine d’une… fuite d’eau ! La peinture avait été simplement déposée là, puis oubliée au fil des années…

Si l’on en croit l’analyse du directeur du musée Capodimonte de Naples, Nicola Spinosa, le tableau serait bel et bien de la main du Caravage. Du côté du cabinet d’expertise parisien Éric Turquin même son de cloche, même si la violence dans la représentation du sujet détonne par rapport aux autres œuvres du Caravage qui, même si l’artiste a été capable de figurer une certaine brutalité, n’a encore jamais atteint de tel niveau de férocité. D’où les nombreux doutes qui persistent encore au niveau de son authentification. Car retrouver des travaux de Michelangelo Merisi da Caravaggio, plus connu sous le surnom du Caravage, est un événement !

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Première version réalisée par le Caravage, vers 1598 © Galerie nationale d’art ancien, Rome

On ne connaît que 64 œuvres du célèbre peintre, d’où l’extrême prudence de la part des spécialistes, et le refus de se prononcer trop hâtivement. Cependant, ces doutes n’ont pas empêché la ministre de la Culture, le 25 mars dernier, de classer l’œuvre en tant que Trésor National (ce qui fait que le tableau ne pourra pas sortir du territoire français pendant deux ans et demi).

Une analyse précise du style pictural a été réalisée. Celle-ci révèle une grande violence dans l’élaboration de l’œuvre, des touches de pinceau très fortes, et une absence de correction des parties saillantes de la peinture et une absence d’esquisse préparatoire. Des détails qui seraient typiques de la « patte » caravagesque. Autre point important : la présence de repentirs (ces fameuses retouches réalisées en cours de réalisation d’une toile). S’il n’est pas rare de croiser des repentirs sur une œuvre originale, signe de la réflexion de l’artiste et ses changements de cap, ces derniers sont logiquement absents de copies ; puisque réalisées d’une traite en s’inspirant d’un modèle.

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Le Caravage, Le crucifiement de Saint André, vers 1606-1607 © Musée de Cleveland, USA

Enfin, une attention toute particulière est accordée à la servante, qui incite Judith à passer à l’acte. Ce visage brun, buriné, ridé par l’âge et le labeur ressemble beaucoup à celui de la vieille femme présentée sur une autre œuvre du Caravage : Le crucifiement de Saint André (vers 1606-1607) actuellement conservée au Musée de Cleveland.  Tant d’éléments qui font pencher la balance en faveur d’une œuvre authentique, même si certains historiens de l’art préfèrent se montrer prudents face à une découverte aussi exceptionnelle.

En attendant un avis définitif, le Musée du Louvre se serait déjà signalé comme intéressé pour acheter l’œuvre, estimée à 120 millions d’euros.

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