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Art Brut et paysages : voyage au coeur de Dubuffet

Jéremy Billault 7 avril 2016

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Jusqu’au 8 mai 2016, la Fondation Beyeler, à Bâle, accueille l’une des plus importante rétrospective de Jean Dubuffet du XXIème siècle. Des premières tentatives d’art brut à ses œuvres les plus tardives et accomplies, l’exposition intitulée « Métamorphoses du Paysage » rassemble des œuvres de différentes formes et de toutes les époques. Probablement les meilleurs conditions pour re-découvrir Jean Dubuffet. Visite.

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 Monsieur Plume, pièce botanique( portrait de H. Michaux), 1946

Avant de s’attaquer à Alexander Calder au mois de mai prochain, la Fondation Beyeler (Bâle) accueille pendant encore quelques semaines la première grande rétrospective suisse de Jean Dubuffet au XXIème siècle. En parallèle de la richesse inouïe de sa collection permanente, l’exposition présente plus d’une centaine d’œuvres dont la présence a été rendue possible par des prêts venus du monde entier. Sculptures, peintures et installations monumentales, toutes les formes et toutes les tentatives esthétiques de Dubuffet se succèdent, réunies sous l’appellation « Métamorphose du paysage », qui, on le comprendra, résume à elle seule la diversité de la production de ce pionnier de l’art brut.

Ce n’est pas un hasard si la rétrospective, qui est une superbe occasion de découvrir en profondeur l’oeuvre de Jean Dubuffet, est présentée à la Fondation Beyeler. Car quand Ernst Beyeler, immense galeriste, mécène et collectionneur suisse rencontre Jean Dubuffet et son travail, une longue histoire commence : l’artiste signe un contrat d’exclusivité avec la galerie Beyeler qui lui permettra de produire et de vendre plus de 750 œuvres au long de sa carrière. Mais le lien qui unit les deux hommes va beaucoup plus loin que le commerce: à titre privé, Beyeler ajoute de nombreux travaux de Dubuffet à sa collection si bien qu’aujourd’hui, beaucoup de ses chefs-d’oeuvre appartiennent aujourd’hui la Fondation. L’idée d’une grande rétrospective était toute trouvée, il y avait de quoi faire.

Paysage

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Le commerce prospère, 1961

Et c’est à un Dubuffet multiple, dans les formes et les techniques, que nous avons affaire. A travers  la notion paysage que l’artiste s’est totalement réappropriée, l’exposition explore différentes facettes de son oeuvre, parfois pointues, parfois drôle mais jamais dénuée d’un grand intérêt. Dans un soucis de prise de distance avec les techniques et les connaissances de la peinture traditionnelle, Dubuffet, alors âgé de 41 ans (nous sommes en 1942) décide de chercher un langage visuel plus authentique et nouveau, loin des conventions. Ses influences vont alors des dessins d’enfants à l’art des malades mentaux, il s’attaque à des paysages, des vues urbaines déroutantes, techniquement novatrices et parfois étrange mais dotées d’une sensibilité et d’un regard d’une grande profondeur. Ainsi imagine-t-il le concept d’art brut avant de développer son regard sur le paysage.

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Paysage aux argus, 1955

Car pour Dubuffet, tout est paysage : le corps, l’être humain, l’animal, le visage, tout est composé selon les mêmes codes. C’est ce que la rétrospective permet d’entrevoir, peut-être plus clairement que jamais. En une galerie de portraits peu conventionnels, le paysage apparaît en chaque visage puis, dans une autre salle, en chaque corps. Aux pratiques les plus classiques, Dubuffet apporte une nouvelle forme et d’autres inspirations. Il ira même plus loin : après avoir été son outil, le guide de ses traits, le paysage devient lui-même matériau. Dans la nature, Dubuffet récolte et colle des éléments qu’il trouve, notamment des ailes de papillon avec lesquelles il reformera, à l’inverse, des visages et des figures.

Coucou Bazar

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Coucou Bazar à la Fondation Beyeler

Mais l’événement de l’exposition, le clou, c’est Coucou Bazar : une oeuvre d’art total, immense et aboutie, brillamment installée par la fondation. Cette peinture vivante rassemble peinture, théâtre, musique, sculpture et danse dans un grand spectacle qui n’a été représenté que quelques fois dans les années 70. Dans l’exposition, on peut voir un film de la dernière représentation en 1978 à Turin. Plusieurs fois par semaine, l’oeuvre retrouve un peu cet état d’esprit : les deux costumes encore utilisables s’animent et se déplacent pour donner un aperçu de cette totalité de l’oeuvre. Mais immobile, Coucou Bazar reste sublime et remarquable, une sorte d’accomlplissement après une carrière que l’on vient tout juste de traverser. Les amateurs aimeront, les néophytes découvriront, tout le monde en profitera.

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