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Le ténébrisme de Georges de La Tour éclairé par le Musée du Prado

Agathe Lautréamont 17 mars 2016

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C’est une grande première en Europe. Au Musée du Prado de Madrid, une rétrospective dédiée à Georges de la Tour met en lumière le travail du ténébriste français. Au total, une trentaine de toiles, dont trois issues de musées français, jettent un éclairage bienvenu sur ce peintre héritier du style du Caravage.

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Georges de La Tour, Femme à la puce © Musée Historique Lorrain

Jusqu’au 12 juin prochain, le plus connu des musées espagnols célèbre l’artiste lorrain Georges de La Tour, maître du clair-obscur aux influences multiples. Par sa dimension autant que par son sujet, l’événement de l’institution madrilène est exceptionnel. Rares en effet sont les centres culturels à avoir attaché leurs accrochages à cet artiste dont on ne sait presque rien, et c’est également la première fois qu’une rétrospective sur La Tour peut se targuer d’être aussi complète (les trois quarts de son œuvre sont  rassemblés sous les cimaises du Prado).

Parmi les 31 tableaux réunis, trois sont issus du Musée départemental Georges de La Tour, en Moselle. Un succès dont se réjouit le musée madrilène. D’autant qu’en plus de mettre en avant cet artiste fascinant, le Musée du Prado espère bien lever un coin de voile sur ce peintre.

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Georges de La Tour, Saint Joseph charpentier, 1643 © Musée du Louvre

En effet, Georges de La Tour est un personnage pour le moins énigmatique. S’il est célèbre dans l’Histoire de l’art français comme un des plus brillants suiveurs du Caravage et maître dans l’art du claroscuro, réalisant des œuvres baroques et empreintes d’un mysticisme sublime, le peintre est nimbé de mystère. On connaît de la main  de l’artiste seulement 75 tableaux, dont quarante sont formellement identifiés.

Les œuvres en questions étaient rarement signées, encore moins intitulées, et après sa mort, il ne tarda pas à tomber dans l’oubli avant d’être redécouvert par un historien d ‘art allemand au tout début du XXe siècle. Aujourd’hui, les chercheurs ont toutes les peines à reconstituer une chronologie fiable et complète de son existence étant donné que les sources manquent drastiquement.

Pas d’objets personnels, pas de portrait, pas de correspondance… même l’emplacement de sa tombe est ignoré (si tant est qu’il en ait possédé une) ! Ses peintures ont été attribuées à d’autres, puis redécouvertes, puis réattribuées, au gré de l’avancement des recherches sur sa vie et son style. Une aura mystérieuse qui fascine autant les historiens que le grand public…

Saint Sebastian tended by Irene, attribute to Georges de la Tour

Georges de La Tour, Saint Sébastien soigné par Irène, vers 1630 © Kimbell Art Museum

Si son œuvre est profondément empreinte de caravagisme, le travail de Georges de La Tour ne tarde pas à définir sa propre empreinte artistique, préférant des scènes intimistes ou familiales à de grands sujets éloquents et ampoulés de l’Histoire de l’art. Affirmant bien vite une prédilection pour les sujets religieux, c’est pourtant avec un œil domestique et secret que le peintre traitera de ces thématiques.

Abandonnant les parures riches et des représentations reconnaissables entre toutes pour des teintes terreuses et des décors modestes, souvent calqués sur la vie des « petites gens », La Tour infuse mesure et humilité dans des traditions picturales séculaires. S’il figure une Madeleine pénitente, celle-ci sera dans un intérieur épuré, au mobilier de bois rustique. S’il représente le martyr de Saint Sébastien, ce ne sera pas avec la figure biblique criblée de flèche, mais ce dernier alité et soigné par Irène, où la douceur de la scène est renforcée par le faible éclairage d’une modeste lanterne.

Musée d'art du comté de Los Angeles madeleine pénitente

Georges de La Tour, Madeleine pénitente © Musée d’art du comté de Los Angeles

Pour la petite anecdote, c’est sur un malentendu que des œuvres de Georges de La Tour ont pu entrer au Prado. En effet nous l’avons vu, ses œuvres n’étaient que rarement signées, et le mystère nimbant la figure du peintre aidant, ses toiles ont été souvent confondues avec des pièces de grands maîtres suiveurs du Caravage comme Francisco de Zurbarán ou même Diego Vélasquez. Des analyses poussées permirent de rendre à César ce qui est à César, mais les tableaux eux, demeurèrent malgré tout dans les collections de l’institution madrilène.

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