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Le Musée de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg propose de reconstruire Palmyre

Agathe Lautréamont 8 mars 2016

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Véritable joyau perdu dans le désert de Syrie, la cité antique de Palmyre est depuis 2015 entre les mains des terroristes de l’organisation État Islamique et depuis cette date, le site est savamment pillé puis détruit par les fanatiques. Un désastre pour le patrimoine mondial de l’Humanité. Mais récemment, une voix s’est élevée : celle du Musée de l’Hermitage, qui possède dans ses fonds la plus riche collections d’objets issus du site antique. Une piste pour rebâtir Palmyre ?

L’arc de Triomphe de Palmyre © C. Sappa – Getty Images

Les collections d’un musée peuvent-elles contribuer à faire renaître Palmyre de ses cendres ? C’est en tout cas ce que semble affirmer Mikhail Piotrovsky, actuel directeur du Musée de l’Hermitage de Saint Pétersbourg.  En plus d’être à la tête d’un des plus grands musées au monde, Piotrovsky peut en sus se targuer d’être un expert du monde arabe et d’avoir visité le site de Palmyre en 1970. Fasciné par le site syrien et soucieux de la situation des sites patrimoniaux au Moyen-Orient, ce dernier a initié une coalition entre différents musées internationaux, dans l’optique de réunir un grand nombre de documents (œuvres bien sûr mais aussi photographies, gravures et témoignages écrits) qui, à terme, permettraient de saisir l’ancienne cité sous toutes ses formes pour mieux la reconstruire.

Depuis que l’organisation extrémiste État Islamique se livre à de terribles exactions au Moyen-Orient, nombre d’institutions culturelles de par le monde élèvent leur voix dans le but d’alerter les consciences. Dans cette optique, l’Hermitage organisera le mois prochain une conférence sur le patrimoine yéménite, actuellement dévasté par les bombes de l’Arabie Saoudite (le Louvre devrait y participer).

Dans le même ordre d’idée, une exposition de photographies dédiée à Palmyre (prises par le photographe russe Alexander Dymnikov) ouvrira au sein de l’Hermitage en avril. Dans le même temps, l’institution russe présentera au grand public une représentation virtuelle de la cité perdue, comprenant le Temple de Baal et l’arc de triomphe, détruits par la dynamite des fanatiques de l’EI.

Palmyre © C. Sappa – Getty Images

Ces initiatives, selon Mikhail Piotrovsky, donnent des idées à d’autres musées dans le monde, dont celle de recréer Palmyre un jour. Car l’Hermitage fait partie du cénacle restreint des musées possédant une galerie dédiée à Palmyre : dans ses fonds, on trouve des objets divers et variés et d’une grande préciosité, dont la richesse ne fait que croître tandis que les menaces de l’EI ne cessent de s’amplifier envers les sites historiques du Moyen-Orient. Si ces pièces antiques ne dormaient pas dans les murs du musée russe, il y a fort à parier qu’elles n’existeraient plus aujourd’hui.

Dans les colonnes de The Art Newspaper, Piotrovsky explique qu’il a lutté durant de nombreuses années pour l’établissement d’une déclaration internationale des droits de la culture (une idée émanant d’une ancienne figure de la culture de la Russie soviétique, Dimitry Likhachev). Cette charte visait à assurer la protection du patrimoine culturel en temps de guerre ainsi que la classification comme crime contre l’Humanité la destruction méthodique de monuments. Rien ne dit en revanche que des soldats comme ceux de l’État Islamique se seraient souciés quelques instants de cette déclaration.

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Mikhail Piotrovsky © DR

Toujours est-il que le directeur de l’Hermitage (dont le poste a été récemment renouvelé pour quatre ans) sent que la ville de Saint-Pétersbourg a un lien très fort avec la cité antique en péril. La ville russe a en effet, depuis ses origines remontant au XVIIIe siècle, été surnommée la « Palmyre du nord ». Les deux villes ont en effet été érigées par la volonté de l’homme dans des sites inhospitaliers (Palmyre au beau milieu du désert, Saint-Pétersbourg sur un marais). Pour Mikhail Piotrovsky, le fait que la ville ait pu renaître de ses cendres après la Seconde Guerre mondiale prouve qu’un tel exploit est également possible pour Palmyre ;  à partir du moment où la documentation ne manque pas pour rebâtir à l’identique.

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