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La foire Armory Show de New York s’ouvre à de nouveaux horizons artistiques

Agathe Lautréamont 4 mars 2016

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L’Armory Show est un événement immanquable outre-Atlantique en matière d’art contemporain. Organisée par l’ADAA (l’Association des marchands d’art américains), la foire a le vent en poupe depuis plusieurs années et tend de plus en plus à s’affirmer comme un passage obligatoire pour tous les amateurs éclairés, et ce malgré la rude concurrence existant sur le sol étasunien. Coup de projecteur sur l’événement.

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Roberto Chamorro © The Armory Show

Un vent de nouveauté souffle sur la foire Armory Show de New York. D’abord parce que l’événement s’est doté d’un nouveau directeur, l’éditeur et écrivain Benjamin Genocchio, remplaçant au pied levé l’influent Noah Horowitz, parti prendre la tête d’un autre poids lourd en matière d’art contemporain : l’inénarrable franchise Art Basel. Et qui dit nouveau directeur, implique inévitablement quelques nouveautés dans l’organisation et la programmation. Mais pour déceler la « patte » Genocchio, il faudra probablement attendre l’édition de l’année prochaine, les rouages étant déjà bien huilés pour le volet 2016 au moment de sa prise de fonction.

Toujours est-il que pour pouvoir prétendre maintenir sa place rayonnante dans le vaste paysage des foires d’art contemporain, Armory Show a toujours bataillé du côté de l’inédit, du changement et de l’originalité vis-à-vis de ses (très) nombreuses concurrentes. Dans la foire de New York, on pense d’abord à l’espace. Espace dans les différents corners des galeries, mais aussi espace pour le visiteur, qui est libre de prendre du recul pour admirer un tableau ou simplement flâner avec plaisir sans veiller à malencontreusement piétiner le stiletto de sa voisine. La visibilité est importante, il convient de ne pas en faire « trop » pour que le visiteur et potentiel acheteur puisse prendre la pleine mesure de ce qu’il souhaite éventuellement acquérir.

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Roberto Chamorro © The Armory Show

Plus d’espace…

Mais que l’on se rassure, l’atmosphère très « business » demeure indéniablement présente. Dans le même ordre d’idée, les galeries qui ont tenu à exposer jusqu’au dimanche 6 décembre prochain ont pour la plupart choisi de se centrer sur un artiste, plus rarement deux. Exit donc les corners où un grand nombre d’œuvres signées de mains différentes se côtoient sur des murs immaculés. La visibilité, la clarté de lecture, toujours.

Un aspect qui ne change pas : chaque année, une sélection de galeries sont placées sous les projecteurs de la foire, dans une section spéciale baptisée judicieusement « Focus ». Comment les galeries ainsi placées en avant sont-elles sélectionnées  par l’Armory Show ? Tout simplement sur leur originalité et l’aspect avant-gardistes des artistes qu’elles décident de mettre en lumière sur leurs murs bien blancs.

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Roberto Chamorro © The Armory Show

… et de coups de projecteur

Dans une volonté d’illustrer de façon édifiante, instructive ce qu’il se fait de plus surprenant, de plus innovant mais aussi de plus intéressant en matière d’art contemporain, ce choix on le comprend dépend cependant grandement de la sensibilité du conservateur à qui revient de monter cette sélection. À savoir pour cette année les deux journalistes fondatrices de la revue d’art contemporain américaine « Contemporary And » : Julia Grosse et Yvette Mutumba.

En plus de la revue, les deux journalistes sont à l’origine de la création de la plateforme web du même nom, qui met en lumière : « des idées, des discours et des informations sur la pratique artistique contemporaine de diverses perspectives africaines ». Vous avez dit « Africaines » ? Oui, car cette année, Armory Show semble s’être délibérément tournée vers la création afro-américaine de notre temps.

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Roberto Chamorro © The Armory Show

Les artistes afro-américains à l’honneur

L’événement arty a en effet accordé une place non-négligeable à des artistes comme Bill Taylor, McArthur Binion ou Beauford Delaney (respectivement représentés par les galeries Betty Cuningham, Lelong et Michael Rosenfeld). Une étape de la foire est également dédiée à la mémoire de l’artiste Bob Thompson, grâce à un accrochage de plusieurs de ses peintures. Cela fait maintenant 50 ans que l’artiste est mort, à l’âge de 28 ans. Son travail, présenté par la galerie Donald Morris, s’inspire grandement des maîtres de la peinture européenne; et tandis qu’il puise dans les styles de Botticelli ou de Boucher, ses figures monochromes et irréelles nous transportent dans un univers rêveur et déboussolant.

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