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Champ de lumière : Bruce Munro éclaire le désert d’Australie

Agathe Lautréamont 7 avril 2016

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On vous en avait parlé il y a quelques semaines : Bruce Munro, cet artiste britannique dont la pratique consiste à replonger le spectateur dans l’univers enfantin des contes de fée. Travaillant la lumière, l’éclairage et les nouvelles technologies, on doit à Munro d’avoir habillé de ses ampoules bigarrées nombres d’espaces dans le monde. Son dernier grand projet, sur lequel il a travaillé durant des mois, vient de prendre forme : illuminer Ayers Rock, en Australie…

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© Bruce Munro

Est-il seulement possible de rivaliser avec la beauté d’Ayers Rock, cette formation rocheuse reconnaissable entre toutes, qui trône au beau milieu du désert australien ?  Également appelé Uluru, ce relief de grès rouge est une véritable œuvre d’art formée au fil des millénaires par les mains de la nature. De l’aube au crépuscule, ses couleurs ne cessent de changer, remodelant inlassablement la pierre entre ombre rafraîchissante et lumière incandescente de cette région du continent Australien.

Mais l’artiste Bruce Munro est de ceux qui, via leurs installations, ne cherche pas à défier le lieu où il appose ses créations, mais plutôt d’entrer en résonnance avec l’endroit, voire lui rendre hommage. C’est tout l’objectif de sa dernière performance lumineuse en date : éclairer de ses petits bulbes lumineux le terrain aride environnant la colline Uluru.

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© Bruce Munro

C’est dans cette optique que le britannique a donc installé son œuvre qui l’a rendu célèbre : Field of Light, aux pieds de l’imposant Uluru. Ce ne sont pas moins de 60 000 petites lanternes en forme de bouton de fleur qui se sont éclairés progressivement, au fur et à mesure que la nuit tombait sur le désert australien, répondant de leurs teintes chatoyantes au ciel qui s’embrasait au soleil couchant.

Les lanternes, en vérité des ampoules à LED qui se chargent grâce à l’énergie solaire, changent constamment de couleur, ce qui fait que le spectacle ne cesse de se transformer au fil des heures. Le spectacle est pensé par Bruce Munro pour être admiré aussi bien de loin que de près, et l’artiste britannique encourage les visiteurs à déambuler à travers son « champ de lumière » pour une immersion totale. C’est un art qui se regarde autant qu’il se ressent.

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© Bruce Munro

Après avoir donné vie à ses champs colorés et lumineux de l’Écosse à l’état d’Arizona, Ayers Rock représente pour Munro l’aboutissement d’une réflexion née il y a deux décennies, quand un ami lui souffla l’idée de se « confronter » à l’ombre de l’imposant Uluru. L’artiste se rendit alors sur place, avant de tomber en admiration devant le paysage désertique, imaginant déjà en esprit ce que rendrait un de ses « Field of Light » face à cette formation rocheuse géante.

L’installation telle que nous pouvons l’admirer aujourd’hui est le résultat de longues heures de travail, réalisée avec l’aide de quarante personnes qui installèrent l’ensemble des lanternes pendant six longues semaines. Que les défenseurs de l’environnement se rassurent : nous l’avons dit, les ampoules sont écoresponsables, mais tout comme le reste de l’installation, qui se veut non-invasive et non-polluante.

La luminosité des LED elle-même est réduite et non éblouissante, de sorte à ne pas trop perturber la vie animale alentour et ne pas être trop gourmande en énergie (même renouvelable !) Ainsi, ces ampoules multicolores ne vous empêcheront pas d’admirer la lumière de la lune et des étoiles…

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© Bruce Munro

Mais avant de donner pour de bon le coup d’envoi au projet, Bruce Munro a dû demander l’autorisation d’installer ses lampes à la population indigène locale : le peuple Anangu. En effet, le champ de lumière du britannique ne se situe pas dans l’enceinte du parc national, mais bien sur une parcelle de terrain qui appartient à cette population aborigène.

Mais Munro s’acquitta humblement et avec joie de cette formalité, expliquant qu’il n’avait de toute façon aucun droit de venir s’installer sur leur territoire sans même leur demander l’autorisation préalable. L’œuvre, selon les mots qu’il a confié au journal anglais The Guardian, est une représentation de son admiration et de sa joie, et rien d’autre. Une belle leçon de modestie que beaucoup devraient méditer…

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