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La Roumanie en appelle à ses citoyens pour acquérir une sculpture de Brancusi

Agathe Lautréamont 24 mars 2016

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En fin de semaine dernière, le Premier ministre roumain Dacian Ciolos a lancé un appel à ses 19.8 millions de concitoyens : si le pays tient à ce qu’une œuvre de Constantin Brancusi, enfant du pays et fierté nationale, demeure sur sa terre d’origine, la somme de six millions d’euros devra être réunie rapidement…

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Constantin Brancusi, La Sagesse de la Terre, 1908 © DR

Né en 1876, Constantin Brancusi fait partie de ces immenses sculpteurs qui ont su révolutionner l’Histoire de l’art, et pour ce faire, le choix de l’artiste d’origine roumaine fut celui de l’abstraction, de la pureté, de la courbe parfaite. Aujourd’hui, les regards de 19.8 millions de Roumains sont tournés vers une seule réalisation du maître : La Sagesse de la Terre, une figure féminine assise, réalisée en 1908. Pour pouvoir l’acheter, le gouvernement roumain fait maintenant appel à la générosité de ses citoyens. Cette sculpture a connu un parcours des plus mouvementés, passant de mains en mains selon ses différents acquéreurs au fil du temps…

Dans un communiqué officiel, le Premier ministre roumain Dacian Ciolos, a déclaré : « Nous sommes pauvres mais le sort de cette sculpture se joue maintenant ou jamais. Si l’État n’exerce pas son droit de préemption, nous perdrons cette sculpture à jamais et nous serons encore plus pauvres. » Un appel que l’on sent sincère, très vite relayé par le Ministère de la Culture et motivé par une véritable ambition de conserver un véritable chef-d’œuvre. Vlad Alexandrescu, influent historien et intellectuel roumain, s’est également fait l’écho de cet appel :« Nous avons décidé de faire appel aux citoyens de la Roumanie, aux compagnies privées et à la diaspora. »

Lors de la conférence de presse du 18 mars dernier lançant l’opération d’appel aux dons, ce dernier a précisé avoir déjà obtenu le soutien de personnalités culturelles roumaines ainsi qu’étrangères.

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Constantin Brancusi en 1922 © Wikimedia Commons

Mais en vérité, les 6 millions d’euros demandés à la population roumaine ne sont en fait que la somme manquante pour pouvoir acheter La Sagesse de la Terre. Après un long temps de négociations, le gouvernement roumain est en effet parvenu à rassembler 11 millions d’euros, en faisant appel entre autres, à des fonds privés. Sur cette somme, seulement 5 millions ont été puisés dans les caisses de l’État.

Mais 6 millions manquent encore à l’appel, d’où le recours à la générosité de la population. Seulement, pour ce pays parmi les plus pauvres de l’Union Européenne, tout cet argent représente un sacrifice certain. Sans compter que c’est la première fois qu’une souscription publique nationale se tient en Roumanie depuis 128 ans, à savoir depuis la construction de l’Athénée Roumain, une salle de spectacle et de concert située en plein cœur de Bucarest et érigée dans un style néoclassique.

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Dacian Ciolos, Premier ministre roumain, en 2015 © BusinessMagazin.ro

L’œuvre de Constantin Brancusi, actuellement exposée au sein du Palais Cotroceni de Bucarest dans le cadre d’un prêt, peut être achetée étant donné que le pays a un droit de préemption sur cette dernière. Une occasion inespérée pour le pays d’en devenir enfin propriétaire. L’œuvre de pierre, taillée en 1908 (trois ans après l’installation de Brancusi en France), a été vendue en 1911 par l’artiste à un de ses amis roumains et grand amateur d’art moderne, Gheorghe Romascu.

Puis, en 1957, prétextant du souhait de l’inclure dans une exposition à l’étranger, le pouvoir communiste de l’époque s’est emparé de l’œuvre sans autre forme de procès, pour ne plus jamais la restituer à son propriétaire… La machine judiciaire s’est alors mise en branle, pour plusieurs décennies, et les descendants de Gheorghe Romascu parvinrent à récupérer la précieuse sculpture en 2010, après tant d’années de bataille juridique. En 2014, à peine quatre ans après avoir recouvré le précieux bien, la famille Romascu déclarait vouloir vendre l’œuvre moderne. Affaire à suivre…

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