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La Biennale de Marrakech opte pour la jeunesse et les arts de la rue

Agathe Lautréamont 1 mars 2016

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Ouverte depuis le 24 février dernier, la 6e édition de la Biennale d’Art de Marrakech bat son plein et se révèle chaque jour plus riche en formes diversifiées d’expressions contemporaines. Et le moins que l’on puisse affirmer est qu’avec la programmation de 2016, l’événement entend bien s’imposer pour de bon comme un poids lourd africain dans la sphère des biennales de création de notre temps.

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La prière des absents, 2016 © Rachid Koraichi

Quarante expositions, cinquante emplacements, 140 événements et 400 participants. Des chiffres plutôt coquets pour cette foire d’art contemporain qui monte, qui monte, qui monte ! Réparti sur toute la ville de Marrakech dont le pouls désormais bat au rythme de la Biennale, cet événement est subdivisé selon les modes d’expression mis en avant : arts visuels, arts sonores, lectures publiques, expositions de peintures, spectacles de danse, cafés littéraires, projections de films… Les organisateurs ont axé leur communication et leur organisation sur l’accessibilité de la foire maghrébine. Ainsi toute la programmation, y compris les manifestations « Off », sera gratuite pour toutes et tous.

Sans compter que ces dernières ont été composées et sélectionnées selon un cahier des charges on ne peut plus simple : l’accessibilité. En englobant plusieurs événements dans l’événement, la Foire accueille donc en son sein le festival de danse contemporaine « On marche » et le festival des arts de rue « Alwanart », deux festivités très réputées au Maroc et qui ont su parfaitement s’insérer dans le cadre de la Biennale. Cette dernière se montre donc capable de tourner son regard vers d’autres formes d’expression artistique, du moment qu’elles sont novatrices et accessibles au plus grand nombre.

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Dana Awartani, The Platonic Solids Duals, 2016 © DR

Danse, street-art et… rocher

Si la Biennale 2016 est dédiée à la mémoire de la photographe franco-marocaine Leila Alaoui, disparue en janvier dernier dans l’attaque terroriste de Ouagadougou, l’atmosphère se veut cependant festive tout en saluant le travail de la jeune femme partie trop tôt. La commissaire d’exposition Reem Fadda, qui collabore notamment avec la Fondation Guggenheim de New York, a tenu à ce que le meilleur des artistes du Moyen-Orient et de l’Afrique subsaharienne soit représenté en bonne place. Les œuvres sont pour une bonne partie exposées directement dans l’espace public, le street-art et la sculpture flirtent également avec l’extérieur, et l’effort de nouveauté se ressent clairement.

Mais la création focalisant actuellement tous les regards est probablement cette sculpture signée Fatiha Zemmouri ; un joli clin d’œil aux efforts réalisés par la Biennale pour enfin devenir ce poids lourd de la promotion de l’art contemporain. L’œuvre, intitulée « Sheltered from nothing » (littéralement « À l’abri de rien »), concentre les attentions, tant par son aspect massif que pour l’incroyable équilibre (que l’on croirait précaire) avec lequel elle s’accroche entre deux pans de murs. Exposée au sein du Palais Bahia de Marrakech, la sculpture garde cependant jalousement son secret de fabrication, Zemmouri refusant d’expliquer son « truc » pour faire tenir cet énorme roc au-dessus du sol.

Fatiha Zemmouri

Sheltered from Nothing, 2016 © Fatiha Zemmouri

La vie de palais

Dans un autre palais, celui d’El Badi cette fois, une œuvre de Rachid Koraichi impose le coup d’œil. Intitulée « La prière des absents », l’installation se compose de sept vases en céramique créés par des artisans d’Essaouira. Présentés dans un des bassins du palais, les vases sont recouverts de calligraphies chinoises, arabes ou sumériennes. Finesse et délicatesse pour une œuvre qui s’inspire de la thématique de la tolérance et de la compréhension entre les peuples de croyances différentes.

Le street-art, nous l’avons vu précédemment, est également de la partie dans le cadre de cette Biennale, celle de la maturité comme le soulignent déjà quelques observateurs. L’artiste de rue Kalamour, au style graphique reconnaissable entre tous, a ainsi réalisé une impressionnante fresque à cette occasion. S’étalant sur un grand pan de mur de la médina, la peinture impressionne par ses détails et la finesse de sa réalisation. Kalamour expose ses œuvres depuis plusieurs années dans des pays aussi divers que le Canada, l’Espagne ou ici, le Maroc.

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Fresque de la médina, 2016 © Kalamour

 Plurielle, hétéroclite et surprenante, la 6e Biennale d’Art de Marrakech s’étend jusqu’au 8 mai prochain et donne à voir un panorama saisissant de la création contemporaine du monde arabe et africain, avec un accent particulier sur les thématiques politiques, mais poétiques. Un foisonnement créatif à surveiller dans les années à venir.

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