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Ai Weiwei va reverser les bénéfices de sa première expo en Grèce aux réfugiés

Agathe Lautréamont 7 avril 2016

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On connaît maintenant depuis plusieurs semaines le fort et intransigeant engagement de l’artiste Ai Weiwei envers les réfugiés venus du Moyen-Orient. Après une exposition-choc en Allemagne et plusieurs visites sur l’île de Lesbos, le dissident chinois a déclaré vouloir s’associer à diverses associations qui viennent en aide aux migrants qui abordent les côtes européennes depuis des mois.

wei lesbos

Ai Weiwei sur l’île de Lesbos © DR

Tout un symbole. Alors que le célèbre artiste contemporain Ai Weiwei s’engage depuis plusieurs semaines maintenant pour la protection, l’accueil et l’aide aux migrants, voilà que le créateur annonce qu’une exposition dédiée à son travail ouvrira très prochainement en Grèce.

La Grèce, qui compte parmi les pays faisant office de porte d’entrée vers l’Europe pour les réfugiés venus de Moyen-Orient, à l’image de la Turquie qui remplit également ce rôle. C’est également en Grèce qu’Ai a passé le plus clair de son temps, ces derniers jours, collectant documents, photos et informations diverses sur la crise migratoire européenne. Au plus près de la souffrance de ces personnes ayant traversé la Méditerranée, l’artiste poursuit son combat politique en faveur des plus pauvres et des opprimés en faisant de l’accueil des migrants son nouveau cheval de bataille.

Dans le même temps, le Musée d’art cycladique situé à Athènes a annoncé présenter très prochainement un petit accrochage dédié à l’œuvre d’Ai Weiwei. L’événement, qui ouvrira ses portes dans le courant du mois de mai prochain, inclura de nouvelles œuvres du dissident chinois, à l’image d’une récente sculpture de marbre, librement inspirée des collections antiques du musée grec. Celle-ci posera aux côtés d’autres travaux réalisés par Ai au sujet des migrants qu’il côtoie depuis quelques temps maintenant, et qu’il défend activement sur la scène artistique internationale.

Instagram cycladic museum

Ai Weiwei et l’équipe du Musée d’art cycladique © Compte instagram du musée

Cette exposition, intitulée  Ai aux Cyclades durera jusqu’au 30 octobre prochain, et reflètera la fascination d’Ai Weiwei pour les techniques artistiques anciennes ainsi que pour les matériaux favoris utilisés par les artistes de Grèce et de Rome antiques. Pas moins de vingt-cinq œuvres seront donc proposées aux visiteurs, et parmi elles, certaines créations très connues. Ainsi, Cao (2014), un champ d’herbe en marbre qui avait déjà été présenté à la Royal Academy of Arts l’année dernière, sera de retour pour cet événement. Les curieux pourront également admirer l’œuvre Grapes (2011), sculpture réalisée à partir de tabourets datant tous de la période dite de la dynastie Qing (1644-1912).

Le choix du musée athénien n’est pas un hasard pour Ai Weiwei. Le précieux fonds du Musée d’art cycladique parle en effet beaucoup au créateur asiatique, qui y trouve un écho à ses préoccupations au sujet du passé et de ses espoirs pour notre futur. Le travail de l’artiste chinois entre souvent en résonnance avec les temps passés, et celui-ci travaille souvent avec des matériaux qui peuvent parler à toutes les cultures, qu’elle soit asiatique ou grecque. C’est d’ailleurs suite à une visite dans ce musée athénien qu’Ai a posé pour la première fois le pied sur l’île de Lesbos, tragiquement connue pour être l’endroit où nombre de migrants arrivent en Europe, après une traversée périlleuse de la mer Méditerranée.

Choqué par la situation humanitaire désastreuse de l’île, Ai Weiwei y demeura plusieurs semaines pour travailler et aider les migrants. L’évidence s’imposa par la suite à son esprit : des associations caritatives recevront un pourcentage prélevé sur les entrées de son exposition présentée au musée athénien. Ce pourcentage concernera également les produits dérivés issus de l’exposition et les sponsors qui soutiennent l’accrochage.

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