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Paul Klee, l’oiseau moqueur du Centre Pompidou

Agathe Lautréamont 11 avril 2016

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« L’ironie à l’œuvre », c’est par ce titre réjouissant et à double-sens que le Centre Pompidou ouvre sa toute nouvelle exposition, dédiée au peintre expressionniste et surréaliste Paul Klee (1879-1940). Accrochage grandiose et exhaustif, qui présente un travail empreint d’influences multiples et assombri par les doutes de l’artiste et les bouleversements de son époque.

Paul Klee Presentation du miracle 1916 MoMa NY 2016 Digital Image The Museum of Modern Art New York Scala Florence

Paul Klee, Présentation du miracle, 1916 © MoMa

L’accrochage thématique du Centre Pompidou nous introduit au travail de Paul Klee via ses œuvres de jeunesse. Réalisées presque essentiellement sur des supports trouvables dans le quotidien de tout un chacun (plâtre, carton, feuille de papier…), ces premières exécutions témoignent d’un œil résolument moqueur, qui aime tourner en dérision les normes et les codes de son époque.

En optant pour le détournement et la raillerie, Klee affirme d’emblée une distanciation face à ses illustres prédécesseurs, qu’il adore égratigner du bout du pinceau ou de la mine. Maître de la caricature dans un art pourtant bien plus complexe qu’il n’y paraît, ses œuvres généralement de petit format sont parfaitement exécutées, utilisent admirablement l’espace restreint qui leur est alloué, et moque avec brio les travers de son époque en usant de paraboles animalières ou d’images parfois triviales.

Insula dulcamara

Paul Klee, Insula dulcamara, 1938 © Centre Paul Klee, Berne

Pour Paul Klee, lointaine est l’époque où la pratique artistique se paraît d’un rôle noble d’élévation des consciences ; l’art dorénavant, doit exploiter les failles d’un moment donné pour mieux les montrer du doigt et si possible, les corriger.

Et déjà, à l’époque où Paul Klee commence à émerger dans le monde de l’art, on note que l’artiste cherche sans tarder à remettre constamment en question sa pratique de l’art. Explorations de nouvelles techniques, fluidité de la touche ou rigorisme géométrique, dessin enlevé à la mine grise ou épaisses couches de couleurs abstraites…

Le renouvellement est d’ores et déjà le maître-mot, une tendance qu’il ne quittera plus de toute sa carrière. De même, lorsqu’il choisira de s’inspirer des courants artistiques dont il est contemporain comme le dadaïsme, le constructivisme ou le cubisme, son appropriation ne se fera jamais simplement. Toujours, le détournement, l’ironie géniale, pour tourner en dérision des domaines qu’il parviendra ensuite à faire siens.

Paul Klee, Explosion de peur, 1939 © Centre Paul Klee, Berne

Toute une étape de l’accrochage est ainsi dédiée à l’influence du maître Pablo Picasso sur le peintre allemand. On voit à quel point Klee a étudié avec précision le trait de l’artiste espagnol, encore une fois… pour mieux le moquer.

Paul Klee ne respecte donc-t-il rien ni personne ? Au-delà d’une volonté d’iconoclasme et de critique à tout va, l’artiste cherche avant tout à imposer son propre style, imposer sa patte semblable à nulle autre, et qui le rend donc identifiable entre tous. Méfiant envers les normes et les règles imposées par une quelconque école, il rejette les dogmes et estime au contraire que l’artiste doit pouvoir survoler toutes ces lois pour créer en toute liberté, parfois à la frontière de l’étrange ; seul moyen d’atteindre une créativité pure qui sera à même de marquer le public.

Son œuvre, éclairée par de nombreux cartels biographiques, permet de mieux saisir les doutes et les angoisses qui étreignent Klee dans toute sa pratique.

Uebermut

Paul Klee, Exubérance, 1939 © Centre Paul Klee, Berne

Le passage au XXe siècle est en effet marqué par de nombreux bouleversements, autant politiques qu’économiques et humains, qui ne manquent pas de jeter une ombre dans le regard artistique de Paul Klee. Certains grands drames de sa vie, comme la perte de son emploi de professeur (alors qu’en Allemagne, le nazisme monte inexorablement), sont éclairés par certaines œuvres phares : Rayé de la liste, 1933. Vient alors pour le peintre l’ère sombre de l’exil, où son art deviendra chantre de son rejet viscéral du totalitarisme et de la figure d’Adolf Hitler.

Une exposition absolument passionnante, qui dévoile un Paul Klee sous un angle peu commun mais aussi une technique artistique d’une richesse surprenante et d’un raffinement exquis.

PAUL KLEE

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Exposition terminée
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