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Drones et numérisation pour sauver les sites archéologiques de Syrie ?

Agathe Lautréamont 15 mars 2016

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Afin de conserver la mémoire des sites syriens, pourquoi ne pas les numériser, à partir d’images filmées par des drones ? C’est en tout cas l’idée défendue par la start-up Iconem qui a récemment entamé une campagne de survol des sites syriens dans une ultime tentative de préservation de ces lieux inestimables…

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© Iconem

C’est une ritournelle sombre et désespérante qui revient à nos oreilles depuis maintenant quatre ans. Les ravages de la guerre en Syrie, les exactions commises par les fanatiques de l’organisation État Islamique, la destruction systématique du patrimoine de l’Humanité… La folie des dirigeants et la barbarie religieuse couplées et l’on obtient une situation absolument désastreuse pour la mémoire de l’Homme.

Certaines âmes sombres estiment déjà que des sites comme Palmyre sont définitivement perdus, d’autres continuent d’espérer qu’une solution peut être trouvée. Parmi ces lueurs d’espoir brillent les créateurs de la start-up Iconem. Leur idée ? Créer des répliques numériques de ces lieux patrimoniaux qui pourraient, peut-être, servir à rebâtir les sites de toute pièce ou, dans une moindre mesure, réparer les dommages causés par les fous d’Allah.

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© Iconem

La tâche est herculéenne mais la start-up Iconem ne rechigne pas. Cette entreprise française est en effet leader mondial en matière de numérisation 3D de sites patrimoniaux et archéologiques. Dans le cadre d’une collaboration établie avec la DGAM (Direction Générale des Antiquités et des Musées Syrienne), ils ont établi le projet « Syrian Heritage ». Le principe ? Constituer la plus grande base de données archéologiques 3D dans le but de garder une trace du patrimoine de Syrie qui se trouve menacé par l’État Islamique et les bombes de la guerre qui ensanglante le pays depuis tant d’années.

Des drones, sur lesquels ont été fixés des caméras et des appareils photo, sont lancés au-dessus de sites qu’ils survolent, tout en les filmant et les photographiant. Grâce à ces enregistrements réalisés en très haute qualité des reproductions virtuelles des ruines ou des monuments heureusement encore debout peuvent être conçues. Et leur précision est vertigineuse : en-dessous d’un millimètre !

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© Iconem

Le directeur de la DGAM, Maamoun Abdulkarim, a à cœur que l’opération se déroule dans les meilleures conditions possibles. Aux premières loges dès qu’il est question de parler au reste du monde de la situation catastrophique de l’héritage syrien, celui-ci explique que le pays n’a qu’une seule mémoire, qu’il est crucial de préserver pour pouvoir la transmettre aux générations suivantes. Il serait désastreux de livrer à notre descendance des pays ravagés par la guerre, où toute trace des temps passés aurait été minutieusement gommée à coup de bombes et de dynamite.

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© Iconem

C’est ainsi qu’au mois de décembre 2015, Philippe Barthélémy et Yves Ubelmann (duo fondateur de la start-up Iconem) se sont rendus sur le site de l’ancienne cité d’Ougarit, à l’extrême-ouest de la Syrie. Armés de leurs drones très performants, ils ont ensuite passé en revue le site de Jableh (où se trouve un amphithéâtre romain, cinquième au monde par sa taille) avant de se rendre à Damas, pour filmer la grande mosquée des Omeyyades (achevée en 715 après J-C).

Malheureusement, cette campagne de préservation numérique coûte cher et les deux fondateurs d’Iconem sont donc à la recherche de fonds pour poursuivre leur action et couvrir davantage de sites. Leur objectif ? Ouvrir à terme un site internet accessible à tous où leur travail numérisé serait présenté, à destination aussi bien des archéologues que du grand public soucieux de découvrir le patrimoine de cette région du monde profondément bouleversée par des conflits s’enlisant inexorablement…

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