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Avant-après : la terrifiante situation de Palmyre après le passage de l’État Islamique

Agathe Lautréamont 4 avril 2016

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Le choc est grand, les images affreusement parlantes. Depuis le début du conflit syrien et l’avancée inexorable de l’organisation terroriste État Islamique dans le pays, la cité antique de Palmyre est devenue un véritable symbole du martyre du patrimoine, systématiquement réduit en poussière par les fanatiques islamistes. Sur place, le photographe Joseph Eid a pu documenter l’ampleur du désastre.

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© Joseph Eid – AFP

À la fin du mois de mars, l’armée syrienne du président Bachar Al-Assad a déclaré avoir repris le contrôle du joyau du désert, la cité antique de Palmyre, tombée entre les mains des terroristes depuis mai 2015. Site archéologique à la valeur inestimable, ce lieu était devenu un véritable étendard brandi par les protecteurs du patrimoine soucieux de l’avancée furieuses des djihadistes et surtout de leur soir inextinguible de destruction.

Pour les extrémistes, tout ce qui ne correspond pas à leur lecture rigoriste et abscons de l’Islam devait être rasé de la Terre, ni plus, ni moins. Palmyre ne devait pas faire exception à la règle. Au fil des mois, les informations tombaient au fur et à mesure que les terroristes faisaient parler la dynamite. Destruction du temple de Baal, pillage systématique des richesses, martelage des statues…

Afin de mieux rendre compte de l’état du site à l’heure actuelle, le journaliste Joseph Eid a réalisé de terribles images avant-après, permettant de comparer l’état de la ville antérieur et postérieur au passage de l’EI.

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© Joseph Eid – AFP

Après vingt jours de combats acharnés, les troupes d’Al-Assad ont pu reposer le pied sur le site classé au Patrimoine mondiale de l’UNESCO. Si les spécialistes et historiens du monde entier se sont bien sûr réjouis de cette reconquête difficile, le constat demeure accablant : nombre de destructions perpétrées par les fous d’Allah sont tout bonnement irréversibles.

S’étant rendu sur place en même temps que les troupes syriennes, le photographe de l’Agence France Presse Joseph Eid a pu réaliser un reportage édifiant sur l’état dans lequel les forces d’Al-Assad ont pu récupérer Palmyre. En main, des photographies du site prises avant l’arrivée de l’Organisation État Islamique, datées de mars 2014. Le reporter a alors pris des photographies du même site, les images passées présentes sur le cliché afin que le spectateur puisse prendre la pleine mesure de l’ampleur de la catastrophe.

Ces juxtapositions effrayantes son un témoignage éloquent de la soif de destruction de l’organisation islamiste. Temple de Baal réduit à peau de chagrin, Arc de Triomphe tombé en poussières, Lion d’Athéna rayé de la carte… Tout cela a été méthodiquement détruit par la dynamite de l’EI.

© Joseph Eid – AFP

Maamoun Abdulkarim, le directeur des Antiquités syriennes, se réjouit pourtant du retour des forces du président Bachar Al-Assad sur le sol de Palmyre. « J’étais le directeur des Antiquités le plus triste au monde, je suis aujourd’hui le plus heureux », a-t-il déclaré peu après la reprise du site archéologique. Selon lui, « 80% de l’architecture du site archéologique n’a pas été touchée : la colonnade, l’agora, le théâtre, les ruines des bains, les temples de Nébo et d’Allat. »

Des propos qui se montrent donc encourageants. Que faire, maintenant, en ce qui concerne les monuments de Palmyre qui ont été réduits en poussière par les fanatiques ? Si une reconstruction est envisageable, la seule certitude est celle que le cheminement sera long, de l’ordre de cinq années de travaux environ, dès que l’UNESCO aura donné son feu vert aux travaux de restauration et reconstruction. Mais demeure une grande incertitude : pour que les travaux puissent débuter, encore faut-il que la situation du pays soit stabilisée… Et au regard de la situation actuelle, le conflit syrien semble bien décidé à s’enliser…

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