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Forum d’Avignon 2016 : bilan du «Davos» de la Culture !

exponaute 4 avril 2016

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Pour sa 8ème édition, les Rencontres Internationales du Forum d’Avignon ont su démontrer que la culture est un véritable enjeu économique et social pour la France comme pour l’Europe. Durant une semaine, politiques, artistes, intellectuels, chefs d’entreprises et entrepreneurs ont questionné le rôle de la culture en redéfinissant ses enjeux. Trois axes de réflexion ont été privilégiés : accompagner la transformation numérique en favorisant un cadre juridique étique pour la protection des données et de la création, redéfinir le rôle des partenaires privés et publics pour favoriser l’accès et la diffusion de la culture, réaffirmer la singularité et l’importance de la culture comme vecteur de pacifisme et de cohésion sociale.

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Comme toujours, il y avait du beau monde au Forum d’Avignon organisé cette année dans la ville de Bordeaux. Le Maire, Alain Juppé, a ouvert les festivités en rappelant que la Culture était un enjeu crucial à l’heure où le terrorisme secoue l’équilibre et la cohésion européenne. La prix Nobel de la paix, Ouided Bouchamaoui, n’a pas manqué de réaffirmer que « le choix de la culture et de l’éducation doit être irrévocable » et de souligner que : « l’ignorance fertilise le terrorisme, la culture doit s’affirmer comme un levier de développement économique et de lutte contre l’obscurantisme ».  Si le Forum d’Avignon est  un laboratoire d’idées où créateurs, institutionnels, privés et artistes partagent leurs bonnes pratiques, il est aussi l’occasion pour le cabinet EY, partenaire de l’événement depuis son lancement, de présenter une grande étude afin d’ouvrir des pistes concrètes de réformes.

Cette année, les conclusions du cabinet EY affirment que : « Si l’Europe souhaite une harmonisation conquérante, il est indispensable de s’assurer en amont que chaque écosystème concerné est euro-compatible. Il est également important que l’Union européenne mette en place une politique d’harmonisation qui lui soit propre, et qui ne soit pas calquée sur un assemblage de concepts étrangers. Enfin, il est impératif de restaurer la sécurité juridique afin que chaque justiciable – artiste, entreprise ou consommateur – soit à même de comprendre la teneur et les frontières de la propriété intellectuelle. »

Il est donc clair que le rayonnement de la Culture au niveau européen passera nécessairement par une harmonisation de la fiscalité en matière de mécénat privé mais aussi par une harmonisation et une meilleure protection du droit de la propriété intellectuelle. La bonne nouvelle étant que, contrairement aux premières vagues de digitalisation, certains faux débats sont désormais évacués : la propriété intellectuelle n’est ni morte, ni confrontée à un vide juridique (au contraire, elle est de plus en plus utilisée) et elle n’est en aucun cas euro-incompatible.

Les débats du Forum sont donc porteurs de solutions concrètes et semblent orienter les décideurs vers une meilleure définition de la politique culturelle européenne.  Toutefois, il faut tout de même tempérer cette conclusion à la lumière de l’intervention d’Olivier Poivre d’Arvor, philosophe et ancien directeur de France Culture de 2010 à 2015, qui a rappelé de manière assez provocatrice qu’actuellement : « Une vache européenne est mille fois plus subventionnée qu’un artiste européen et que la culture ne représente que 0.14% du budget global de l’Europe…» Une intervention salutaire qui démontre que nos représentants européens ont encore un long chemin à parcourir…

Au-delà des problématiques technocrates exposées, le Forum d’Avignon a également donné la parole à des artistes et des créateurs. L’écrivain Michel Onfray a appelé de ses vœux « la fin du jacobinisme culturel ». Yaël Naïm a, quant à elle, rappelé que : « l’affrontement des désaccords culturels facilite la création en favorisant le dialogue ». Enfin,  alors que la destruction de Palmyre a été évoquée à plusieurs reprises, on s’est étonné que l’intervention du plasticien Pascale Mathine Tayou n’ait pas suscité plus de débat.

En effet, l’artiste camerounais a été une victime collatérale du conflit en Ukraine, une de ses œuvres ayant été détruite pendant les affrontements avec les Russes… Lors de son intervention, il a projeté la vidéo de la destruction de son œuvre et aucune réaction n’a suivi cette projection. Et non ! Les destructions d’œuvres ne sont pas le monopole de Daesch ou du Moyen-Orient, elles existent aussi aux portes de l’Europe… Cette absence de réaction n’est-elle pas symptomatique d’une certaine dichotomie entre les problématiques culturelles de nos représentants  et celles de nos artistes ? On est en droit de se poser la question, tant le silence a semblé retentir suite à cette projection…

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Par contre, la première journée de débats, s’est clôturée sur la remise du Prix de la Start Up Culturelle qui est venue couronner deux structures: le prix du public a récompensé l’entreprise Delight qui met au service des producteurs de spectacles la data afin de favoriser une meilleure stratégie de communication auprès du public, quant au prix du jury, il est venu célébrer l’innovation de la start up « Jam-shake » qui  propose une plateforme communautaire où les musiciens peuvent collaborer à des projets sans  avoir de contact physique. Bravo donc à Jame-Shake et Delight pour leur créativité et longue vie à leurs structures !

F.C

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