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À Jacquemart-André, la passion des Impressionnistes pour la mer et la Normandie

Agathe Lautréamont 17 mars 2016

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Premier article de notre Printemps des Impressionnistes, et excellente introduction en la matière ! Claude Monet à Étretat, Camille Corot à Saint-Lô, Gustave Courbet à Trouville… L’histoire d’amour entre les peintres impressionnistes et les paysages d’opale et d’émeraude de la Normandie est de celles qui durent, qui se redécouvrent sans cesse, toujours avec une passion nouvelle. La lassitude n’est nullement à craindre, tant les panoramas chamarrés de cette région de France étaient autant de métamorphoses picturales pour les artistes. Le musée Jacquemart-André propose un magnifique accrochage sur cette passion de près d’un siècle…

courbet

Gustave Courbet, La plage à Trouville, vers 1865 © Association Peindre en Normandie

La mer, qu’on voit danser le long des golfes clairs…

Faire coïncider la naissance de l’Impressionnisme avec la date clé de 1863, ouverture de la première édition du Salon des Refusés, serait une erreur. Cette année qui a longtemps fait consensus se trouve aujourd’hui grandement remise en question, au regard de nouvelles études venues jeter une lumière nouvelle sur les prémices de ce registre pictural novateur. Aussi la première étape du parcours du musée parisien s’attache-t-elle à déconstruire cette chronologie réductrice et étonnée, en présentant en bonne place des œuvres, certes de taille modeste, mais à la grandeur esthétique sans pareil. Des maîtres de la couleur venus d’outre-Manche, à l’instar de Richard Park Bonington ou J. M. W. Turner sont, à juste titre, considérés comme les précurseurs de l’Impressionnisme, les pères fondateurs d’approches innovantes où le dessin cède le devant de la scène au ressenti, où le sens du détail s’efface au profit de l’atmosphère unique, poétique et nébuleuse.

turner lillebonne

J. M. W. Turner, Lillebonne, vers 1825 © DR

N’en déplaise donc à un chauvinisme presque épidermique se déclenchant dès qu’il est question de la Perfide Albion, les origines des artistes du plein air doivent se rechercher de l’autre côté de la Manche dont certains de nos plus grands artistes, à l’image de Théodore Géricault, revinrent profondément ébranlés. La Normandie, région fleurie située à mi-chemin entre deux capitales culturelles influentes, Londres et Paris, ne tarda donc pas à se muer en un fertile terreau pour toute une génération de peintres désireux de larguer les amarres, aussi bien avec l’Académisme qu’avec la capitale française, trop étriquée pour leurs esprits avant-gardistes et leurs aspirations à des paysages plus grandioses. La mer, azurée ou grise, d’une uniformité d’huile ou furieuse, leur tendait les bras avec ses incessantes et inspirantes variations chromatiques.

C’est pas l’homme qui prend la mer…

1 Boudin Scene de plage a Trouville

Eugène-Louis Boudin, Scène de plage à Trouville, 1869 © Galerie de la Présidence, Paris

Mutations sociales oblige, le rivage normand s’est mué en un véritable reflet de ces intenses modifications bouleversant le paysage collectif français. De rivage, le bord de mer a revêtu un nouveau rôle : celui de plage. Comme sur une scène de théâtre, sortent marins, pêcheurs et travailleurs de la mer qui seraient à la même époque salués par Victor Hugo, entrent les demoiselles parisiennes, vêtues de leurs plus beaux atours, crinolines et capelines attrapant le vent de bord de mer et les embruns si prisés à l’époque pour la santé et le teint de ces dames. Des artistes comme Eugène Boudin attacheront sensiblement leur regard sur ces soudaines arrivées de mondaines venues céder à la mode nouvelle des « bains de mer ».

6 Signac Port en Bessin jpeg

Paul Signac, Port-en-Bessin, 1884 © Collection Particulière

Sous le regard de Gustave Courbet en revanche, les plages apparaissent comme singulièrement désertes.  Attiré par la pureté de l’air, la limpidité de son eau et la qualité de sa lumière, l’artiste ne tarde pas à s’établir dans cette petite ville de ruelles pittoresques et de falaises d’un blanc de craie. Il élit comme domicile une modeste demeure accrochée au bord de l’océan, prenant un appui directe contre la grandiose falaise d’Aval, qui deviendra une muse de roche pour une série de toiles saisissantes. Du bout de son pinceau, par une quantité innombrable de minuscules touches bigarrées qui renvoient aux éclats de lumière perçant les cieux tourmentés de Normandie, Courbet rend à la perfection la surface tourmentée de la falaise. Il concentre son regard perçant sur les aspérités de la roche, les anfractuosités aiguës de la pierre qui répercute des couleurs frappantes.

Emmenez-moi au bout de la terre…

3 Monet Etretat

Claude Monet, Étretat, la porte d’Aval, bateaux de pêche sortant du port, 1885 © Musée des Beaux-Arts de Dijon

Du Havre à Dieppe en passant par Fécamp, les ports, les rivages, les côtes et les escarpements où les vagues déchaînées viennent se fracasser offrent des spectacles mouvants et sans cesse ondoyants pour les peintres de l’école Impressionniste. Si la Normandie est célèbre à l’échelle nationale pour son riche patrimoine et ses figures dentelées d’églises, presque aussi découpées que les falaises donnant sur la Manche, l’architecture naturelle stimule tout autant le regard des artistes. Des échancrures d’estuaires, des cathédrales de verdure, des panoramas partagés entre l’immaculé du sable et l’aigue-marine de la mer. Berthe Morisot, Auguste Renoir et Claude Monet ne s’y sont pas trompés.

Grâce à une météorologie parfois capricieuse et un climat océanique pouvant offrir des changements rapides et surprenants de temps, les artistes se pressent sur les rives de la région dans l’espoir de capter des variations chromatiques uniques. Flottement des embruns, flux et reflux de l’eau, passages nuageux aussi brefs que fascinants… Les couleurs changent, chantent et investissent les toiles des peintres, qui se trouvent ainsi obligés de réaliser leurs œuvres très rapidement, concentrant leur regard sur le sentiment au détriment du détail, abandonnant la précision au profit… de l’impression.

MONET, RENOIR, PICASSO, BOUDIN, GAUGUIN... EN NORMANDIE

18/03/2016 > 25/07/2016

Musée Jacquemart-André

PARIS

Le XIXe siècle voit l’émergence d’un genre pictural nouveau : le paysage en plein air. Grâce à cette révolution picturale, la Norma...

Exposition terminée
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