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Les Impressionnistes et la Bretagne : de Turner à Gauguin…

Agathe Lautréamont 12 avril 2016

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Au moment où l’on évoque le nom d’impressionnisme, plusieurs noms nous viennent à l’esprit. Claude Monet et ses nymphéas peints dans son havre de paix de Giverny. Gustave Courbet et les blanches falaises d’Étretat. Auguste Renoir et les guinguettes s’étirant le long du cours de la Seine. Si l’on fait quelques pas supplémentaires dans le temps, on peut rencontrer Vincent van Gogh et ses couleurs saturées, dansantes, saisies à Arles. Pourtant, on le sait moins mais les impressionnistes, et leurs successeurs postimpressionnistes, se sont pris de passion pour une toute autre région de France : la Bretagne.

Quand l’Angleterre était fascinée par la Bretagne

J.M.W. Turner, Port de Brest, 1826

J.M.W. Turner, Port de Brest, 1826

Lorsque les historiens de l’art cherchent à donner un nom à un éventuel père du plus célèbre courant pictural du XIXe siècle, celui d’un anglais revient souvent. J.M.W. Turner (1775-1851), par ses touches de couleurs floutées, ses marines éclatantes et ses formes imprécises, comme nimbées dans une brume mystérieuse, s’impose avec une certaine évidence.

D’ailleurs, le britannique fut de passage en Bretagne, bras français tendu vers sa voisine Albion. Le maître romantique posa ses chevalets dans la pointe du Finistère, plus précisément à Brest, comme en témoigne une de ses plus célèbres toiles : Port de Brest, probablement exécutée entre 1826 et 1828. D’une lumière saisissante, dépouillée à l’extrême, la toile rend hommage à la clarté du ciel breton, au cristal de son eau. Signe avant-coureur de la passion qui allait naître chez les peintres français du XIXe siècle pour cette région du bout du monde, battue par le vent et les embruns ? D’autres romantiques et réalistes emboîteront le pas à Turner.

Gudin, Coignet, Lesage passent par-là, malgré les longues 72 heures de trajet nécessaires pour atteindre la région. Heureusement, en 1839, la création de la ligne maritime Le Havre-Morlaix propose un trajet plus court, dix-huit heures, et rend les paysages bretons, sauvages et préservés, plus à portée des peintres. Des figures comme Eugène Isabey ou Camille Corot ne tarderont pas à y faire un saut artistique.

Un engouement artistique

berthe morisot vue du petit port de lorient 1869

Berthe Morisot, Vue du petit port de Lorient, 1869

De 1875 jusqu’aux premiers balbutiements du XXe siècle, la région Bretagne va alors connaître le passage de nombreux artistes, venus observer sa lumière pure, limpide, unique et la fixer sur leurs toiles réalisées, comme on le sait, sur le motif. Après avoir été fascinés par la Normandie voisine, des artistes comme Eugène Boudin ou Berthe Morisot s’attardèrent sur les côtes dentelées de la Bretagne. Ils ouvrirent par-là la voie à d’autres grands noms de l’impressionnisme. Prenons l’exemple d’Auguste Renoir, qui avait l’habitude de passer des vacances familiales et bucoliques dans une petite maison à Saint-Briac, commune de bord de mer dans le département de l’Ille-et-Vilaine (qui sera également fréquentée par Signac).

Claude Monet, le plus fameux représentant de l’impressionnisme, chercha à s’éloigner des paysages habituels et apaisés. Ses pas l’amenèrent alors du côté de Belle Île en Mer, une région de la Bretagne qui fut peu visitée des artistes, mais qui parvint à nourrir son inspiration par ses paysages rocheux, sa mer aux couleurs changeantes qui venait se fracasser sur les brisants. Dans une lettre adressée à un autre impressionniste, Gustave Caillebotte, il écrit :

momo

Claude Monet, Les rochers de Belle-Île, 1886 © Musée d’Orsay

« Je suis dans un pays superbe de sauvagerie, un amoncellement de rochers terrible et une mer invraisemblable de couleurs ; enfin je suis très emballé quoique ayant bien du mal, car j’étais habitué à peindre la Manche et j’avais forcément ma routine, mais l’Océan, c’est tout autre chose ». La région inspira tant le maître qu’il exécuta en l’espace de dix semaines pas moins de trente-neuf œuvres.

Disparition et héritage

Mais passé 1886, l’impressionnisme né il y a dix ans à peine ne tarde pas à s’essouffler. L’année correspond à la dernière grande exposition du groupe d’artiste qui ouvre ses portes au printemps et résonne à la manière d’un chant du cygne. Sur les cendres de ce mouvement qui aura tant apporté à l’Histoire de l’art, naît son successeur, le postimpressionnisme, incarné par ce que la postérité allait nommer « L’école de Pont-Aven » et dirigé par une figure emblématique de la peinture : Paul Gauguin.

Personnalité voyageuse, vivant d’expédients et arrivé sur le tard à la peinture, Gauguin s’installe dans le petit village du Finistère alors qu’il est sans le sou, espérant redonner de l’élan à son inspiration et peignant la commune tranquille aux couleurs chatoyantes.

Paul Gauguin, Paysage de Bretagne, Le moulin David, 1894 © Musée d’Orsay

Paul Gauguin, Paysage de Bretagne, Le moulin David, 1894 © Musée d’Orsay

Sans le savoir, le peintre (aujourd’hui surtout célèbre pour ses vues des îles Marquises) allait entraîner dans son sillage un nombre conséquent d’artistes se réclamant d’un renouveau de l’impressionnisme, comme le jeune Émile Bernard qui se prendra de passion pour la Bretagne (dont il fera le tour… à pied !) tandis que l’australien John Peter Russell viendra parfaire sa formation du côté de Belle-Île, à l’image de son illustre prédécesseur Monet.

Suivront Paul Signac du côté de Saint-Briac et Concarneau, Théo van Rysselberghe à Roscoff ou encore Maximilien Luce, qui s’arrêtera à Camaret-sur-mer. Leur esthétique, à part, puisant aussi bien dans l’impressionnisme que dans le réalisme et le pointillisme, inspirera des générations d’artistes hypnotisés par le ciel changeant, les mouvements incessants de la mer et les lumières éphémères.

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