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George Desvallières au Petit Palais : l’antique, le corps, la femme

Agathe Lautréamont 14 mars 2016

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C’est la première fois qu’il fait l’objet d’une rétrospective. George Desvallières (18561-1950) fait partie de ces figures contrastées de l’Histoire de l’art. Admirateur de l’antiquité puis fervent chrétien, il peindra les désastres de la guerre à son retour du conflit de 14-18 après avoir attaché son regard aux nuits endiablées de Montmartre. Retour sur trois étapes clés de la carrière de cet artiste inclassable et aux influences multiples.

George Desvallières, En soirée, Portrait de Madame Pascal Blanchard, 1903 © Petit Palais

L’influence de Gustave Moreau

C’est en 1878, encore jeune peintre, que George Desvallières rencontre celui qui allait devenir son mentor et l’influenceur de toute une partie de sa carrière : l’artiste symboliste Gustave Moreau. Sous l’influence du maître, Desvallières opère une véritable mue artistique et passe d’un naissant peintre mondain à la mode à un artiste à part entière. C’est Moreau qui conseillera à son jeune admirateur de se rendre à plusieurs reprises en Italie, afin qu’il s’imprègne des primitifs, des chefs-d’œuvre de la Renaissance et des paysages exceptionnels de ce pays d’Europe.

Que ce soit dans les premiers portraits des membres de son entourage, ou dans ses représentations toutes personnelles de sujets puisés dans la mythologie grecque, la marque de Gustave Moreau est présente, presque obsédante. Des couleurs vives, des formes longilignes et une volonté de capter l’âme de ses modèles traduisent l’influence de l’artiste symboliste sur son jeune suiveur.

Comme le maître, l’apprenti est fasciné par le monde gréco-romain, mais aussi par sa représentation si caractéristique du corps humain, rêvé et sublimé. Ses thèmes mêlent aussi bien le profane que le religieux, dans des œuvres dotées d’une grande expressivité.

Les tireurs à l'arc

George Desvallières, Les Tireurs d’arc, 1895 © RMN – Grand Palais

Le corps porté au(x) nu(es)

Si une constante devait être établie pour parler de l’art de George Desvallières, ce serait peut-être cette tension constante entre le corps et l’esprit qui animera ses œuvres, les rendant si envoûtantes, avec des personnages aussi impérieux. Le corps humain fait partie des fondements de l’éveil à l’art, que ce soit à partir d’études de modèles ou de nus antiques, mais Desvallières a su au début de sa carrière insuffler dans sa vision de l’homme et de la femme une manière qui lui est propre, une patte typique héritée de ses deux grands mentors : Jules-Élie Delaunay et Gustave Moreau.

Le premier, via sa peinture maniériste tout autant que savante, articule ses sujets de prédilection autour du corps humain, ses formes, son élasticité, sa musculature. Pour le second, le réel n’importe pas véritablement, la peinture devant se charger de percevoir l’âme de la personne qui transparaît dans la beauté physique (dans la perfection inatteignable, pourrait-on dire dans le cas de Moreau).

Pénétré de ces deux influences, l’artiste mis en lumière par le Petit Palais mêle sujets issus de la mythologie avec un idéal de corps porté par son époque : la France promeut en effet l’exercice et le sport à cette époque, en vue de prendre un jour sa revanche face à la Prusse qui l’a humiliée par la défaite de 1870.

George Desvallières, Un coin du Moulin-Rouge, 1904 © Collection particulière

Femmes de Londres

En 1898, le maître d’une vie, Gustave Moreau, disparaît. Et il faudra attendre cinq années pour que George Desvallières parvienne à se détacher pleinement de la figure dominante de son mentor, opérant ainsi une sorte de deuil artistique qui lui permettra de voler de ses propres ailes et trouver son propre style, unique. Il restera cependant très attaché à un élève de Moreau, Georges Rouault, et participera à la fondation du musée parisien en l’honneur de l’artiste disparu.

En 1903, Desvallières se rend en voyage à Londres où il découvre un autre univers, un autre foisonnement de la vie citadine et se forge alors un autre style pictural. Avec un regard empreint de naturalisme, le peintre observe la vie nocturne, détaille ses belles femmes mondaines vêtues de leurs plus beaux atours qui se rendent dans les cafés, les salles de spectacle et les restaurants.

Comme Rouault le fera pour sa série d’œuvres dédiées aux filles de joie, Desvallières portera un regard très cru sur les figures féminines d’Outre-Manche. Ses œuvres ne montreront pas une classe sociale, une aisance financière et des falbalas à ne plus savoir qu’en faire. Sous ces riches parures, le peintre perçoit une époque qui aurait entamé sa chute, et le désenchantement des femmes qu’il considère en perte de repères.

GEORGE DESVALLIÈRES

15/03/2016 > 17/07/2016

Petit Palais

PARIS

Première rétrospective consacrée au peintre George Desvallières (1861-1950), l’exposition invite à découvrir un homme d’engagement...

Exposition terminée
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