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Libérée de Daech, Palmyre pourrait retrouver toute sa splendeur

Jéremy Billault 29 mars 2016

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Après dix mois de siège, de menaces et de destruction, la ville de Palmyre a enfin été libérée de l’emprise de l’Etat Islamique et de sa folie destructrice. Le 27 mars dernier, les troupes gouvernementales syriennes ont pu reprendre la cité antique et ont permis aux archéologues de constater l’ampleur des dégâts dont a souffert son patrimoine archéologique. Des nouvelles qui pourraient bien être plutôt encourageantes. 

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Le théâtre de Palmyre photographié en mars par un drone russe © VGRTK/AFP

C’est la fin de dix mois de calvaire et d’angoisse pour le patrimoine archéologique mondial. Le 27 mars dernier, en Syrie, les troupes gouvernementales appuyées par la Russie sont parvenues à reprendre Palmyre, cité antique aux richesses incommensurables, qui depuis mai dernier était au mains de l’Etat Islamique. Utilisée à la fois comme un moyen de pression sur le monde entier et comme un exutoire de luxe, la ville a subit d’importantes destructions à intervalles réguliers : certains monuments ont été rasés, les objets plus petits ont servi à alimenter un trafic déjà très répandu. Après 10 mois de violence ininterrompue et plusieurs affrontements, la situation pourrait malgré tout être moins catastrophique qu’on le craignait : avec du travail, une bonne partie de ce qui a été endommagé pourrait être restauré dans les années à venir.

Destructions partielles

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Ce qu’il reste du temple de Bêl © J. Eid, M. al Mounes/AFP

Sur place, les premiers archéologues ont constaté les dégâts : comme on l’a appris tout au long de la présence de l’Etat Islamique à Palmyre, plusieurs monuments d’envergures on été touchés, à différents degrés. Les temples de Bêl et de Baalshamin on été attaqués à grands coups d’explosifs, l’Arc de Triomphe et le Lion de Palmyre on quant à eux été renversés et vandalisés et de nombreuses tour funéraires ont été anéanties. Au cours des dix derniers mois, Daech a également saccagé et fouillé de nombreux tombeaux, ravagé des statues (têtes coupés…) et s’est attaqué au musée avec une grande violence : ce qui n’avait pu être sauvé avant son arrivée  a beaucoup souffert. Avant toute chose, les archéologues photographient le site pour rendre compte de l’ampleur des dégâts. Ensuite, il faudra sauver ce qui peut l’être. Et ce n’est pas rien.

Richesse inépuisable

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Le temple de Bêl avant sa destruction. Photo : B. Gagnon

Car Palmyre n’a pas volé sa réputation : malgré tout ce que l’Etat Islamique a endommagé, la majorité de son patrimoine a malgré tout été épargnée. Comme l’a indiqué le responsable des antiquités et des musées de Syrie, le très médiatisé (malgré lui) Maamoun Abdulkarim au journal Le Monde : «80 % de l’architecture du site archéologique n’ont pas été touchés : la colonnade, l’agora, le théâtre, les ruines des bains, les temples de Nébo et d’Allat». Photos récentes à l’appui, Palmyre s’impose toujours, en mars 2016, comme un bijou archéologique.  Et c’est avant tout à la population locale que l’on doit ce miracle : « Après les destructions des temples de Bêl et de Baalshamin, de l’arc de triomphe et d’une dizaine de tours funéraires, la cinquantaine de fonctionnaires restés sur place ont mobilisé la population, précise M. Abdulkarim , pour faire savoir à Daech  qu’il y aurait des manifestations si les destructions continuaient. Elles se sont arrêtées».

Palmyre brillera encore

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Une allée de Palmyre photographiée en mars 2016 ©M. al Mounes/AFP

Reste aujourd’hui à analyser la ville de fond en comble, après une opération de déminage plus que nécessaire, il faudra décider de ce qui peut encore être sauvé et de ce que cela nécessitera en terme de temps et de moyens. Et de ce côté, les nouvelles sont rassurantes : du Lion et de l’Arc de Triomphe, on a retrouvé l’intégralité des pièces, ils pourront être reconstitués. Pour les deux temples, l’analyse sera plus longue mais on sait d’ores et déjà  que certaines parties emblématiques on été totalement pulvérisées par les explosions. Reste à savoir à quel point l’UNESCO permettra  la reconstruction de la cité et les moyens qu’elle compte y investir. Mais une chose est sûre : Palmyre, que l’ont croyait perdue au point de vouloir investir toute notre énergie dans une reconstitution fidèle grâce à la technologie, brillera encore. Et sous les yeux du monde entier.

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