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Miquel Barceló s’installe à Paris : deux salles, deux ambiances

Jéremy Billault 24 mars 2016

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Jusqu’au milieu de l’été, Miquel Barceló,  figure majeure de l’art contemporain espagnol, s’installe à Paris. L’exposition,  intitulée Sol y Sombra, est répartie sur deux espaces, à la BnF et au musée Picasso, qui créent un véritable dialogue entre les aspects plus ou moins connus de son oeuvre. Un événement réjouissant auquel exponaute vous invite en vous proposant une place offerte pour une place achetée ! Et on vous conseille de ne pas le rater. 

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Miquel Barceló © ADAGP, Paris, 2016 Photographie © Alexis Komenda / BnF

Au Musée Picasso un soir de vernissage, une foule dense et endimanchée circule et s’extasie devant les œuvres du sous-sol. Seul un homme se démarque, peut-être à cause de son son accoutrement d’artisan tout juste sorti de l’atelier, peut-être à cause des dizaines de photographes qui suivent le moindre de ses mouvements ou peut-être à cause du Premier Ministre qui lui sert d’interlocuteur. Quoi qu’il en soit, il se démarque, ce Miquel Barceló. S’il fallait encore le présenter, l’audience hispanophone ne laisse pas de place au doute : l’homme est certainement l’une des figures majeures de l’art contemporain espagnol et son arrivée à Paris ne passera, elle non plus, pas inaperçue. Au Musée Picasso, donc, à la Bibliothèque Nationale de France, aussi, et à la galerie Thaddaeus Ropac, un peu, Barceló s’apprête à façonner le printemps culturel parisien comme il façonne la matière : avec panache.

Le soleil

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Miquel Barceló © ADAGP, Paris, 2016 Photographie © BnF

C’est ce que le visiteur aguerri pourra remarquer d’emblée, avant même de s’engouffrer dans les méandres du parcours spectaculaire de la BnF. Au long des 190 mètres de l’allée Julien Cain, l’artiste a offert une oeuvre in situ à l’institution qui l’accueille : une immense fresque (190 mètres, donc, et 6 mètres de haut) tracée au doigt sur les vitres donnant sur le jardin, recouverte au préalable d’une fine pellicule d’argile. Sur place le résultat impressionne : au-delà de la taille, les détails s’enchaînent et peu à peu, apparaît un bestiaire complètement fou (des squelettes, des chevaux, des plongeuses et des serpents…), sublimé par une lumière extérieure provoquée ce soir là par projectionnistes chargés d’asperger les murs tout au long de la soirée.

Si chez Picasso on a préféré présenter des peintures remodelées et un grand nombre de sculptures, la BnF a décidé (bibliothèque oblige) d’exposer les expérimentations de Barceló autour techniques d’impression (gravures sur cuivre, estampes, lithographies…), une partie plutôt méconnue de son travail. C’est probablement là la bonne idée de l’exposition: l’immersion dans la diversité. On retrouve des silhouettes, des thèmes et une folie constante à travers des formes expérimentales (qui parfois se perdent), des taureaux dessinés, gravés, grattés, un travail du support qui, dans le fond, fait écho à ce travail de la matière qui l’a rendu célèbre.

Et l’ombre

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Dans le deuxième espace de cette expo en deux parties (plutôt complémentaires), le travail de Barceló prend tout son sens. Au sous-sol un « mur de têtes » en briques  provoque une ombre étrange. On croirait à une assemblée de bestiaux et de créatures fantastiques, comme l’alter ego ombragé de la fresque lumineuse de la BnF (Sol y sombra, on y est).

De cette matière retravaillée dont Barceló parle sans cesse, le Musée Picasso expose quelques pièces maîtresses : en plus des quelques toiles ondulées et pleines de relief, il y a les poteries, pleines d’histoires. Celles de ses voyages. Au début des années 90, Miquel Barceló voyage à plusieurs reprises en Afrique, où il finira par s’installer. Face à la difficulté technique, il décide d’abandonner l’idée de peindre sur place et se lance, grâce à l’enseignement d’une vieille femme du village malien dans lequel il réside, dans la sculpture et, surtout, la poterie. De cet apprentissage ressortiront des vases inutilisables mais esthétiquement remarquables. Matière, forme, couleur, les poteries deviennent des figures pleines d’émotion, d’une fluidité et d’une subtilité déconcertantes.

Si le concept d’une double exposition est parfois difficile à cerner, il faut dire que Miquel Barceló s’y prête à merveille: les espaces et les sujets se complètent et les œuvres (récentes comme anciennes) se font écho. En quelques instants, l’artiste nous devient familier, complexe en toute simplicité.

MIQUEL BARCELÓ. SOL Y SOMBRA

22/03/2016 > 28/08/2016

BnF - Bibliothèque nationale de France – site François-Mitterrand

PARIS

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Exposition terminée
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